La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Assurance PNO pour une SCI : couvrir les biens détenus en société

L'assurance PNO d'une SCI se souscrit au nom de la société, propriétaire du bien, et non au nom du gérant ou des associés. Elle est obligatoire dès que le lot est en copropriété (loi ALUR), coûte 100 à 250 € par an et par lot en 2026 et sa prime est déductible au régime réel comme à l'IS. Voici comment assurer correctement un bien détenu en société.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 6 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Associés d'une SCI examinant le contrat d'assurance PNO de leur bien locatif
En SCI, le contrat PNO est libellé au nom de la société et signé par le gérant.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. PNO-04.01
Souscripteur
La SCI, personne morale, représentée par son gérant
Obligatoire ?
Oui en copropriété — RC minimum (loi ALUR, art. 9-1 de la loi du 10 juillet 1965)
Prix moyen 2026
100 à 250 €/an par lot d'habitation
Fiscalité
Prime déductible au régime réel (art. 31 du CGI) et à l'IS ; pas au micro-foncier
Résiliation
À l'échéance annuelle, préavis de 2 mois (art. L113-12) — la loi Hamon ne s'applique pas aux personnes morales

Assurance PNO en SCI : la société souscrit, le gérant signe

Lorsqu'un bien locatif est détenu par une SCI, l'assurance propriétaire non occupant doit être souscrite au nom de la société elle-même : la SCI, personne morale immatriculée, est propriétaire du bien, donc elle seule a la qualité d'assuré. Le gérant signe le contrat « ès qualités », c'est-à-dire en tant que représentant légal, jamais en son nom personnel. Comptez 100 à 250 € par an et par lot en 2026 pour un appartement standard.

Le contenu du contrat, lui, ne change pas par rapport à une détention en direct : la PNO d'une SCI couvre la responsabilité civile du propriétaire (défaut d'entretien, vice de construction, trouble de jouissance), les dommages au bâti — incendie, dégât des eaux, tempête, catastrophes naturelles — et prend le relais pendant les périodes de vacance locative ou lorsque l'assurance du locataire fait défaut. Elle s'emboîte avec l'assurance risques locatifs du locataire et, en copropriété, avec la multirisque de l'immeuble, sans faire doublon.

À retenir

Un contrat PNO resté au nom d'un associé après l'apport du bien à la société crée une discordance entre l'assuré et le propriétaire : l'assureur peut contester sa garantie au jour du sinistre. Après un achat ou un apport en SCI, faites immédiatement libeller le contrat au nom de la société.

Une obligation légale dès que le bien est en copropriété

Depuis la loi ALUR de 2014, tout copropriétaire non occupant doit être assuré au minimum en responsabilité civile : l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 s'applique à la SCI exactement comme à un bailleur particulier. Une société qui détient un appartement en copropriété doit donc souscrire au moins ce volet RC, que le lot soit loué, prêté ou vacant.

Pour une maison individuelle ou un immeuble entier détenu en pleine propriété, aucun texte n'impose la PNO. Elle reste pourtant incontournable : sans elle, un incendie survenu pendant une vacance locative ou un dommage causé à un tiers par un défaut d'entretien serait supporté par la société — puis, au-delà de son patrimoine, par les associés eux-mêmes, tenus indéfiniment des dettes sociales à proportion de leurs parts (article 1857 du Code civil). C'est précisément le risque que la structure sociétaire ne neutralise pas.

Bon à savoir

Si les assureurs refusent de garantir la SCI copropriétaire — bâti dégradé, sinistralité chargée —, elle peut saisir le Bureau central de tarification, qui fixera la prime à laquelle l'assureur choisi devra accorder la garantie responsabilité civile obligatoire.

Souscrire au nom de la SCI : la marche à suivre

La souscription est rapide, mais le dossier diffère de celui d'un particulier : l'assureur vérifie l'existence juridique de la société et les pouvoirs du signataire.

  1. Réunir les pièces de la société.

    Extrait d'immatriculation (Kbis ou avis de situation Sirene) de moins de trois mois, statuts à jour et pièce d'identité du gérant : c'est le socle demandé par tous les assureurs.

  2. Décrire précisément le bien.

    Adresse, surface, nombre de pièces, usage (habitation, mixte, local commercial) et statut d'occupation (loué nu, meublé, vacant). Toute inexactitude expose à la réduction proportionnelle d'indemnité de l'article L113-9 du Code des assurances.

  3. Faire libeller le contrat au nom exact de la SCI.

    Dénomination sociale complète, numéro SIREN et adresse du siège figurent aux conditions particulières ; le gérant signe en qualité de représentant légal.

  4. Comptabiliser la prime.

    La cotisation est payée par le compte bancaire de la SCI et conservée en comptabilité : c'est la condition d'une déduction fiscale incontestable et d'une reddition de comptes claire aux associés.

Lorsque la société détient plusieurs lots, deux architectures existent : une PNO par lot, ou un contrat unique multi-sites couvrant tout le patrimoine. Le contrat groupé simplifie la gestion — une seule échéance, une seule déclaration de sinistre — et fait généralement économiser 10 à 20 % dès trois lots assurés.

La responsabilité du gérant est en jeu

Ne pas assurer le patrimoine social n'est pas une économie : c'est une faute de gestion. Le gérant d'une société civile répond envers la société et envers les tiers des fautes commises dans sa gestion (article 1850 du Code civil) ; laisser un bien sans assurance alors que la loi ou l'intérêt social l'exige engage sa responsabilité personnelle. Si un sinistre non couvert ampute la valeur du patrimoine, les associés peuvent lui en réclamer réparation — y compris dans une SCI familiale, où la question ressurgit souvent au moment d'une succession.

Attention

Une SCI est une personne morale : la résiliation infra-annuelle de la loi Hamon ne lui est pas ouverte. La PNO se résilie à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois (article L113-12 du Code des assurances). Inscrivez l'échéance dans l'agenda de gérance, sous peine de rester engagé un an de plus sur un contrat mal négocié.

Prime déductible : l'atout fiscal de la PNO en SCI

La prime PNO est une charge de propriété déductible, mais son traitement dépend du régime fiscal de la société.

Déductibilité de la prime PNO selon le régime de la SCI (2026)
Régime fiscalPrime déductible ?Modalités
SCI à l'IR — régime réelOuiDéduction des revenus fonciers (article 31 du CGI), imputée par chaque associé à proportion de ses parts
SCI à l'IR — associés au micro-foncierNonL'abattement forfaitaire de 30 % couvre toutes les charges, prime comprise
SCI à l'ISOuiCharge d'exploitation déduite du résultat imposable, comme toute assurance de la société
SCI à l'IS louant en meubléOuiMême traitement : la prime réduit le bénéfice soumis à l'IS (taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice)

Au régime réel, l'avantage est loin d'être symbolique : pour un associé imposé à 30 % de tranche marginale, auxquels s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, une prime de 200 € ne coûte réellement que 106 € après économie d'impôt. Condition impérative : la prime doit être réglée par le compte de la SCI, jamais par un associé en direct.

Quel prix pour la PNO d'une SCI en 2026 ?

Une SCI paie sa PNO au même tarif qu'un particulier : la forme juridique du propriétaire n'est pas un critère tarifaire déterminant. Comptez 100 à 180 € par an pour un studio ou un T2, 150 à 250 € pour un T3 ou T4, 200 à 400 € pour une maison. Les vrais facteurs de prix restent la surface, la localisation, l'état du bâti et le niveau des franchises, généralement fixées entre 150 et 400 € par sinistre.

150 €/anprime moyenne constatée pour un T2 détenu en SCI en 2026
−10 à −20 %d'économie avec un contrat groupé à partir de trois lots
47 %d'économie fiscale réelle sur la prime pour un associé imposé à 30 % au régime réel

Avant de signer, contrôlez les points qui font la qualité du contrat :

  • Contrat libellé au nom exact de la SCI, avec son numéro SIREN ;
  • Garantie du bien vacant sans limite de durée, ou au minimum 12 mois ;
  • Responsabilité civile propriétaire d'au moins 5 M€ par sinistre ;
  • Garanties recours des locataires et recours des voisins et des tiers incluses ;
  • Indemnisation du bâti en valeur à neuf, vétusté plafonnée à 25 %.

« La PNO d'une SCI se joue sur deux lignes des conditions particulières : le nom de l'assuré et le statut d'occupation déclaré. Quand ces deux lignes sont justes, le contrat fonctionne exactement comme pour n'importe quel bailleur. »

La rédaction assurances.fm

Souscrite au bon nom, déduite au bon régime et remise en concurrence à chaque échéance, la PNO est l'une des charges les plus rentables de la SCI : quelques dizaines d'euros par mois pour sécuriser à la fois le patrimoine social, la responsabilité du gérant et la tranquillité des associés.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Une SCI est-elle obligée de souscrire une assurance PNO ?

Oui dès que le bien est un lot de copropriété : la loi ALUR impose à tout copropriétaire non occupant, personne morale comprise, une assurance responsabilité civile minimum (article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965). Pour une maison ou un immeuble entier détenu en pleine propriété, la PNO n'est pas légalement obligatoire, mais elle reste indispensable : les associés répondent indéfiniment des dettes de la SCI sur leur patrimoine personnel.

Qui signe le contrat PNO d'une SCI : la société ou le gérant ?

Le contrat est libellé au nom de la SCI, seule propriétaire du bien et donc seule titulaire de la qualité d'assuré. Le gérant le signe « ès qualités », en tant que représentant légal de la société, sur présentation d'un extrait d'immatriculation et des statuts. Un contrat souscrit au nom personnel d'un associé expose à un refus de garantie en cas de sinistre.

La prime PNO est-elle déductible des résultats de la SCI ?

Oui, dans deux cas : au régime réel d'une SCI à l'IR, la prime est déduite des revenus fonciers (article 31 du CGI) et répartie entre les associés au prorata de leurs parts ; dans une SCI à l'IS, elle constitue une charge d'exploitation déductible du résultat. Seuls les associés relevant du micro-foncier ne déduisent rien, l'abattement de 30 % couvrant forfaitairement toutes les charges.

Peut-on conserver la PNO personnelle après avoir apporté le bien à une SCI ?

Non, il faut la faire modifier ou la remplacer. Après l'apport, le propriétaire du bien est la SCI : un contrat resté au nom de l'ancien propriétaire ne correspond plus à la réalité juridique et l'assureur pourrait contester l'indemnisation. Demandez un avenant mettant le contrat au nom de la société, avec son SIREN, dès la publication de l'apport.

La rédaction d’assurances.fm Dossier PNO-04.01 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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