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Assurance copropriété obligatoire : ce qu’impose la loi Alur au syndicat

L'assurance copropriété est obligatoire depuis la loi Alur du 24 mars 2014 : l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose au syndicat des copropriétaires de s'assurer en responsabilité civile, et à chaque copropriétaire, occupant ou bailleur, d'en faire autant pour son lot. Seule la responsabilité civile est exigée par la loi — mais en pratique, la quasi-totalité des immeubles votent une multirisque complète.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Assemblée générale de copropriétaires votant le contrat d'assurance obligatoire du syndicat
Depuis la loi Alur, le vote du contrat d'assurance du syndicat n'est plus une option mais une obligation légalePhoto — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. COP-01.02
Obligatoire ?
Oui — RC du syndicat et de chaque copropriétaire (art. 9-1, loi du 10 juillet 1965)
Depuis quand
loi Alur du 24 mars 2014
Qui souscrit
le syndic, après vote en AG à la majorité de l'article 24
Garantie minimale exigée
responsabilité civile (la multirisque reste facultative)
En cas de refus des assureurs
saisine du Bureau central de tarification (art. L212-1)

Assurance copropriété obligatoire : ce qu'impose la loi Alur

Depuis la loi Alur du 24 mars 2014, l'assurance de la copropriété est obligatoire à deux niveaux. L'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose d'une part au syndicat des copropriétaires de souscrire une assurance de responsabilité civile, d'autre part à chaque copropriétaire de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre — en qualité d'occupant s'il habite son lot, en qualité de propriétaire non-occupant (PNO) s'il le loue ou le laisse vacant.

Avant 2014, aucun texte n'obligeait un immeuble à être assuré : des copropriétés entières vivaient sans contrat, exposant le patrimoine personnel de chaque copropriétaire au moindre sinistre causé à un tiers. La loi Alur a fermé cette faille, sans toutefois prévoir de sanction pénale : la contrainte est civile, et elle est redoutable, comme on le verra plus bas.

Qui doit s'assurer et contre quoi : le tableau des obligations

L'obligation légale ne pèse pas sur les mêmes épaules selon le statut de chacun dans l'immeuble. Le tableau suivant récapitule qui doit quoi en 2026.

Obligations d'assurance dans une copropriété (2026)
ActeurAssurance obligatoireTexte de référence
Syndicat des copropriétairesOui — responsabilité civile de l'immeubleart. 9-1, loi du 10 juillet 1965
Copropriétaire occupantOui — responsabilité civile d'occupantart. 9-1, loi du 10 juillet 1965
Copropriétaire bailleur ou lot vacantOui — responsabilité civile PNOart. 9-1, loi du 10 juillet 1965
Locataire d'un lotOui — risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux)art. 7 g, loi du 6 juillet 1989
Syndic professionnelOui — RC professionnelle et garantie financièreloi Hoguet du 2 janvier 1970

La RC du syndicat couvre les dommages causés aux tiers — visiteurs, voisins, mais aussi copropriétaires et locataires considérés comme tiers entre eux — par les parties communes : chute de tuile sur un passant, marche d'escalier défectueuse, ascenseur, garde-corps descellé. Elle indemnise des dommages corporels dont les montants peuvent atteindre plusieurs millions d'euros.

RC seule ou multirisque immeuble : ce que la loi n'impose pas

La loi n'exige que la responsabilité civile ; l'incendie, les dégâts des eaux, la tempête ou le bris de glace restent juridiquement facultatifs. En pratique, plus de 95 % des copropriétés optent pour une multirisque immeuble, et l'arbitrage se résume ainsi :

Les avantages de la RC seule

  • Prime très faible : quelques centaines d'euros par an pour un petit immeuble
  • Conformité légale assurée à moindre coût
  • Adaptée à une monopropriété transformée en attente de travaux lourds

Les limites de la RC seule

  • Aucune indemnisation de l'immeuble lui-même en cas d'incendie ou de dégât des eaux
  • Reconstruction financée par appels de fonds exceptionnels : un incendie majeur peut ruiner les copropriétaires
  • Banques réticentes à financer un lot dans un immeuble non couvert en dommages
  • Vente des lots compliquée : le notaire signale l'absence de multirisque à l'acquéreur

À retenir

Le minimum légal, c'est la responsabilité civile du syndicat et de chaque copropriétaire. Le standard du marché, c'est la multirisque immeuble : pour 2,50 à 5 € par m² et par an, elle couvre à la fois la RC obligatoire et la reconstruction du bâtiment. L'écart de prime ne justifie presque jamais le risque d'une couverture minimale.

Qui souscrit le contrat : le rôle du syndic et de l'assemblée générale

C'est le syndic qui souscrit le contrat au nom du syndicat des copropriétaires : l'article 18 de la loi de 1965 le charge d'administrer l'immeuble et de le faire assurer. La décision de souscription est soumise au vote de l'assemblée générale à la majorité simple de l'article 24 — celle des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance. Point décisif introduit par la loi Alur : si l'assemblée refuse de voter le contrat, le syndic peut passer outre et souscrire une assurance responsabilité civile pour le compte du syndicat, afin que l'immeuble ne reste jamais sans garantie minimale.

Le syndic engage sa propre responsabilité s'il laisse l'immeuble sans assurance : un syndic professionnel qui néglige le renouvellement du contrat ou omet de signaler une résiliation commet une faute de gestion indemnisable. Le conseil syndical a donc tout intérêt à vérifier chaque année, à réception du budget, l'attestation d'assurance et la date d'échéance du contrat.

Immeuble non assuré : des conséquences en cascade

L'absence de sanction pénale ne rend pas l'obligation théorique — les conséquences civiles et financières suffisent à faire de l'immeuble non assuré une bombe à retardement :

  • Patrimoine personnel exposé : sans assureur, chaque copropriétaire répond des dommages causés aux tiers à hauteur de ses tantièmes, sur ses biens propres et sans plafond.
  • Reconstruction impossible à financer : après un incendie, les travaux se paient par appels de fonds exceptionnels ; les copropriétaires insolvables reportent la charge sur les autres.
  • Blocage des ventes et des crédits : acquéreurs et banques exigent l'attestation d'assurance de l'immeuble figurant au dossier de vente.
  • Responsabilité du syndic engagée : la carence dans la souscription ou le renouvellement constitue une faute de gestion.

Attention

La résiliation par l'assureur pour sinistralité ou non-paiement des primes prend effet même si les copropriétaires n'en sont pas individuellement informés : c'est le syndic qui reçoit le courrier. Exigez qu'une copie de l'attestation d'assurance en cours de validité soit jointe chaque année à la convocation d'assemblée générale.

Aucun assureur n'accepte l'immeuble : le recours au Bureau central de tarification

Un immeuble très sinistré, vétuste ou en plan de sauvegarde peut essuyer des refus en série. La loi a prévu ce cas : parce que la RC du syndicat est une assurance obligatoire, le Bureau central de tarification (BCT), organisme prévu à l'article L212-1 du Code des assurances, peut contraindre un assureur à couvrir le risque, au tarif qu'il fixe lui-même. La procédure est ouverte au syndicat comme au copropriétaire individuel confronté aux mêmes refus.

  1. Obtenir un refus formalisé.

    Adressez à l'assureur choisi une demande de garantie RC par lettre recommandée avec accusé de réception. Le refus explicite, ou le silence gardé pendant 15 jours, ouvre le recours.

  2. Saisir le BCT dans les 15 jours.

    Le dossier — proposition d'assurance, refus, descriptif de l'immeuble, historique de sinistralité — s'envoie en recommandé au Bureau central de tarification, dont les modalités sont détaillées sur service-public.fr.

  3. Laisser le BCT fixer la prime.

    Le Bureau détermine le montant de la prime moyennant laquelle l'assureur désigné est tenu de garantir le risque. L'assureur ne peut pas refuser, sous peine de sanctions administratives.

  4. Assainir le dossier pour la suite.

    La couverture BCT ne porte que sur la RC obligatoire. Profitez de ce répit pour traiter la sinistralité et redevenir assurable en multirisque aux conditions du marché.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
La multirisque immeuble est-elle obligatoire en copropriété ?

Non. La loi Alur n'impose au syndicat qu'une assurance de responsabilité civile. Les garanties dommages — incendie, dégâts des eaux, tempête — restent facultatives. Dans les faits, plus de 95 % des copropriétés votent une multirisque immeuble complète, car une RC seule laisse la reconstruction du bâtiment entièrement à la charge des copropriétaires.

Que risque un copropriétaire qui n'assure pas son lot ?

Aucune amende n'est prévue, mais le risque financier est entier : en cas de dégât des eaux ou d'incendie parti de son lot, il indemnise les voisins et la copropriété sur son patrimoine personnel. Le syndic peut par ailleurs exiger la remise d'une attestation, et le règlement de copropriété peut prévoir des mesures en cas de carence.

Le syndic peut-il souscrire une assurance sans vote de l'assemblée générale ?

Oui, dans un cas précis : si l'assemblée générale refuse de voter la souscription, l'article 9-1 issu de la loi Alur autorise le syndic à souscrire une assurance responsabilité civile pour le compte du syndicat. Pour une multirisque complète en revanche, le vote à la majorité de l'article 24 reste la règle.

Qui paie l'assurance obligatoire du syndicat des copropriétaires ?

Tous les copropriétaires, à proportion de leurs tantièmes de charges générales. La prime est intégrée au budget prévisionnel voté en assemblée générale et appelée avec les provisions trimestrielles de charges. Elle n'est pas récupérable sur les locataires.

La rédaction d’assurances.fm Dossier COP-01.02 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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