La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
Accueil Professionnels assurance cyber cyber assurance pme assurance fraude au président Réf. CYB-01.02 — Niveau 3

Assurance fraude au président : couvrir les faux ordres de virement

L’assurance fraude au président couvre les faux ordres de virement obtenus en usurpant le dirigeant, un fournisseur ou un client. Vendue en option du contrat cyber ou de la multirisque pro (150 à 900 €/an, plafonds de 15 000 à 300 000 €), elle n’indemnise qu’à la condition d’une procédure de double validation. Garanties, prix et exclusions : le mode d’emploi.

Dossier Professionnels Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Comptable vérifiant un ordre de virement sur deux écrans dans un bureau français, téléphone en main pour confirmer par un second canal
La double validation d’un virement exceptionnel est la première protection contre la fraude au président — et une condition de garantie.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. CYB-01.02
Nom technique
FOVI — faux ordre de virement, dont l’arnaque au président
Assurance concernée
Garantie « fraude », en option du contrat cyber ou de la multirisque pro
Ce qui est couvert
Faux ordre de virement, faux fournisseur (changement de RIB), usurpation du dirigeant
Plafond courant
15 000 à 300 000 € (souvent sous-plafonné)
Prix de l’option
150 à 900 €/an en complément du contrat
Condition clé
Procédure de double validation des virements exigée

Fraude au président : définition et mécanisme

La fraude au président est une escroquerie par laquelle un fraudeur usurpe l’identité d’un dirigeant pour ordonner un virement urgent et confidentiel à un salarié du service comptable. Elle appartient à la famille des faux ordres de virement (FOVI) et repose sur l’ingénierie sociale plus que sur la technique : un courriel imitant l’adresse du PDG, un appel pressant, un prétexte crédible (rachat secret, contrôle fiscal, opération stratégique) suffisent à déclencher un virement de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

L’assurance ne désigne pas cette menace par un contrat portant ce nom : elle la couvre au sein d’une garantie « fraude », le plus souvent en option du contrat cyber ou de la multirisque professionnelle. Cette garantie englobe plusieurs scénarios voisins, qu’il faut savoir distinguer :

Fraude au président
Usurpation du dirigeant pour obtenir un virement exceptionnel, urgent et secret.
Fraude au faux fournisseur
Un escroc se fait passer pour un fournisseur habituel et demande de changer ses coordonnées bancaires (faux RIB).
Fraude au faux client ou faux service technique
Sollicitation d’un test de virement ou d’une régularisation par un faux interlocuteur.
Fraude par piratage de messagerie
Interception d’échanges réels et substitution d’un RIB frauduleux dans une facture légitime.

Quelle assurance couvre la fraude au président ?

Trois supports contractuels peuvent prendre en charge une fraude au président, avec des logiques différentes. La solution la plus courante en 2026 reste l’option « fraude » adossée au contrat cyber, mais les grandes structures optent parfois pour une police dédiée à la fraude et au détournement.

Où trouver la garantie fraude au président selon le contrat
SupportPour quiPlafond courantFraude au président incluse ?
Option fraude du contrat cyberTPE et PME déjà assurées en cyber15 000 à 300 000 €Oui, en option
Garantie fraude de la multirisque proCommerçants, artisans, professions libérales10 000 à 150 000 €Souvent
Police fraude / détournement dédiéeETI et groupes à forts volumes de virementsJusqu’à plusieurs M€Oui

Attention à une confusion fréquente : le socle standard d’un contrat cyber couvre l’attaque technique (piratage, rançongiciel) mais pas toujours la fraude par manipulation où c’est un salarié qui, trompé, exécute lui-même le virement. Cette nuance explique pourquoi la fraude au président est presque toujours vendue en option à activer explicitement.

Faux virement, faux fournisseur, faux RIB : ce que couvre la garantie

Une garantie fraude bien conçue indemnise le préjudice financier direct résultant d’un virement détourné, quel que soit le scénario d’usurpation. Elle prend généralement en charge :

  • Le montant du ou des virements frauduleux, dans la limite du plafond souscrit ;
  • Les frais de reconstitution des comptes et d’expertise comptable ;
  • L’accompagnement juridique pour tenter de bloquer ou rapatrier les fonds ;
  • Parfois, l’assistance psychologique du salarié piégé et les frais de communication.

Le chiffre

100 000 €

montant moyen d’un faux ordre de virement réussi contre une entreprise française : certaines fraudes au président dépassent le million d’euros, mais la majorité se situe entre 20 000 et 300 000 €, d’où l’importance d’un plafond adapté à vos volumes.

En revanche, la garantie ne couvre jamais un manque à gagner indirect ni les conséquences d’un virement autorisé en connaissance de cause. Elle indemnise la victime d’une tromperie, pas une erreur de gestion assumée.

Conditions d’indemnisation et exclusions

C’est le point le plus sensible du contrat : l’indemnisation d’une fraude au président est subordonnée au respect de procédures internes de contrôle. L’assureur vérifie, après le sinistre, que l’entreprise disposait bien des garde-fous déclarés à la souscription. Les exigences les plus fréquentes :

  • Double validation des virements au-delà d’un seuil (principe des quatre yeux) ;
  • Vérification par un second canal de tout changement de coordonnées bancaires ;
  • Procédure écrite connue des équipes comptables et financières ;
  • Sensibilisation régulière du personnel aux techniques de FOVI.

À l’inverse, plusieurs situations font tomber la garantie ou réduisent fortement l’indemnité :

  • Absence totale de procédure de contrôle des virements ;
  • Négligence manifeste ou contournement volontaire des règles internes ;
  • Complicité d’un salarié (la fraude interne relève d’une autre garantie) ;
  • Déclaration inexacte au questionnaire sur les procédures existantes.

Attention

La double validation des virements n’est pas une recommandation : c’est une condition de garantie. Une entreprise qui a déclaré disposer d’une procédure de contrôle, mais dont le sinistre révèle qu’elle n’était pas appliquée, s’expose à un refus d’indemnisation au titre de la fausse déclaration (article L113-8 du Code des assurances).

Combien coûte la garantie fraude et quels plafonds ?

En complément d’un contrat cyber, l’option fraude coûte en 2026 de 150 à 900 € par an pour une PME, selon le plafond retenu et les volumes de virements. Une police dédiée à la fraude, réservée aux ETI, se chiffre en plusieurs milliers d’euros mais offre des plafonds bien supérieurs.

Coût indicatif et plafonds de la garantie fraude en 2026
ProfilPlafond conseilléSurcoût annuelFranchise
TPE (moins de 2 M€ de CA)15 000 à 50 000 €150 à 350 €1 000 à 3 000 €
PME (2 à 10 M€ de CA)50 000 à 300 000 €350 à 900 €3 000 à 10 000 €
ETI (plus de 10 M€ de CA)300 000 € à plusieurs M€Sur mesure10 000 € et +

Le plafond se dimensionne sur le montant du virement unitaire le plus élevé que votre entreprise est susceptible d’émettre, pas sur votre chiffre d’affaires. Un plafond de 50 000 € est illusoire si vos règlements fournisseurs atteignent couramment 200 000 €.

Prévenir et réagir en cas de fraude

La meilleure garantie reste la procédure interne, car elle bloque la fraude avant qu’elle ne coûte. Mais si un virement frauduleux est parti, les premières heures sont décisives pour espérer récupérer les fonds.

  1. Alerter immédiatement la banque.

    Demandez le blocage ou le rappel du virement (procédure de recall) : agir dans les premières heures augmente nettement les chances de récupération, surtout à l’international.

  2. Déposer plainte sans délai.

    Le dépôt de plainte est indispensable à l’indemnisation et déclenche l’enquête. Conservez tous les courriels, RIB et échanges.

  3. Déclarer le sinistre à l’assureur.

    Contactez la cellule de gestion dans le délai contractuel (souvent 5 jours ouvrés) et transmettez le récépissé de plainte.

  4. Corriger la faille de procédure.

    Renforcez la double validation et la vérification des RIB pour éviter la récidive, très fréquente sur les entreprises déjà visées.

Pour signaler la fraude et accéder à des ressources officielles, le dispositif public cybermalveillance.gouv.fr oriente les victimes et recense les prestataires de confiance.

« Contre la fraude au président, aucun plafond ne remplace une règle simple : aucun virement exceptionnel n’est exécuté sans une seconde validation, quel que soit l’expéditeur du courriel. L’assurance couvre l’échec de la procédure, pas son absence. »

La rédaction assurances.fm

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Quelle assurance couvre la fraude au président ?

La fraude au président est couverte par une garantie « fraude », proposée le plus souvent en option du contrat cyber ou de la multirisque professionnelle, et parfois par une police dédiée à la fraude pour les ETI. Le socle standard d’un contrat cyber ne l’inclut pas d’office : il faut activer explicitement l’option, car il s’agit d’une fraude par manipulation et non d’un piratage technique.

Combien coûte la garantie fraude au président ?

En option d’un contrat cyber, comptez 150 à 900 € par an pour une PME, avec des plafonds de 15 000 à 300 000 € et une franchise de 1 000 à 10 000 €. Une police dédiée, réservée aux ETI, coûte plusieurs milliers d’euros mais offre des plafonds pouvant atteindre plusieurs millions. Le plafond se dimensionne sur votre virement unitaire le plus élevé.

À quelles conditions l’assureur indemnise-t-il ?

L’indemnisation suppose que l’entreprise applique les procédures de contrôle déclarées : double validation des virements au-delà d’un seuil et vérification par un second canal de tout changement de RIB. Une négligence manifeste, l’absence de procédure ou une déclaration inexacte au questionnaire peuvent entraîner une réduction, voire un refus d’indemnisation (article L113-8 du Code des assurances).

Que faire immédiatement après un faux ordre de virement ?

Alertez sans délai votre banque pour tenter de bloquer ou rappeler le virement : les premières heures sont décisives. Déposez plainte, conservez tous les échanges et RIB, puis déclarez le sinistre à votre assureur dans le délai contractuel avec le récépissé de plainte. Corrigez enfin la faille de procédure, car les entreprises visées le sont souvent une seconde fois.

La rédaction d’assurances.fm Dossier CYB-01.02 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
Vérifié
assurances.fm
juillet 2026