La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Assurance au tiers ou tous risques : la méthode pour trancher

Assurance au tiers ou tous risques : la réponse tient dans un calcul simple. Tant que la valeur de revente de votre véhicule dépasse nettement le surcoût cumulé de la formule complète, le tous risques se justifie ; en dessous de 4 000 à 5 000 € de valeur, ou au-delà de 8 à 10 ans d'âge, le tiers — éventuellement enrichi — redevient le choix rationnel. L'écart de prime constaté en 2026 est de 300 à 350 € par an en moyenne.

Dossier Véhicules Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Un conducteur compare deux devis pour trancher entre assurance au tiers ou tous risques, calculatrice en main
Le bon arbitrage entre tiers et tous risques se joue sur la valeur du véhicule, pas sur l'habitudePhoto — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. AUT-04.01
Critère décisif
valeur de revente actuelle du véhicule (VRADE)
Seuil indicatif 2026
tiers pertinent sous 4 000 à 5 000 € de valeur
Écart de prime moyen
300 à 350 €/an entre tiers et tous risques
Franchise dommages tous risques
300 à 500 € par sinistre
Véhicule financé (LOA, crédit)
tous risques exigé par l'organisme prêteur
Changement de formule
à tout moment après 1 an (loi Hamon)

Assurance au tiers ou tous risques : la règle simple pour trancher

Le choix entre assurance au tiers ou tous risques se résume à une question : que perdriez-vous si votre voiture était détruite dans un accident dont vous êtes responsable ? Au tiers, la réponse est « tout » — l'assureur indemnise les victimes, jamais votre propre véhicule. En tous risques, vous récupérez la valeur du véhicule au jour du sinistre, franchise déduite. Le tous risques revient donc à payer 300 à 350 € de plus par an pour protéger un capital : tant que ce capital est élevé, la dépense est rationnelle ; quand il fond avec la décote, elle ne l'est plus.

Rappel du contenu des deux formules : le tiers couvre la responsabilité civile obligatoire de l'article L211-1, la défense-recours et rien d'autre. Le tous risques ajoute la garantie dommages tous accidents — votre voiture est indemnisée même responsable, même sans tiers identifié —, plus le vol, l'incendie, le bris de glace et généralement les événements climatiques. La liste exacte des obligations et sanctions figure sur service-public.fr.

Écart de prix constaté en 2026 entre le tiers et le tous risques

Les primes moyennes 2026 s'établissent autour de 560 € par an au tiers et 880 € en tous risques, mais l'écart varie fortement selon le profil : il double pour un jeune conducteur et se resserre pour un bonus 50 en zone rurale.

Primes annuelles moyennes constatées en 2026 selon le profil
ProfilAu tiersTous risquesÉcart annuel
Bonus 50, citadine, zone rurale420 €690 €+270 €
Conducteur confirmé, compacte, périurbain560 €880 €+320 €
Conducteur confirmé, SUV récent, grande ville720 €1 150 €+430 €
Jeune conducteur, occasion, grande ville1 100 €1 900 €+800 €
Conducteur malussé (CRM 1,25)950 €1 600 €+650 €

À ces écarts s'ajoute la franchise dommages, 300 à 500 € par sinistre responsable en 2026 : c'est elle qui ampute l'indemnisation et qui pèse lourd dans le calcul sur les véhicules de faible valeur.

La méthode de calcul en trois étapes

  1. Estimez la valeur réelle de votre véhicule.

    Prenez la valeur de remplacement à dire d'expert (VRADE) : consultez trois annonces comparables — même modèle, âge, kilométrage — et retenez la médiane. C'est le montant maximal que le tous risques vous verserait en perte totale, avant déduction de la franchise.

  2. Chiffrez le coût réel de la protection.

    Additionnez l'écart annuel de prime entre les deux formules et la franchise dommages. Exemple : 320 € d'écart + 400 € de franchise = 720 € de coût la première année en cas de sinistre.

  3. Comparez au capital protégé.

    Si l'écart de prime annuel dépasse 8 à 10 % de la valeur du véhicule, le tous risques se discute sérieusement. Sous 4 000 € de valeur, il est presque toujours perdant : vous financez en trois ou quatre ans de surprime l'équivalent de l'indemnisation maximale espérée.

À retenir

Exemple chiffré : une berline de 9 ans cotée 3 500 €, écart de prime de 320 €, franchise de 400 €. En cas de perte totale responsable, le tous risques verse 3 100 €. Si le sinistre survient une fois tous les dix ans en moyenne, vous aurez payé 3 200 € de surprime pour toucher 3 100 € : la formule complète ne protège plus rien. À l'inverse, sur un SUV de 2 ans coté 24 000 €, les mêmes 430 € d'écart protègent un capital sept fois supérieur au coût décennal.

Les profils qui tranchent d'eux-mêmes

Certaines situations ne laissent aucune place au calcul, dans un sens comme dans l'autre.

  • Véhicule financé en LOA, LLD ou crédit affecté : le tous risques est contractuellement exigé par l'organisme prêteur jusqu'au terme du financement
  • Véhicule de moins de 5 ans ou valant plus de 10 000 € : le capital justifie la formule complète
  • Stationnement en voirie dans une grande ville : le risque de vandalisme et de tiers non identifié plaide pour le tous risques
  • Impossibilité financière de racheter un véhicule en cas de perte totale : la formule complète sécurise votre mobilité
  • Payer le tous risques sur une voiture de plus de 12 ans cotée 2 000 € : la franchise absorbe la moitié de l'indemnisation
  • Choisir le tiers nu pour économiser, sans garantie conducteur ni bris de glace : l'économie se paie au premier pépin
  • Conserver la formule d'origine par habitude : la valeur du véhicule baisse chaque année, le contrat doit suivre
  • Comparer les primes sans comparer les franchises : un tous risques à franchise de 800 € peut protéger moins qu'un bon intermédiaire

Le piège du raisonnement au rabais : la garantie du conducteur

L'arbitrage tiers ou tous risques masque souvent l'enjeu le plus lourd financièrement : vos propres blessures. En accident responsable, la responsabilité civile indemnise vos passagers et les tiers, jamais le conducteur. Seule la garantie du conducteur — incluse dans la plupart des tous risques, en option sur le tiers pour 40 à 100 € par an — couvre vos frais médicaux, votre perte de revenus et un éventuel handicap.

Attention

Vérifiez le plafond de la garantie du conducteur et son seuil d'intervention : un plafond inférieur à 1 000 000 € ou un seuil d'invalidité de 15 % laissent des restes à charge considérables en cas d'accident corporel grave. Ce critère mérite de peser autant que la formule elle-même.

« La bonne question n'est pas tiers ou tous risques, mais : quel capital dois-je protéger, et quelles garanties corporelles pour moi-même ? Une formule intermédiaire avec une solide garantie conducteur bat souvent un tous risques d'entrée de gamme au même prix. »

La rédaction assurances.fm

Changer de formule : quand et comment basculer

Le passage d'une formule à l'autre est libre et rapide. Après un an de contrat, la loi Hamon (article L113-15-2 du Code des assurances) permet de résilier à tout moment, sans frais ni justification : le nouvel assureur gère les formalités et la bascule prend effet un mois après la demande. Avant un an, vous pouvez résilier à l'échéance annuelle avec deux mois de préavis (article L113-12), la loi Chatel obligeant l'assureur à vous rappeler cette date. Chez le même assureur, un simple avenant suffit souvent pour rétrograder du tous risques vers le tiers en cours d'année — la baisse de garantie étant acceptée plus facilement que l'inverse.

Le bon rythme : réévaluez la formule à chaque échéance annuelle, cote du véhicule sous les yeux. Une voiture perd 15 à 25 % de sa valeur la première année puis environ 10 % par an : la formule optimale à l'achat ne l'est plus quatre ans plus tard, et les 300 € d'écart réinvestis chaque année financent l'entretien ou l'apport du prochain véhicule.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
À partir de quel âge de voiture faut-il passer au tiers ?

Il n'y a pas d'âge couperet : c'est la valeur qui décide. En pratique, la bascule se situe souvent entre 8 et 10 ans, quand la cote passe sous 4 000 à 5 000 €. Une voiture ancienne mais recherchée, valant encore 12 000 €, mérite de rester en tous risques ; une citadine de 6 ans cotée 3 500 € n'en a plus besoin.

Le tous risques couvre-t-il vraiment tout ?

Non. Il indemnise votre véhicule dans la quasi-totalité des scénarios, mais avec des franchises de 300 à 500 €, des exclusions classiques — conduite sous alcool ou stupéfiants, défaut d'entretien, effets personnels — et des plafonds. La garantie du conducteur et l'assistance 0 km dépendent en outre du niveau de la formule choisie.

Un jeune conducteur doit-il choisir le tiers ou le tous risques ?

Tout dépend du véhicule. Sur une première voiture d'occasion à 3 000 ou 4 000 €, la surprime jeune conducteur rend le tous risques disproportionné : un tiers enrichi d'une bonne garantie conducteur est plus rationnel. Sur un véhicule récent, financé ou valant plus de 10 000 €, le tous risques reste justifié malgré la surprime.

Peut-on passer du tous risques au tiers en cours d'année ?

Oui. Chez le même assureur, un avenant de réduction de garanties est généralement accepté à tout moment, avec ajustement de la prime au prorata. Pour changer d'assureur, la loi Hamon permet la résiliation sans frais à tout moment après un an de contrat, le nouvel assureur se chargeant des démarches.

La rédaction d’assurances.fm Dossier AUT-04.01 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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