La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Capital décès imposable ou pas : la fiscalité expliquée simplement

Capital décès imposable ou pas ? Dans l'immense majorité des cas, la réponse est rassurante : les capitaux décès de la Sécurité sociale et de la fonction publique sont totalement exonérés, et ceux des contrats de prévoyance échappent à l'impôt sur le revenu, avec un abattement successoral de 152 500 € par bénéficiaire. Seules les rentes — rente de conjoint, rente éducation — sont imposables comme des pensions.

Dossier Santé & prévoyance Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Bénéficiaire vérifiant la fiscalité d'un capital décès sur ses documents et son avis d'imposition
La plupart des capitaux décès sont versés nets : aucun montant à reporter sur la déclaration de revenusPhoto — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. DCS-03.02
Capital Sécurité sociale
Exonéré d'impôt, de CSG-CRDS et de droits de succession
Capital fonction publique
Exonération totale, tous prélèvements
Prévoyance — primes avant 70 ans
Abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % (art. 990 I)
Prévoyance — primes après 70 ans
Abattement global de 30 500 €, puis droits de succession (art. 757 B)
Conjoint ou partenaire de Pacs
Jamais taxé (loi TEPA 2007)
Rentes de conjoint et d'éducation
Imposables à l'IR comme des pensions

Capital décès imposable ou pas : la réponse en bref

Un capital décès n'est pratiquement jamais imposable à l'impôt sur le revenu : qu'il vienne de la Sécurité sociale, d'un employeur public ou d'un contrat de prévoyance, il est versé en une fois et ne se déclare pas dans les revenus du bénéficiaire. La vraie question fiscale se joue ailleurs, sur le terrain successoral : selon l'origine du capital et l'âge auquel les cotisations ont été payées, une taxation peut s'appliquer au-delà d'abattements généreux — 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, 30 500 € au global après.

Trois familles de situations résument tout le paysage 2026 : les capitaux des régimes obligatoires (Sécurité sociale, fonction publique, régimes des indépendants), exonérés de bout en bout ; les capitaux des contrats d'assurance et de prévoyance, exonérés d'impôt sur le revenu mais soumis aux articles 990 I et 757 B du CGI, avec exonération totale du conjoint ; et les rentes, seules véritablement imposables, car versées de façon périodique comme un revenu de remplacement.

À retenir

Capital versé en une fois : pas d'impôt sur le revenu, fiscalité successorale seulement au-delà des abattements — et jamais pour le conjoint ou le partenaire de Pacs. Rente versée chaque mois ou chaque trimestre : imposable comme une pension.

Les capitaux décès totalement exonérés

Les prestations des régimes obligatoires cumulent toutes les exonérations : ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux, ni droits de succession, ni mention dans la déclaration de succession.

  • Le capital décès de la Sécurité sociale, versé par la CPAM aux proches d'un salarié décédé en activité : montant forfaitaire de l'ordre de 4 000 € en 2026, revalorisé chaque 1er avril.
  • Le capital décès de la fonction publique, égal à une année de rémunération brute pour un agent décédé en activité, majorations pour enfants comprises.
  • Le capital décès des travailleurs indépendants, servi par la Sécurité sociale des indépendants : 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale pour un actif, soit environ 9 600 € en 2026, et 8 % pour un retraité.
  • Le capital des exploitants agricoles versé par la MSA, sur le même modèle.

Le chiffre

0 €

de prélèvement, quelle que soit la somme : les capitaux décès des régimes obligatoires sont insaisissables par le fisc — aucune case à remplir, aucun droit à payer, aucun impact sur le revenu fiscal de référence.

Prévoyance et assurance décès : ce que prélèvent les articles 990 I et 757 B

Le capital d'un contrat de prévoyance — garantie décès d'entreprise, temporaire décès, vie entière — est lui aussi exonéré d'impôt sur le revenu. Sa fiscalité éventuelle est successorale et dépend de l'âge de l'assuré lors du paiement des primes. Avant 70 ans, l'article 990 I applique un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € taxables et de 31,25 % au-delà. Après 70 ans, l'article 757 B soumet les primes — pas le capital — aux droits de succession après un abattement global de 30 500 €.

Capital décès : imposable ou pas selon sa source (2026)
Source du capitalImpôt sur le revenuFiscalité successorale
Sécurité sociale, fonction publique, indépendants, MSANonAucune
Prévoyance collective d'entrepriseNonArt. 990 I : taxation au-delà de 152 500 € par bénéficiaire
Assurance décès individuelle (primes avant 70 ans)NonAssiette limitée à la dernière prime annuelle : 0 € en pratique
Contrat alimenté après 70 ansNonArt. 757 B : droits de succession sur les primes au-delà de 30 500 €
Rente de conjoint ou rente éducationOui — régime des pensionsSans objet

Deux règles adoucissent encore ce tableau. D'une part, le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont exonérés de toute taxation depuis la loi TEPA du 21 août 2007, quels que soient les montants. D'autre part, pour les contrats de prévoyance pure à cotisations périodiques, l'assiette du 990 I se limite à la dernière prime annuelle versée avant 70 ans : quelques centaines d'euros, toujours absorbées par l'abattement. Un capital de 300 000 € issu d'une temporaire décès parvient donc intégralement net à un enfant bénéficiaire.

Rentes de conjoint et rentes éducation : la vraie zone imposable

La situation change lorsque la prévoyance verse une rente périodique plutôt qu'un capital. La rente de conjoint et la rente éducation servies par un contrat collectif sont imposables à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des pensions et rentes à titre gratuit, après l'abattement de 10 % commun aux pensions, et supportent les prélèvements sociaux des revenus de remplacement. Elles doivent figurer chaque année sur la déclaration — les organismes les préremplissent en principe.

Ce traitement n'en fait pas de mauvais outils, au contraire : une rente éducation de 300 à 600 € par mois et par enfant sécurise un budget d'études sur la durée, et l'imposition effective reste faible pour un foyer dont les revenus ont chuté après le décès. Le bon arbitrage se raisonne en net : un capital défiscalisé mais consommé vite, contre une rente imposable mais garantie jusqu'aux 25 ans de l'enfant.

Déclarer ou pas : les démarches selon la source du capital

Les obligations déclaratives sont légères et pèsent rarement sur le bénéficiaire.

  1. Capital d'un régime obligatoire : rien à faire.

    Le capital CPAM, fonction publique ou indépendants ne figure ni sur la déclaration de revenus ni dans la déclaration de succession.

  2. Capital de prévoyance, primes avant 70 ans : l'assureur s'occupe de tout.

    Il calcule et prélève lui-même l'éventuelle taxe de 20 % avant versement ; vous percevez un montant net.

  3. Primes versées après 70 ans : formulaire 2705-A.

    Les bénéficiaires déposent cette déclaration partielle de succession auprès du service fiscal du domicile du défunt ; le certificat délivré (acquittement ou non-exigibilité) débloque le paiement par l'assureur. Le formulaire est disponible sur impots.gouv.fr.

  4. Rentes : reporter chaque année.

    Vérifiez le montant prérempli en case pensions de la déclaration annuelle et corrigez-le si besoin.

  • Ne déclarez pas un capital décès en traitement ou salaire : il n'est pas un revenu
  • N'attendez pas le règlement de la succession pour réclamer le capital : les deux procédures sont indépendantes
  • Ne confondez pas capital décès et indemnités journalières dues au défunt, qui suivent une autre fiscalité

En cas de doute sur un contrat ancien ou sur des primes versées à cheval sur les 70 ans de l'assuré, demandez à l'assureur le décompte fiscal du contrat : il détaille la ventilation entre 990 I et 757 B et vous évite toute erreur, l'établissement payeur étant responsable du prélèvement.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Faut-il déclarer le capital décès de la CPAM aux impôts ?

Non. Le capital décès de la Sécurité sociale est exonéré d'impôt sur le revenu, de CSG-CRDS et de droits de succession : il n'apparaît ni sur la déclaration de revenus du bénéficiaire, ni dans la déclaration de succession déposée chez le notaire. Vous percevez le montant forfaitaire en totalité, sans aucun prélèvement.

Le capital décès versé par la prévoyance de l'employeur est-il imposable ?

Il échappe à l'impôt sur le revenu mais relève de l'article 990 I du CGI : chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, puis un prélèvement de 20 % s'applique, directement retenu par l'assureur. Le conjoint et le partenaire de Pacs sont exonérés en toutes circonstances. En pratique, la grande majorité des capitaux d'entreprise, souvent compris entre une et quatre années de salaire, sont versés sans aucune taxation.

La rente éducation versée à mes enfants est-elle imposable ?

Oui. Contrairement aux capitaux, les rentes éducation et de conjoint sont imposables à l'impôt sur le revenu comme des pensions, après abattement de 10 %, et supportent les prélèvements sociaux des revenus de remplacement. Rattachées au foyer fiscal qui perçoit la rente, elles restent toutefois faiblement taxées lorsque les revenus du foyer ont diminué après le décès.

Mon conjoint peut-il être taxé sur un capital décès très élevé ?

Non. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont totalement exonérés du prélèvement de l'article 990 I comme des droits de succession de l'article 757 B, sans aucun plafond. Même un capital de plusieurs centaines de milliers d'euros lui parvient net de toute fiscalité.

La rédaction d’assurances.fm Dossier DCS-03.02 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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