La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
Accueil Professionnels assurance cyber assurance ransomware ransomware que faire Réf. CYB-02.01 — Niveau 3

Attaque ransomware : que faire dans les premières heures ?

En cas d’attaque ransomware, trois réflexes sauvent l’entreprise dans la première heure : isoler les machines sans les éteindre, ne pas payer et alerter l’assistance de crise de votre assurance cyber. Le plan d’action heure par heure, les erreurs à éviter et le rôle de la cellule de crise incluse dans le contrat.

Dossier Professionnels Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Responsable informatique débranchant le câble réseau d’un ordinateur bloqué par un rançongiciel dans un bureau français, collègues mobilisés en arrière-plan
Le premier geste face à un rançongiciel : isoler la machine du réseau sans l’éteindre, pour préserver preuves et données.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. CYB-02.01
Premier geste
Isoler du réseau sans éteindre (préserver la mémoire et les preuves)
À ne pas faire
Éteindre, payer seul, restaurer sur un système infecté, communiquer trop tôt
Appel prioritaire
L’assistance de crise 24/7 de votre assurance cyber
Délai légal
Plainte sous 72 h (art. L12-10-1) et notification CNIL sous 72 h si fuite de données
Priorité technique
Restaurer depuis des sauvegardes saines, jamais payer en premier
Ressource officielle
cybermalveillance.gouv.fr pour l’orientation et le dépôt de plainte

Attaque ransomware : que faire dans la première heure ?

Face à un rançongiciel, trois réflexes priment dans les premières minutes : isoler les machines sans les éteindre, ne rien payer et ne contacter personne seul, et alerter immédiatement l’assistance de crise de votre assurance cyber. L’ordre des opérations détermine tout : une réaction maîtrisée transforme un arrêt de trois semaines en arrêt de trois jours.

Un rançongiciel chiffre vos fichiers et affiche une demande de rançon. La panique pousse à deux erreurs symétriques : tout éteindre en urgence, ce qui détruit des preuves, ou payer vite pour « en finir », ce qui ne garantit rien et vous désigne comme cible. La bonne conduite est méthodique, et l’assurance cyber en est le pivot puisqu’elle mobilise pour vous des experts dès le premier appel.

1re hfenêtre décisive pour limiter la propagation du chiffrement
72 hdélai légal pour déposer plainte et notifier la CNIL si besoin
18 jdurée médiane d’indisponibilité sans plan de réponse préparé

Les réflexes des premières heures, dans l’ordre

Suivez cette séquence sans en inverser les étapes : chacune conditionne la suivante et préserve à la fois vos données, vos preuves et votre droit à indemnisation.

  1. Isoler sans éteindre.

    Débranchez du réseau les machines touchées (câble, Wi-Fi, VPN) mais ne les arrêtez pas : la mémoire vive contient des preuves et parfois des clés utiles à l’investigation.

  2. Couper les accès partagés.

    Suspendez les connexions distantes, isolez les serveurs de sauvegarde et coupez les liens vers le cloud pour stopper la propagation du chiffrement.

  3. Appeler l’assistance de crise de l’assureur.

    C’est l’appel prioritaire : la cellule prend la main, mobilise investigateurs, juristes et négociateurs, et vous évite les faux pas irréversibles.

  4. Ne pas contacter les attaquants.

    Aucun échange, aucune négociation et surtout aucun paiement en direct : cette phase relève exclusivement des négociateurs mandatés.

  5. Préserver les preuves.

    Photographiez les écrans de rançon, conservez les journaux, notez l’heure des premiers signes : ces éléments servent à la plainte et à l’indemnisation.

  6. Déposer plainte sous 72 heures.

    Le dépôt de plainte dans les 72 heures est la condition légale du remboursement d’une éventuelle rançon (article L12-10-1 du Code des assurances).

  7. Notifier la CNIL si des données ont fuité.

    En cas de vol de données personnelles, la notification à la CNIL est due sous 72 heures ; la cellule de crise rédige la déclaration avec vous.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Autant que les bons réflexes, ce sont les erreurs évitées qui sauvent l’entreprise. Quatre gestes instinctifs aggravent presque toujours la situation :

  • Éteindre ou redémarrer les machines : vous détruisez des preuves et pouvez perdre des données encore récupérables ;
  • Payer la rançon de votre propre initiative : sans accord de l’assureur ni plainte, vous perdez tout droit à indemnisation ;
  • Restaurer sur un système encore infecté : le rançongiciel rechiffrera vos sauvegardes fraîchement remontées ;
  • Communiquer publiquement trop tôt : une annonce prématurée, avant maîtrise des faits, aggrave le préjudice d’image.

Attention

Payer une rançon sans l’accord préalable de l’assureur ou engager un prestataire de restauration non référencé peut vous faire perdre l’indemnisation. La négociation et le paiement éventuel passent obligatoirement par la cellule de crise du contrat, après dépôt de plainte.

Isoler sans éteindre : la règle d’or expliquée

Déconnecter n’est pas éteindre, et la nuance est capitale. Couper l’alimentation d’un poste chiffré efface la mémoire vive, où se trouvent parfois la clé de déchiffrement, l’identifiant de la souche et les traces de l’intrusion. Ces éléments permettent aux experts d’identifier le rançongiciel, de vérifier l’existence d’un déchiffreur gratuit et de comprendre le point d’entrée pour éviter une seconde vague.

La bonne pratique consiste donc à isoler physiquement du réseau (retirer le câble, désactiver le Wi-Fi, couper le VPN) tout en laissant la machine allumée, puis à attendre les instructions de la cellule de crise. Le même principe vaut pour les sauvegardes : on les déconnecte pour les protéger, on ne les restaure pas avant d’avoir la certitude que le réseau est assaini.

Bon à savoir

Des sauvegardes déconnectées, saines et testées changent radicalement l’issue d’une attaque : elles permettent de restaurer sans jamais payer et raccourcissent l’arrêt d’activité. C’est aussi le premier élément que vérifie l’assureur avant d’indemniser.

Le rôle de l’assistance de crise incluse dans l’assurance

La valeur d’une assurance cyber se mesure à la réactivité de sa cellule de crise 24/7. Dès votre appel, elle coordonne une équipe pluridisciplinaire qui remplace l’expertise que vous n’avez pas en interne : spécialistes de l’investigation numérique, juristes, négociateurs et communicants de crise. Cette assistance est incluse dans le contrat, sans s’imputer sur le plafond d’indemnisation.

Le déroulé des premières 72 heures avec l’assistance de crise
MomentAction prioritaireQui intervient
H+0 à H+1Isoler sans éteindre, appeler la hotline de l’assureurVous et la cellule de crise
H+1 à H+6Investigation, périmètre de l’attaque, confinementExperts en réponse à incident
H+6 à H+24Évaluation des sauvegardes, stratégie de restaurationTechniciens et assureur
Sous 72 hDépôt de plainte, notification CNIL, communication cadréeJuristes et communicants

Concrètement, enregistrez dès aujourd’hui le numéro d’urgence de votre assureur hors du système informatique (sur papier, sur un téléphone personnel), car en pleine attaque votre messagerie et votre annuaire peuvent être inaccessibles. Le réflexe d’appeler la bonne personne dans la première heure vaut mieux que n’importe quel plan théorique.

Après la crise : restaurer, déclarer et renforcer

Une fois l’attaque contenue, l’objectif est de repartir sur des bases saines et d’activer pleinement votre couverture. La sortie de crise se joue en trois temps :

  • Restaurer les systèmes depuis des sauvegardes vérifiées, après assainissement complet du réseau ;
  • Déclarer le sinistre à l’assureur dans le délai contractuel et réunir les justificatifs de pertes d’exploitation ;
  • Corriger la faille exploitée et réaliser un retour d’expérience pour éviter la récidive.

Pour l’orientation et le dépôt de plainte, le dispositif public cybermalveillance.gouv.fr recense les prestataires de confiance, et la CNIL précise les modalités de notification en cas de violation de données. L’assurance prend le relais pour les pertes d’exploitation, la restauration et, le cas échéant, l’accompagnement juridique.

« Dans une attaque par rançongiciel, les décisions des soixante premières minutes pèsent plus que tout le reste : on isole sans éteindre, on n’appelle pas l’attaquant, on appelle son assureur. Le sang-froid vaut mieux que la vitesse. »

La rédaction assurances.fm

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Que faire en premier lors d’une attaque ransomware ?

Isolez immédiatement les machines touchées du réseau — câble, Wi-Fi, VPN — mais sans les éteindre, afin de préserver la mémoire vive et les preuves. Coupez ensuite les accès partagés et les sauvegardes pour stopper la propagation, puis appelez sans attendre l’assistance de crise de votre assurance cyber, qui prend la main sur la suite des opérations.

Faut-il éteindre les ordinateurs infectés ?

Non. Éteindre ou redémarrer une machine chiffrée efface la mémoire vive, où se trouvent parfois la clé de déchiffrement et les traces de l’intrusion, et peut détruire des données encore récupérables. La bonne pratique est d’isoler la machine du réseau tout en la laissant allumée, puis d’attendre les instructions des experts.

Faut-il payer la rançon ?

Les autorités et les assureurs le déconseillent : payer ne garantit ni la récupération des données ni l’absence de publication, finance l’écosystème criminel et fait de vous une cible récurrente. Ne payez jamais de votre propre initiative : la décision, si elle est envisagée, se prend avec les négociateurs de l’assureur et suppose un dépôt de plainte sous 72 heures pour être légalement remboursable.

Quand alerter l’assurance et déposer plainte ?

Appelez l’assistance de crise dès la première heure, avant tout prestataire non référencé et avant tout contact avec l’attaquant. Déposez plainte dans les 72 heures : c’est la condition légale du remboursement d’une éventuelle rançon (article L12-10-1 du Code des assurances) et, en cas de fuite de données personnelles, notifiez la CNIL dans le même délai.

La rédaction d’assurances.fm Dossier CYB-02.01 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
Vérifié
assurances.fm
juillet 2026