La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Assurance et sous-location : qui couvre quoi, dans quelles limites ?

En sous-location, l'assurance fonctionne en cascade : le locataire principal reste seul responsable envers le bailleur, y compris des dégâts du sous-occupant. Trois couvertures doivent donc s'empiler — sa multirisque habitation étendue à la sous-location, la responsabilité civile du sous-locataire et, en filet, l'assurance du propriétaire.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Remise des clés entre un locataire principal et son sous-locataire autour d'un contrat de sous-location signé
Accord écrit du bailleur, avenant d'assurance et attestation du sous-occupant : le trio qui sécurise la sous-location.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. HAB-04.02
Accord du bailleur
écrit et préalable, obligatoire (art. 8, loi du 6 juillet 1989)
Responsable envers le bailleur
le locataire principal, seul
Assurance du sous-locataire
RC occupant : 15 à 60 € pour quelques mois
Extension MRH sous-location
30 à 90 €/an en 2026
Sous-location non déclarée
indemnité réduite ou nullité (art. L113-8 et L113-9)

Assurance et sous-location : le principe de la responsabilité en cascade

En matière d'assurance, la sous-location obéit à une règle simple : le locataire principal reste seul responsable du logement vis-à-vis du bailleur, y compris des dégâts causés par son sous-locataire. Le sous-occupant n'a aucun lien contractuel avec le propriétaire : s'il inonde l'appartement du dessous ou déclenche un incendie, c'est d'abord l'assurance du locataire principal qui est mobilisée — à charge pour elle de se retourner ensuite contre le sous-locataire ou son assureur.

Encore faut-il que la sous-location soit régulière. L'article 8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 impose l'accord écrit et préalable du bailleur, sur le principe comme sur le montant du loyer, qui ne peut excéder au mètre carré celui payé par le locataire principal. Sans cet accord, la sous-location est dite « sauvage » et les conséquences, côté bail comme côté assurance, sont lourdes.

Locataire principal
Le titulaire du bail, tenu de toutes les obligations envers le bailleur, dont l'assurance des risques locatifs (incendie, explosion, dégâts des eaux).
Sous-locataire
L'occupant qui loue tout ou partie du logement au locataire principal. Il n'est pas « locataire » au sens de la loi de 1989 : ses droits naissent uniquement du contrat de sous-location.
RC occupant
La garantie qui couvre les dommages causés au logement et aux tiers par celui qui l'occupe, même temporairement — la protection minimale à exiger d'un sous-occupant.

Sous-location autorisée : les trois niveaux de couverture à empiler

Une sous-location bien assurée superpose trois protections. Premier niveau : la multirisque habitation du locataire principal, qui doit être informée de la situation. La plupart des assureurs l'acceptent par simple avenant ou via une extension « sous-location » facturée 30 à 90 € par an en 2026 ; certains contrats l'excluent formellement, ce qui impose de changer de formule avant de remettre les clés.

Deuxième niveau : l'assurance du sous-locataire. Aucun texte ne l'y oblige directement, mais le contrat de sous-location doit l'exiger. Une garantie responsabilité civile occupant coûte 15 à 60 € pour quelques mois ; une multirisque « occupant temporaire », qui ajoute la couverture de ses biens personnels, revient à 5 à 15 € par mois. Pour un séjour court, la garantie villégiature de sa propre assurance habitation peut suffire — elle est toutefois limitée, selon les contrats, à 90 jours consécutifs.

Troisième niveau : l'assurance propriétaire non occupant (PNO) du bailleur, filet de sécurité facturé 60 à 250 € par an, qui intervient quand aucune autre garantie ne répond — défaut d'assurance des occupants ou vice de construction, par exemple.

Bon à savoir

Pour les locations meublées de courte durée type plateforme, plusieurs assureurs proposent des extensions « location et sous-location saisonnières ». Les garanties offertes par les plateformes elles-mêmes sont plafonnées et subsidiaires : elles ne remplacent ni la RC du sous-occupant ni la multirisque du locataire principal.

Qui indemnise quoi ? Le partage des rôles en sous-location déclarée

Sinistres en sous-location déclarée : qui prend en charge quoi (2026)
SinistreAssureur du locataire principalAssureur du sous-locataire
Incendie causé par le sous-occupantIndemnise le bailleur puis exerce un recoursOui — prend en charge le recours via la RC occupant
Dégât des eaux chez un voisinGère le sinistre (convention IRSI sous 5 000 €)Rembourse si sa responsabilité est établie
Vol des biens du sous-locataireNon — biens non déclarés au contratOui, avec une multirisque temporaire incluant le vol
Mobilier du locataire principal dégradéRecours contre le sous-occupantRC occupant, dans la limite des plafonds
Sous-loyers impayésNon — risque non couvert par les GLI classiquesNon — dépôt de garantie seul recours

Ce partage suppose que chaque contrat connaisse la sous-location. Un assureur qui découvre l'occupation d'un tiers au moment du sinistre requalifie le dossier : la cascade s'effondre alors sur le seul patrimoine du locataire principal.

Sous-location non déclarée : la double sanction

Côté bail, la sous-location sans accord écrit expose à la résiliation judiciaire et à des dommages-intérêts. La Cour de cassation juge en outre que les sous-loyers perçus sans autorisation appartiennent au bailleur : ils constituent des fruits civils qu'il peut réclamer intégralement (Cass. 3e civ., 12 septembre 2019, n° 18-20.727) — plusieurs milliers d'euros à restituer pour quelques mois de plateforme.

Côté assurance, la sous-location cachée constitue une aggravation de risque non déclarée. Les sanctions sont graduées : règle proportionnelle de l'article L113-9 du Code des assurances (indemnité réduite), refus de garantie si une exclusion vise expressément la sous-location, nullité du contrat pour fausse déclaration intentionnelle (article L113-8). Or un incendie d'immeuble se chiffre couramment en centaines de milliers d'euros de recours des voisins et de leurs assureurs.

Attention

En cas de nullité pour fausse déclaration intentionnelle, les primes payées restent acquises à l'assureur et les indemnités déjà versées peuvent être réclamées. Le locataire principal répond alors sur son patrimoine personnel de tous les dommages causés par le sous-occupant — sans aucun plafond.

Les garanties à exiger par écrit avant de remettre les clés

Un dossier de sous-location solide tient en six pièces, toutes écrites et datées avant l'entrée du sous-occupant.

  • l'accord écrit et préalable du bailleur, sur le principe et sur le loyer ;
  • un contrat de sous-location signé mentionnant la durée, le loyer et l'obligation d'assurance du sous-occupant ;
  • l'attestation de RC occupant (ou de multirisque temporaire) du sous-locataire, à renouveler à chaque échéance ;
  • l'avenant ou l'accord écrit de votre propre assureur sur la sous-location ;
  • un état des lieux d'entrée et de sortie, appuyé de photos datées ;
  • un dépôt de garantie proportionné au mobilier laissé à disposition.
  • se contenter d'une promesse orale d'assurance du sous-occupant ;
  • sous-louer à un loyer au mètre carré supérieur au vôtre ;
  • laisser une simple garantie villégiature couvrir un séjour de plus de 90 jours ;
  • omettre de déclarer les revenus de sous-location, imposables sauf exonérations strictement encadrées par l'administration fiscale.

« La sous-location ne se joue pas au moment du sinistre mais au moment des signatures : un accord du bailleur, un avenant d'assureur et une attestation du sous-occupant suffisent à transformer un montage risqué en solution parfaitement couverte. »

La rédaction assurances.fm

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Le sous-locataire est-il obligé de prendre une assurance habitation ?

La loi ne l'impose pas directement, car le sous-locataire n'est pas locataire au sens de la loi du 6 juillet 1989. Mais le locataire principal a tout intérêt à rendre l'assurance obligatoire dans le contrat de sous-location : une RC occupant coûte 15 à 60 € et évite que les dégâts du sous-occupant ne retombent sur lui seul.

Ma multirisque habitation couvre-t-elle automatiquement la sous-location ?

Non. La plupart des contrats exigent une déclaration préalable, acceptée par avenant ou via une extension facturée 30 à 90 € par an ; certains excluent purement la sous-location. Sans accord de l'assureur, un sinistre survenu pendant la sous-location peut être indemnisé partiellement, voire pas du tout.

Que risque le locataire principal en cas de sinistre pendant une sous-location sauvage ?

Le cumul des sanctions : indemnité réduite ou nulle côté assurance (articles L113-9 et L113-8 du Code des assurances), résiliation du bail, dommages-intérêts et restitution de l'intégralité des sous-loyers au bailleur, position constante de la Cour de cassation depuis 2019. Il reste en outre personnellement débiteur des recours des voisins.

L'assurance PNO du propriétaire protège-t-elle le sous-locataire ?

Non, pas directement. La PNO couvre la responsabilité du bailleur et le bâti quand aucune autre assurance ne répond ; elle n'indemnise ni les biens personnels du sous-occupant ni sa responsabilité civile. Le sous-locataire doit disposer de sa propre garantie pour être protégé.

La rédaction d’assurances.fm Dossier HAB-04.02 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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