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Assurance catastrophe naturelle : arrêté, franchise et indemnisation

L'assurance catastrophe naturelle est incluse d'office dans votre multirisque habitation et dans tout contrat auto avec garantie dommages : elle indemnise inondations, sécheresses ou séismes dès qu'un arrêté interministériel reconnaît l'état de catastrophe naturelle dans votre commune. Franchise légale de 380 €, déclaration sous 30 jours après l'arrêté : voici comment le régime fonctionne et comment faire valoir vos droits.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 8 min Mise à jour octobre 2026 Dossier terminal
Rue résidentielle inondée après une crue, un habitant photographie les dégâts devant sa maison
Photographier les dommages avant tout nettoyage est le premier réflexe en cas de catastrophe naturellePhoto, assurances.fm
En bref, l’essentiel du dossierRéf. HAB-09
Base légale
loi du 13 juillet 1982, articles L125-1 à L125-6 du Code des assurances
Souscription
automatique dans tout contrat dommages aux biens
Condition
arrêté interministériel publié au Journal officiel
Délai de déclaration
30 jours après publication de l'arrêté
Franchise habitation
380 € (1 520 € pour la sécheresse)
Surprime 2026
20 % de la cotisation dommages habitation

Assurance catastrophe naturelle : une garantie légale déjà incluse dans votre contrat

L'assurance catastrophe naturelle ne se souscrit pas séparément : elle est automatiquement incluse dans tout contrat qui garantit vos biens contre les dommages, multirisque habitation, assurance auto avec garantie dommages, multirisque professionnelle. Créé par la loi du 13 juillet 1982 et codifié aux articles L125-1 à L125-6 du Code des assurances, ce régime dit « CatNat » indemnise les dégâts matériels directs causés par un phénomène naturel d'intensité anormale, à une condition décisive : la publication d'un arrêté interministériel reconnaissant l'état de catastrophe naturelle dans votre commune.

Le système repose sur la solidarité nationale. Chaque assuré paie une surprime fixée par l'État, identique quel que soit le risque de son logement : 20 % de la cotisation dommages d'un contrat habitation depuis le 1er janvier 2025 (contre 12 % auparavant) et 9 % des cotisations vol et incendie d'un contrat auto. Les assureurs se réassurent auprès de la Caisse centrale de réassurance (CCR), elle-même garantie par l'État, ce qui permet d'absorber des sinistres de plusieurs milliards d'euros.

20 %surprime CatNat sur la part dommages d'un contrat habitation
380 €franchise légale par sinistre sur une habitation
30 jourspour déclarer après publication de l'arrêté

Attention

Une assurance auto au tiers ne contient aucune garantie dommages pour votre véhicule : elle n'ouvre donc pas droit à l'indemnisation catastrophe naturelle. Une voiture emportée par une crue n'est indemnisée que si elle est assurée au minimum en tiers étendu avec garantie dommages, ou en tous risques.

Quels événements relèvent du régime catastrophe naturelle ?

Seuls les phénomènes naturels dont l'agent est d'intensité anormale et contre lesquels les mesures de prévention habituelles n'ont pas suffi sont éligibles. En pratique, l'inondation et la sécheresse représentent l'essentiel des arrêtés publiés chaque année. Les intempéries « ordinaires », elles, relèvent d'autres garanties de votre contrat, qui fonctionnent sans arrêté.

Quelle garantie joue selon l'événement
ÉvénementRégime CatNat ?Garantie mobilisée
Inondation, crue, ruissellement, coulée de boueOuiCatNat, après arrêté
Sécheresse (retrait-gonflement des argiles)OuiCatNat, après arrêté
Séisme, mouvement de terrain, glissementOuiCatNat, après arrêté
Avalanche, submersion marine, raz-de-maréeOuiCatNat, après arrêté
Cyclone (vent moyen > 145 km/h ou rafales > 215 km/h)OuiCatNat, outre-mer surtout
Tempête, grêle, poids de la neigeNonGarantie TGN du contrat, sans arrêté
Explosion d'usine, accident industrielNonRégime catastrophe technologique (loi du 30 juillet 2003)

La distinction a des conséquences concrètes. La garantie tempête, grêle et neige (TGN), obligatoirement incluse dans les contrats dommages depuis 1990, s'applique avec la franchise de votre contrat et selon ses délais de déclaration classiques, 5 jours ouvrés. La garantie catastrophe naturelle suit au contraire un calendrier et une franchise fixés par la loi, identiques chez tous les assureurs.

L'arrêté de catastrophe naturelle : la condition préalable à toute indemnisation

Sans arrêté publié au Journal officiel, aucun dommage n'est indemnisé au titre du régime CatNat, même si les dégâts sont spectaculaires. La procédure est engagée par la commune, jamais par l'assuré lui-même, ce qui impose de signaler rapidement les dommages en mairie.

  1. Vous signalez les dégâts à la mairie.

    Courrier ou formulaire en ligne avec photos et description : la commune recense les sinistres pour constituer son dossier. Prévenez aussi votre assureur sans attendre, même si la déclaration officielle viendra plus tard.

  2. Le maire dépose la demande de reconnaissance.

    Il dispose de 24 mois après le début de l'événement pour saisir la préfecture via la plateforme iCatNat. Pour une sécheresse, les fissures apparaissant souvent tardivement, ce délai est précieux.

  3. La commission interministérielle rend son avis.

    Elle examine des rapports techniques, Météo-France pour la sécheresse et les pluies, BRGM pour les mouvements de terrain, et vérifie le caractère anormal de l'intensité du phénomène.

  4. L'arrêté est publié au Journal officiel.

    Il liste les communes reconnues, la nature du phénomène et la période concernée. La décision doit être motivée et notifiée à la commune, qui informe ses habitants.

Bon à savoir

L'arrêté fixe une période précise. Vos dommages doivent avoir été causés pendant cette période : un sinistre survenu une semaine avant ou après les dates retenues n'est pas couvert par ce texte, d'où l'intérêt de dater vos photos et constats.

Déclarer et être indemnisé : délais et marche à suivre

Vous disposez de 30 jours après la publication de l'arrêté pour déclarer votre sinistre à l'assureur, délai porté de 10 à 30 jours par la loi Baudu du 28 décembre 2021. Rien ne vous empêche, et c'est même recommandé, de déclarer dès la survenance des dégâts : l'assureur ouvre le dossier et le traite dès la parution du texte.

  • Photographiez et filmez tous les dommages avant le moindre nettoyage, pièce par pièce, façades et sous-sols compris.
  • Prenez les mesures conservatoires : coupure de l'électricité, pompage, bâchage, mise à l'abri des biens récupérables.
  • Conservez les biens abîmés jusqu'au passage de l'expert, ou à défaut photographiez-les avec leurs étiquettes et numéros de série.
  • Rassemblez factures, bons de garantie, relevés bancaires et photos anciennes prouvant la possession et la valeur des biens.
  • Adressez à l'assureur un état estimatif chiffré des pertes, bâtiment et mobilier séparés.

Une fois l'état estimatif remis, ou l'arrêté publié s'il est postérieur, l'assureur a 1 mois pour vous proposer une indemnisation ou une provision, puis 21 jours à compter de votre accord pour verser les fonds. Faute de versement dans ces délais, l'indemnité porte intérêt au taux légal. Pour un sinistre important, un expert est missionné ; vous pouvez être assisté d'un expert d'assuré, dont les honoraires sont parfois couverts par votre contrat.

À retenir

Le délai pour agir contre votre assureur est en principe de 2 ans. Depuis la loi Baudu, il est porté à 5 ans pour les sinistres liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols, dont les dommages évoluent lentement : de quoi contester une indemnisation jugée insuffisante.

Franchise légale et dommages pris en charge

La franchise catastrophe naturelle est fixée par arrêté ministériel et s'impose à tous les contrats : votre assureur ne peut ni l'augmenter ni la réduire, et aucun rachat de franchise n'est possible. Elle reste à votre charge sur chaque sinistre.

Franchises légales catastrophe naturelle en 2026
Type de bienFranchise généraleSécheresse (RGA)
Habitation, biens non professionnels380 €1 520 €
Véhicule terrestre à moteur380 €1 520 €
Biens professionnels10 % des dommages, minimum 1 140 €minimum 3 050 €
Perte d'exploitation (si garantie)3 jours ouvrés, minimum 1 140 €3 jours ouvrés, minimum 1 140 €

Depuis le 1er janvier 2023, la modulation de franchise, qui pouvait doubler ou quadrupler la franchise dans les communes sans plan de prévention des risques après plusieurs arrêtés, ne s'applique plus aux habitations des particuliers ni aux véhicules. L'indemnisation couvre les dommages matériels directs, dans les limites et selon les modalités (valeur à neuf ou vétusté déduite) prévues par votre contrat pour les autres garanties dommages.

Biens couverts
Bâtiment, aménagements intérieurs, mobilier, électroménager, véhicules assurés en dommages, dès lors qu'ils sont garantis par le contrat.
Frais annexes
Depuis la loi Baudu : frais de relogement d'urgence si la résidence principale est inhabitable, frais d'architecte et de maîtrise d'œuvre nécessaires aux réparations, frais de démolition et de déblaiement.
Biens exclus
Terrains, plantations, jardins, clôtures et murs non rattachés au bâti dans de nombreux contrats, biens non assurés en dommages, dommages corporels (relevant d'une garantie des accidents de la vie).

Sécheresse et fissures : le cas particulier du retrait-gonflement des argiles

La sécheresse est devenue le premier poste de coût du régime : en alternant périodes sèches et pluies, les sols argileux se rétractent puis gonflent, provoquant des fissures sur les maisons individuelles aux fondations peu profondes. Plus de 10 millions de maisons sont situées en zone d'exposition moyenne ou forte, soit près d'une sur deux.

Le chiffre

3,5 Md€

C'est le coût estimé de la seule sécheresse de 2022 pour le régime catastrophe naturelle, un record historique qui a pesé dans le relèvement de la surprime à 20 % en 2025.

Ces dossiers sont les plus délicats. Les fissures apparaissent parfois des mois après l'épisode, la commune doit obtenir un arrêté pour l'année concernée, et l'expert doit établir que la sécheresse est la cause déterminante des désordres, et non un défaut de construction. Depuis l'ordonnance du 8 février 2023, l'indemnité versée au titre du retrait-gonflement des argiles doit être affectée à des travaux de réparation durables, qui mettent fin aux désordres existants.

Ce qui renforce votre dossier

  • Photos datées montrant l'apparition et l'évolution des fissures
  • Pose de témoins (jauges) sur les fissures pour mesurer leur mouvement
  • Étude de sol G5 prouvant la présence d'argile sous les fondations
  • Signalement en mairie dès les premiers désordres

Ce qui le fragilise

  • Fissures antérieures à la période visée par l'arrêté
  • Défaut de fondations ou absence d'étude de sol à la construction
  • Travaux de rebouchage réalisés avant l'expertise
  • Déclaration envoyée plus de 30 jours après l'arrêté

Arrêté refusé ou indemnisation contestée : les recours possibles

Un refus de reconnaissance n'est pas définitif. L'arrêté peut être contesté devant le tribunal administratif dans les 2 mois suivant sa publication, par la commune ou par un sinistré justifiant d'un intérêt à agir. La commune peut aussi présenter une nouvelle demande, étayée par des éléments techniques complémentaires.

Si l'arrêté existe mais que l'indemnisation proposée vous paraît insuffisante, la contestation se joue sur le terrain contractuel : contre-expertise, réclamation écrite au service clients de l'assureur, puis saisine gratuite du Médiateur de l'assurance si aucune solution n'est trouvée sous deux mois. L'action en justice reste possible pendant 2 ans, 5 ans pour un sinistre sécheresse.

  • Jeter des biens endommagés avant le passage de l'expert.
  • Lancer des travaux définitifs sans accord écrit de l'assureur.
  • Attendre la publication de l'arrêté pour rassembler vos preuves.
  • Signer une quittance d'indemnité sans avoir vérifié le chiffrage poste par poste.

« Dans un dossier catastrophe naturelle, le temps joue rarement en faveur de l'assuré. Signalez les dégâts en mairie et chez votre assureur le jour même, documentez tout, et ne laissez jamais filer le délai de 30 jours après l'arrêté. »

La rédaction assurances.fm

Vos questions, nos réponses

FAQ : 5 questions
Comment savoir si ma commune est reconnue en état de catastrophe naturelle ?

Les arrêtés sont publiés au Journal officiel et consultables sur Légifrance, avec la liste des communes, la nature du phénomène et la période retenue. Votre mairie, qui a déposé la demande, est tenue d'informer les habitants de la décision. La plupart des assureurs vous préviennent aussi lorsque vous avez déjà signalé un sinistre.

Peut-on être indemnisé sans arrêté de catastrophe naturelle ?

Pas au titre du régime CatNat. En revanche, d'autres garanties de votre contrat peuvent jouer sans arrêté : la garantie tempête, grêle et neige pour les dégâts dus au vent ou à la grêle, ou la garantie dégât des eaux pour certaines infiltrations. Relisez vos conditions générales et déclarez le sinistre sous 5 jours ouvrés pour ne perdre aucun droit.

Quelle est la franchise catastrophe naturelle en 2026 ?

Pour une habitation ou un véhicule, elle est de 380 € par sinistre, portée à 1 520 € pour les dommages liés à la sécheresse et au retrait-gonflement des argiles. Pour les biens professionnels, elle atteint 10 % des dommages avec un minimum de 1 140 €, ou 3 050 € en cas de sécheresse. Ces montants sont fixés par la loi et identiques chez tous les assureurs.

Mon assurance peut-elle augmenter après une catastrophe naturelle ?

Un sinistre catastrophe naturelle n'entraîne aucun malus et la surprime CatNat est la même pour tous. L'assureur peut toutefois revoir son tarif global à l'échéance, comme pour tout contrat, et certains assurés constatent des hausses dans les zones très exposées. S'il résilie votre contrat ou si vous ne trouvez plus d'assureur, le Bureau central de tarification peut imposer une couverture incluant la garantie catastrophe naturelle.

Les fissures dues à la sécheresse sont-elles toujours indemnisées ?

Non. Il faut un arrêté couvrant la période de sécheresse dans votre commune, une déclaration dans les 30 jours suivant sa publication et une expertise concluant que la sécheresse est la cause déterminante des fissures. Les désordres liés à un défaut de construction relèvent plutôt de la garantie décennale du constructeur si la maison a moins de 10 ans.

La rédaction d’assurances.fm Dossier HAB-09 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés, mise à jour octobre 2026.
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