La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Assurance résidence secondaire : couvrir un logement inoccupé

L'assurance résidence secondaire n'est pas obligatoire pour un propriétaire, sauf en copropriété, mais elle est indispensable : un logement vide les trois quarts de l'année concentre les risques de vol, de gel et de fuite non détectée. Comptez 200 à 500 € par an en 2026, en surveillant de près la clause d'inhabitation, qui peut suspendre la garantie vol au-delà de 60 à 90 jours d'absence.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 8 min Mise à jour juillet 2026 1 sous-dossier
Maison de vacances en pierre aux volets clos dans un village du sud de la France
Inoccupée la majeure partie de l'année, la résidence secondaire exige un contrat pensé pour la vacance prolongée.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. HAB-05
Obligatoire ?
Non pour le propriétaire, sauf responsabilité civile en copropriété (loi Alur)
Prix moyen 2026
200 à 500 €/an, jusqu'à 800 € pour une villa avec piscine
Clause à surveiller
Inhabitation : garantie vol suspendue au-delà de 30 à 90 jours de vacance
Obligation hivernale
Chauffage hors gel (8 °C) ou vidange des installations
Sinistres fréquents
Fuite non détectée, gel des canalisations, vol hors saison, tempête
Résiliation
À tout moment après 1 an de contrat (loi Hamon)

Assurance résidence secondaire : est-elle obligatoire ?

L'assurance résidence secondaire n'est pas obligatoire pour un propriétaire : aucun texte n'impose d'assurer une maison ou un appartement de vacances détenu en pleine propriété. Deux exceptions existent toutefois. En copropriété, la loi Alur du 24 mars 2014 (article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965) impose à chaque copropriétaire, occupant ou non, une garantie responsabilité civile. Et si le bien est financé à crédit, la banque exige presque toujours une assurance incendie pendant toute la durée du prêt.

Facultative en droit, cette assurance est indispensable en pratique. Un logement occupé quelques semaines par an cumule les facteurs de risque : fuite d'eau qui coule des jours entiers sans témoin, canalisations qui éclatent pendant une vague de froid, cambriolage découvert un mois après les faits, tuiles arrachées par une tempête sans que personne ne bâche la toiture. Sans contrat, le propriétaire supporte seul la remise en état et, plus grave encore, les dommages causés aux tiers : un mur de clôture qui s'effondre sur la voiture du voisin ou un incendie qui se propage à la maison mitoyenne engagent sa responsabilité sur l'ensemble de son patrimoine. Le cadre général de la multirisque habitation est rappelé dans la fiche dédiée de service-public.fr ; pour une résidence secondaire, ce socle doit simplement être adapté à un bien inoccupé la majeure partie de l'année.

Le chiffre

3,7 millions

C'est le nombre de résidences secondaires recensées en France par l'Insee, soit près de 10 % du parc de logements — la proportion la plus élevée d'Europe. Le littoral et la montagne en concentrent plus de la moitié.

La clause d'inhabitation : la ligne à lire avant de signer

Le point décisif d'un contrat pour maison de vacances tient en une clause : la clause d'inhabitation, aussi appelée clause d'inoccupation. Les multirisques habitation classiques sont conçues pour une résidence principale occupée en continu ; elles prévoient donc que certaines garanties — le vol et le vandalisme en premier lieu — sont suspendues ou réduites lorsque le logement reste vide au-delà d'une durée fixée aux conditions générales, le plus souvent 30, 60 ou 90 jours consécutifs. Un cambriolage survenu le 95e jour d'absence peut ainsi n'être indemnisé qu'à moitié, voire pas du tout, sur un contrat inadapté.

Un contrat pensé pour la résidence secondaire relève cette tolérance à 90 jours, et la supprime parfois totalement en contrepartie d'exigences de protection renforcées : serrure trois points certifiée A2P, volets ou barreaux sur les ouvertures accessibles, alarme ou télésurveillance au-delà d'un certain capital mobilier. Trois vérifications s'imposent avant de signer : la durée d'inoccupation garantie, les moyens de protection exigés pendant l'absence (volets fermés, alarme activée) et le mode de décompte de la vacance — certains assureurs raisonnent en jours consécutifs, d'autres en cumul sur l'année d'assurance, ce qui change tout pour un bien utilisé un week-end par mois.

Attention

Déclarer une résidence secondaire comme résidence principale pour réduire la prime constitue une fausse déclaration intentionnelle. L'article L113-8 du Code des assurances permet alors à l'assureur de prononcer la nullité du contrat, de conserver les primes payées et de refuser toute indemnisation — y compris pour un sinistre sans lien avec la déclaration inexacte.

Quelles garanties souscrire pour une maison de vacances ?

Le socle est celui d'une multirisque habitation complète, mais les priorités se déplacent vers les risques aggravés par l'absence.

  • Incendie, explosion, dégât des eaux : le cœur du contrat. Vérifiez que les dommages découverts tardivement restent couverts et que le plafond appliqué aux dommages « aggravés par l'absence de mesures conservatoires » n'est pas trop bas : une fuite qui coule quinze jours cause des dégâts sans commune mesure avec le même sinistre traité en une heure.
  • Gel des installations hydrauliques : garantie stratégique en montagne comme en campagne, systématiquement conditionnée à des mesures de prévention hivernales (chauffage hors gel ou vidange des circuits).
  • Vol et vandalisme : indispensable, avec un capital mobilier réaliste — on meuble rarement une maison de vacances comme une résidence principale, inutile de payer pour 60 000 € de contenu si le mobilier en vaut 12 000 €.
  • Événements climatiques et catastrophes naturelles : tempête, grêle, poids de la neige, et le régime cat nat avec sa franchise légale de 380 € (portée à 1 520 € pour la sécheresse). Incontournable sur le littoral et en zone inondable.
  • Responsabilité civile propriétaire d'immeuble : elle couvre les dommages causés aux tiers par le bâtiment lui-même — tuile envolée, branche tombée, mur effondré — même en votre absence. La piscine impose une extension spécifique et le respect des dispositifs de sécurité obligatoires depuis 2004.
  • Dépendances et extérieurs : garage, abri de jardin, portail motorisé ou panneaux solaires doivent être déclarés avec leur surface, faute de quoi ils ne sont pas couverts.

Quel prix pour une assurance résidence secondaire en 2026 ?

Comptez en 2026 entre 200 et 500 € par an pour la grande majorité des biens, avec une surprime de 10 à 30 % par rapport à une résidence principale équivalente : l'inoccupation aggrave la sinistralité, et les assureurs la tarifent. Le prix final dépend de la localisation (le littoral atlantique et méditerranéen paie le risque tempête et submersion, la montagne le risque gel et poids de la neige), de la surface, des dépendances, de la présence d'une piscine et du capital mobilier déclaré.

Prix indicatifs d'une assurance résidence secondaire en 2026
Type de bienFormule essentielleFormule renforcée
Appartement T2 en station balnéaire150 à 250 €/an250 à 380 €/an
Maison de campagne 90 m²220 à 350 €/an350 à 520 €/an
Chalet de montagne 110 m²280 à 420 €/an420 à 650 €/an
Villa 140 m² avec piscine380 à 550 €/an550 à 800 €/an

Plusieurs leviers font baisser la note sans dégrader la couverture : une franchise relevée à 300 ou 400 € (pertinente sur un bien où les petits sinistres sont rares), un capital mobilier ajusté au contenu réel, une télésurveillance certifiée (remise de 5 à 15 % selon les compagnies) et le regroupement des contrats chez un même assureur, qui déclenche fréquemment 10 % de remise multi-contrats. Depuis la loi Hamon, le contrat se résilie à tout moment après un an d'engagement, sans frais ni justification : remettre sa prime en concurrence chaque année ne coûte rien.

Gel, fuite, vol : les sinistres typiques du logement inoccupé

Le dégât des eaux est le premier ennemi de la résidence secondaire, précisément parce que personne n'est là pour l'arrêter. Un flexible de machine à laver qui cède peut déverser plusieurs mètres cubes avant le passage d'un voisin : plafonds, cloisons, parquets et mobilier sont alors touchés en profondeur. Le réflexe qui change tout : couper l'eau au compteur à chaque départ et, pour les biens de valeur, installer un détecteur de fuite connecté couplé à une vanne motorisée (150 à 500 € posés, un équipement parfois encouragé par une remise de l'assureur).

Le gel arrive juste derrière. Entre novembre et mars, la quasi-totalité des contrats conditionnent la garantie au maintien d'un chauffage hors gel autour de 8 °C ou à la vidange complète des installations non chauffées ; faute d'avoir respecté ces mesures, le refus d'indemnisation est la règle. Avant de fermer la maison pour l'hiver, lisez notre analyse du gel des canalisations et de ses conditions de prise en charge : elle détaille les obligations exactes de chauffage et de vidange, et les exclusions les plus fréquentes des contrats.

Le vol, enfin, frappe massivement hors saison : les résidences secondaires, repérables à leurs volets clos, sont surreprésentées dans les cambriolages d'automne et d'hiver. Au-delà des protections mécaniques exigées par le contrat, trois habitudes améliorent concrètement l'indemnisation : photographier le mobilier pièce par pièce, conserver les factures hors du logement (numérisées dans un espace en ligne) et désigner un voisin référent qui relève le courrier et signale toute anomalie sans attendre — le délai de déclaration d'un vol n'est que de 2 jours ouvrés.

Extension du contrat principal ou contrat dédié : que choisir ?

Deux montages coexistent : l'extension « résidence secondaire » adossée au contrat de la résidence principale, ou le contrat autonome, éventuellement souscrit auprès d'un autre assureur mieux implanté dans la région du bien.

Les avantages de l'extension

  • Gestion simplifiée : un interlocuteur, une échéance, un espace client
  • Remise multi-contrats quasi systématique (5 à 10 %)
  • Responsabilité civile vie privée déjà incluse, sans doublon de cotisation

Les limites

  • Clause d'inhabitation souvent calquée sur la résidence principale (30 à 60 jours)
  • Capitaux, franchises et options peu ajustables au bien secondaire
  • La résiliation du contrat principal fait tomber l'extension

La méthode que nous recommandons : l'extension convient à un appartement simple, proche de chez vous et utilisé régulièrement. Le contrat dédié s'impose dès que le bien présente une spécificité — piscine, zone littorale ou inondable, capital mobilier supérieur à 15 000 €, location saisonnière, ou vacance dépassant 90 jours consécutifs.

Louer, prêter, fermer : adapter le contrat à l'usage réel

La location saisonnière doit être déclarée à l'assureur, même pour quelques semaines par an. Deux mécanismes protègent alors le propriétaire : la clause d'« abandon de recours », par laquelle son assureur renonce à se retourner contre le vacancier responsable d'un sinistre (surprime modérée, de l'ordre de 10 à 20 %), ou l'exigence d'une garantie villégiature, incluse dans la plupart des multirisques habitation des locataires. Une activité locative régulière via les plateformes peut en revanche être exclue du contrat standard : un simple avenant régularise la situation, bien plus sûrement qu'un silence qui se paierait au moment du sinistre.

Le prêt gracieux à des proches ne pose, lui, aucune difficulté dès lors que leur responsabilité civile vie privée est active. Reste la fermeture saisonnière, moment clé de la vie du contrat :

  • Couper l'eau au compteur et purger les points bas de l'installation
  • Maintenir un chauffage hors gel à 8 °C ou vidanger totalement circuits et chauffe-eau
  • Fermer les volets et activer l'alarme, conformément aux exigences du contrat
  • Photographier le mobilier et stocker les factures hors du logement
  • Organiser un passage régulier : voisin référent ou opération tranquillité vacances en mairie
  • Relire chaque automne la durée d'inoccupation garantie et les mesures de prévention exigées

Pour aller plus loin dans le dossier

1 sous-dossier — niveau 3

Vos questions, nos réponses

FAQ — 5 questions
Peut-on assurer sa résidence secondaire chez le même assureur que sa résidence principale ?

Oui, soit par une extension du contrat principal, soit par un second contrat distinct. L'extension simplifie la gestion et déclenche souvent une remise multi-contrats de 5 à 10 %, mais ses clauses d'inhabitation sont fréquemment calquées sur la résidence principale. Un contrat dédié reste préférable pour un bien avec piscine, en zone exposée ou inoccupé plus de 90 jours consécutifs.

Que se passe-t-il si la maison reste vide plus de 90 jours d'affilée ?

Tout dépend de la clause d'inhabitation de votre contrat : au-delà de la durée garantie (30, 60 ou 90 jours selon les contrats), la garantie vol et vandalisme est suspendue ou l'indemnité réduite, parfois de moitié. Les contrats spécialisés résidence secondaire tolèrent 90 jours ou davantage, voire une vacance illimitée avec des protections renforcées. Vérifiez aussi le mode de décompte : jours consécutifs ou cumul annuel.

Faut-il une assurance spécifique pour louer sa résidence secondaire l'été ?

La location saisonnière doit être déclarée à l'assureur. Deux solutions : ajouter une clause d'abandon de recours contre les vacanciers (surprime de 10 à 20 %) ou exiger de chaque locataire une attestation de garantie villégiature, incluse dans la plupart des multirisques habitation. Sans déclaration, l'assureur peut opposer une exclusion en cas de sinistre survenu pendant la location.

Le gel des canalisations est-il couvert dans une résidence secondaire ?

Oui, à condition de respecter les mesures de prévention imposées par le contrat : maintien d'un chauffage hors gel autour de 8 °C ou vidange complète des installations non chauffées pendant la période hivernale. Faute de preuve de ces précautions, le refus d'indemnisation est la règle. Conservez vos factures d'énergie ou une attestation de vidange pour l'établir.

Combien coûte l'assurance d'une résidence secondaire en 2026 ?

Entre 150 et 250 € par an pour un petit appartement en station, 220 à 520 € pour une maison de campagne selon la formule, et jusqu'à 800 € pour une villa avec piscine en formule renforcée. La surprime par rapport à une résidence principale équivalente atteint 10 à 30 %, justifiée par le risque lié à l'inoccupation.

La rédaction d’assurances.fm Dossier HAB-05 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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