La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Assurance d’une maison en succession : qui couvre le bien hérité ?

L'assurance d'une maison en succession ne s'arrête pas au décès du propriétaire : l'article L121-10 du Code des assurances transfère automatiquement le contrat aux héritiers, qui doivent payer la prime et adapter la couverture. Maison vide, indivision, vente à venir : voici qui assure quoi, et à quel prix.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Héritiers et notaire devant une maison de famille en succession, dont l'assurance a été transférée à l'indivision
Entre le décès et le partage, la maison héritée reste couverte par le contrat transféré à l'indivisionPhoto — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. PNO-03.02
Sort du contrat au décès
Transfert automatique aux héritiers (art. L121-10)
Qui paie la prime
La succession, au prorata des quotes-parts
Maison vide
Déclaration sous 15 jours + avenant ou contrat PNO
Prix d'un contrat PNO maison
100 à 250 €/an
Résiliation
Possible à tout moment par les héritiers comme par l'assureur

Décès du propriétaire : l'assurance de la maison continue automatiquement

Au décès du propriétaire, l'assurance habitation de la maison n'est pas résiliée : l'article L121-10 du Code des assurances transfère automatiquement le contrat aux héritiers, avec les mêmes garanties, les mêmes franchises et la même prime. La maison en succession reste donc couverte sans aucune démarche immédiate, y compris pendant les longs mois que peut durer le règlement notarié — 6 mois en moyenne, souvent davantage en présence d'une indivision.

Ce transfert crée en contrepartie une obligation : les héritiers doivent payer les primes qui viennent à échéance après le décès. Chacune des parties conserve toutefois sa liberté : les héritiers peuvent résilier le contrat à tout moment par lettre recommandée, et l'assureur dispose du même droit tant que la situation n'est pas régularisée. En pratique, la quasi-totalité des assureurs maintiennent la couverture le temps de la succession, quitte à proposer un avenant adapté.

À retenir

Ne résiliez jamais le contrat du défunt avant d'avoir mis en place une couverture de remplacement : une maison en indivision qui brûle sans assurance se paie sur le patrimoine personnel de chaque héritier, à hauteur de sa quote-part.

Qui doit assurer la maison héritée et qui paie la prime ?

Tant que le partage n'est pas intervenu, la maison appartient à l'indivision successorale : tous les héritiers sont donc collectivement responsables de son assurance, et la prime constitue une dette de la succession, répartie au prorata des quotes-parts de chacun. L'article 815-13 du Code civil protège l'héritier diligent : celui qui avance seul la prime accomplit une dépense de conservation du bien et dispose d'un recours contre ses coïndivisaires au moment du partage.

Concrètement, deux organisations fonctionnent bien : soit le notaire règle les primes sur les fonds disponibles de la succession, soit un héritier référent est désigné interlocuteur de l'assureur et se fait rembourser. Pensez à faire libeller le contrat au nom de « l'indivision [nom du défunt] » plutôt qu'au nom d'un seul héritier : en cas de sinistre, l'indemnité revient ainsi à tous, sans discussion.

Qui assure quoi selon la situation du bien hérité
Situation de la maisonQui doit assurerContrat adapté
Vide, en attente de venteL'indivisionAvenant « logement inoccupé » ou contrat PNO
Occupée par l'un des héritiersL'héritier occupantMultirisque habitation occupant + PNO pour l'indivision
Louée à un locataireL'indivision (et le locataire pour sa part)PNO côté indivision, multirisque côté locataire
Démembrement usufruit / nue-propriétéL'usufruitier au premier chefMultirisque occupant ; PNO conseillée au nu-propriétaire

Maison vide en attente de vente : adapter la couverture sans tarder

C'est le point de vigilance numéro un des successions. Le contrat du défunt a été conçu pour une résidence principale occupée ; une fois la maison vide, le risque change de nature et deux mécanismes se déclenchent. D'abord, la clause d'inhabitation du contrat suspend fréquemment la garantie vol au-delà de 60 à 90 jours sans occupant. Ensuite, l'inoccupation durable constitue une aggravation de risque que l'article L113-2 du Code des assurances impose de déclarer à l'assureur sous 15 jours ; à défaut, l'indemnité d'un futur sinistre peut être réduite proportionnellement (article L113-9).

La déclaration débouche sur deux solutions : un avenant « succession / logement inoccupé » sur le contrat existant, moyennant une surprime de 10 à 30 %, ou un contrat propriétaire non occupant (PNO) souscrit au nom de l'indivision, qui couvre l'incendie, le dégât des eaux, les catastrophes naturelles et la responsabilité civile du propriétaire. Comptez 100 à 250 € par an pour une maison standard de 90 à 120 m², avec des obligations de prévention classiques : eau coupée, installations vidangées l'hiver, visite régulière du bien.

Le chiffre

150 €

C'est le budget annuel médian d'un contrat propriétaire non occupant pour une maison en indivision en 2026, soit moins de 13 € par mois pour éviter que le bien hérité ne reste sans couverture jusqu'à la vente.

Les démarches après le décès, étape par étape

  1. Informer l'assureur du décès.

    Dès que possible, idéalement sous 15 jours : envoyez l'acte de décès et les coordonnées du notaire par courriel ou lettre recommandée. Le contrat continue automatiquement pendant ce temps.

  2. Faire le point sur le contrat existant.

    Garanties, échéance, clause d'inhabitation, capital mobilier : vérifiez si la couverture correspond encore à la réalité du bien, surtout s'il se vide de ses meubles.

  3. Choisir entre avenant, nouveau contrat et résiliation.

    Maison bientôt occupée par un héritier : il souscrit sa propre multirisque. Maison vide en attente de vente : avenant inoccupation ou contrat PNO au nom de l'indivision.

  4. Organiser le paiement des primes.

    Règlement par le notaire sur les fonds de la succession, ou avance par un héritier référent avec remboursement au partage (article 815-13 du Code civil).

  5. Le jour de la vente, solder proprement.

    Le contrat est transmis de plein droit à l'acheteur (article L121-10), qui peut le résilier ; le plus simple est de demander la résiliation au jour de la signature et le remboursement du trop-perçu de prime au prorata.

Cas particuliers : indivision conflictuelle, renonciation, contrat déjà résilié

Indivision bloquée ou héritier récalcitrant : un seul indivisaire peut valablement souscrire une assurance « pour le compte de qui il appartiendra », qui protège tous les coïndivisaires ; la prime avancée sera déduite de la part des autres au partage. Héritier qui envisage de renoncer à la succession : payer la prime d'assurance ne vaut pas acceptation, car il s'agit d'un acte conservatoire au sens de l'article 784 du Code civil — vous pouvez donc maintenir la couverture sans vous engager. Contrat introuvable ou résilié avant le décès (impayés, résiliation à échéance passée inaperçue) : souscrivez sans délai un contrat PNO, certains assureurs acceptant une prise d'effet le jour même.

Quelques erreurs reviennent dans presque tous les dossiers de succession : elles se paient cher et s'évitent facilement.

  • Laisser le contrat au nom du défunt sans jamais prévenir l'assureur ni le notaire
  • Oublier de déclarer l'inoccupation et découvrir la réduction d'indemnité après le cambriolage
  • Résilier « pour économiser » avant d'avoir souscrit la couverture de remplacement
  • Conserver une multirisque « résidence principale » pour une maison vidée de ses meubles
  • Cesser de payer la prime en pensant que la succession s'en charge automatiquement

Bien gérée, l'assurance d'une maison en succession se résume à trois réflexes : prévenir l'assureur, adapter le contrat à l'inoccupation et organiser le paiement au sein de l'indivision. Le bien hérité traverse alors les mois de la succession sans angle mort, jusqu'à la vente, la mise en location ou l'installation d'un héritier.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Peut-on résilier l'assurance habitation du défunt après le décès ?

Oui, les héritiers peuvent résilier à tout moment par lettre recommandée, sans frais ni pénalité, et l'assureur rembourse la portion de prime non courue. Attention toutefois : ne résiliez qu'après avoir souscrit une couverture de remplacement, faute de quoi la maison en indivision reste sans protection contre l'incendie ou le dégât des eaux.

Qui paie l'assurance d'une maison en indivision ?

Tous les indivisaires, au prorata de leurs quotes-parts : la prime est une dette de la succession. L'héritier qui l'avance seul accomplit une dépense de conservation au sens de l'article 815-13 du Code civil et se fait rembourser au partage. Le notaire peut aussi régler directement les primes sur les fonds disponibles de la succession.

Que se passe-t-il si personne n'assure la maison héritée ?

Hors copropriété, aucune loi n'oblige un propriétaire à assurer sa maison — seule la responsabilité civile est obligatoire pour les copropriétaires depuis la loi Alur. Mais en cas d'incendie, de tempête ou de recours d'un voisin, chaque héritier supporte les pertes et les indemnités sur son patrimoine personnel, à hauteur de sa part. Un contrat PNO à 100-250 € par an écarte ce risque.

L'assurance du défunt couvre-t-elle la maison jusqu'à la vente ?

Oui, tant que les primes sont payées, le contrat transféré aux héritiers court jusqu'à la signature chez le notaire, puis se transmet à l'acheteur. En revanche, si la maison reste vide, la clause d'inhabitation peut suspendre la garantie vol après 60 à 90 jours : déclarez l'inoccupation à l'assureur sous 15 jours et demandez un avenant adapté.

La rédaction d’assurances.fm Dossier PNO-03.02 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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