La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Assurance vie non réclamée : récupérer les capitaux en déshérence

Une assurance vie non réclamée est un capital devenu exigible que personne n'est venu percevoir. Depuis la loi Eckert, ces contrats en déshérence sont transférés à la Caisse des dépôts après dix ans, puis à l'État après trente. Deux services gratuits, l'AGIRA et Ciclade, permettent de les retrouver — à condition d'agir à temps.

Dossier Épargne & emprunt Lecture 4 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Des mains feuillettent un dossier de papiers de famille et un contrat d'assurance à la recherche d'un capital d'assurance vie non réclamé
Un contrat oublié dans de vieux papiers : la loi Eckert et les services Ciclade et AGIRA existent pour que ce capital revienne à son bénéficiaire.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. VIE-06.03.02
Définition
Capital d'assurance vie exigible (décès ou terme) jamais versé au bénéficiaire
Loi de référence
Loi Eckert du 13 juin 2014, en vigueur depuis le 1er janvier 2016
Transfert à la Caisse des dépôts
Après 10 ans sans réclamation
Acquisition par l'État
Après 30 ans au total (déchéance trentenaire)
Où chercher
AGIRA (contrat récent) puis Ciclade (fonds transférés) — gratuit

Assurance vie non réclamée : de quoi parle-t-on ?

Une assurance vie non réclamée est un contrat dont le capital est devenu exigible — au décès de l'assuré ou à l'échéance prévue — mais que personne n'est venu percevoir. Le bénéficiaire ignore souvent l'existence du contrat, a perdu la trace de l'assureur, ou n'a jamais été retrouvé. On parle alors de contrat « en déshérence ».

Le phénomène n'a rien d'anecdotique : les encours d'assurance vie non réclamés se comptent en milliards d'euros, dormant chez les assureurs ou déjà transférés à la Caisse des dépôts. Un bénéficiaire non informé, un déménagement, un divorce ou un simple oubli suffisent à laisser un capital sans propriétaire. La loi a donc organisé un parcours précis pour que ces sommes reviennent à leurs ayants droit.

Bon à savoir

Vérifier si vous êtes un bénéficiaire oublié prend quelques minutes et ne coûte rien. Deux services publics gratuits, l'AGIRA et Ciclade, couvrent à eux deux la quasi-totalité des contrats en déshérence.

La loi Eckert : ce qui a changé pour les contrats oubliés

La loi Eckert du 13 juin 2014, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, a mis fin à une situation où des capitaux pouvaient dormir indéfiniment. Elle impose désormais aux assureurs des obligations strictes pour identifier les assurés décédés et rechercher activement les bénéficiaires, sous le contrôle du régulateur.

Trois obligations majeures encadrent aujourd'hui les contrats non réclamés :

  • Consulter chaque année le répertoire national d'identification des personnes physiques (RNIPP) pour repérer les assurés décédés ;
  • Rechercher les bénéficiaires et les informer dès qu'un contrat est dénoué ;
  • Revaloriser le capital jusqu'à son versement, puis transférer les fonds non réclamés à la Caisse des dépôts au bout de dix ans.

Conséquence directe pour l'épargnant : les frais ne peuvent plus grignoter un capital en attente. La revalorisation est obligatoire, ce qui protège la valeur des sommes en déshérence jusqu'à leur récupération.

Dix ans, puis trente : le compte à rebours du capital

Un capital non réclamé suit un calendrier légal en deux temps. Pendant dix ans à compter du décès de l'assuré (ou du terme du contrat), les fonds restent chez l'assureur, qui doit rechercher le bénéficiaire. Passé ce délai, ils sont transférés à la Caisse des dépôts et consignations, qui les conserve vingt ans de plus. Au terme de ces trente années, les sommes jamais réclamées sont définitivement acquises à l'État.

Le parcours d'un capital d'assurance vie non réclamé
Période après le décèsDétenteur des fondsComment le retrouver
0 à 10 ansL'assureurSaisine de l'AGIRA
10 à 30 ansCaisse des dépôtsRecherche sur Ciclade
Au-delà de 30 ansL'ÉtatCapital perdu

Le chiffre

30 ans

Le délai de déchéance au terme duquel un capital d'assurance vie jamais réclamé devient définitivement la propriété de l'État. C'est la limite absolue pour agir.

Retrouver un capital oublié : l'AGIRA d'abord, Ciclade ensuite

La bonne piste dépend de l'ancienneté du décès. Pour un contrat récent, l'assureur détient encore les fonds : c'est l'AGIRA qu'il faut saisir. Pour un décès de plus de dix ans, le capital a probablement rejoint la Caisse des dépôts : direction Ciclade. En cas de doute, interrogez les deux, gratuitement.

  1. Réunissez les informations sur le défunt.

    Nom, prénoms, dates de naissance et de décès, et si possible l'acte de décès. Ces éléments conditionnent la réussite de la recherche.

  2. Saisissez l'AGIRA pour les contrats récents.

    Cette recherche gratuite interroge tous les assureurs français ; si un contrat vous désigne, la compagnie vous contacte sous un mois.

  3. Interrogez Ciclade pour les sommes transférées.

    Le service en ligne de la Caisse des dépôts recense les avoirs inactifs. La recherche par nom est gratuite et immédiate sur le site officiel Ciclade.

  4. Fournissez les justificatifs et récupérez le capital.

    Une fois identifié comme bénéficiaire, transmettez les pièces demandées : le versement intervient sous un mois.

Éviter la déshérence : les bons réflexes

La meilleure protection reste la prévention, du côté du souscripteur comme du bénéficiaire. Quelques gestes simples suffisent à éviter qu'un capital ne se perde.

  • Informer ses bénéficiaires de l'existence du contrat, sans forcément en révéler le montant
  • Rédiger une clause bénéficiaire précise et la mettre à jour après chaque événement familial
  • Signaler tout changement d'adresse à son assureur
  • Conserver les références du contrat avec ses papiers importants

À l'inverse, certaines négligences favorisent la déshérence :

  • Désigner « mes héritiers » sans précision, puis oublier de réviser la clause
  • Garder le secret absolu sur un contrat que personne ne pourra réclamer
  • Ignorer un courrier d'assureur cherchant à identifier un bénéficiaire

Attention

Le délai de trente ans est un couperet : au-delà, aucun recours ne permet de récupérer le capital, devenu propriété de l'État. Au moindre doute sur un proche disparu, lancez la recherche sans attendre plutôt que de laisser filer les années.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 3 questions
Comment savoir si une assurance vie n'a pas été réclamée à mon profit ?

Deux recherches gratuites se complètent. Pour un décès de moins de dix ans, saisissez l'AGIRA, qui interroge tous les assureurs français. Pour un décès plus ancien, dont le capital a pu être transféré à la Caisse des dépôts, lancez une recherche par nom sur le service public Ciclade. En cas de doute, faites les deux : aucune des deux démarches n'engage à rien.

Un capital d'assurance vie non réclamé peut-il être définitivement perdu ?

Oui, mais seulement au bout de trente ans. Pendant les dix premières années, les fonds sont chez l'assureur ; ils passent ensuite vingt ans à la Caisse des dépôts, où ils restent réclamables. Au terme de ces trente années, la déchéance trentenaire s'applique et le capital devient définitivement la propriété de l'État, sans recours possible.

La recherche sur Ciclade et à l'AGIRA est-elle payante ?

Non, ces deux services publics sont entièrement gratuits. Aucun organisme officiel ne facture la recherche ni la restitution d'un capital en déshérence. Soyez vigilant face aux sociétés privées qui proposent de « débloquer » votre argent contre une commission : elles se contentent d'effectuer à votre place une démarche que vous pouvez mener seul, sans frais.

La rédaction d’assurances.fm Dossier VIE-06.03.02 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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