La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Départ d'un colocataire : que devient l'assurance habitation ?

Le départ d'un colocataire ne résilie pas l'assurance habitation : le contrat continue, mais il doit être mis à jour par avenant dans les 15 jours. Le sortant fait retirer son nom (ou résilie s'il est souscripteur), les restants déclarent l'éventuel remplaçant — une démarche gratuite chez la plupart des assureurs.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 6 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Un colocataire charge ses cartons dans une camionnette devant l'immeuble, aidé par ses anciens colocataires
Le départ d'un colocataire impose une mise à jour du contrat d'assurance dans les 15 jours.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. HAB-04.01
Démarche clé
avenant à demander à l'assureur sous 15 jours (art. L113-2)
Coût de l'avenant
gratuit à 30 € selon les assureurs
Résiliation du sortant
art. L113-16 (effet 1 mois) ou infra-annuelle après 1 an
Prix moyen coloc 2026
180 à 320 €/an pour un T3 en contrat unique
Solidarité du bail
jusqu'à 6 mois après le préavis sans remplaçant (loi ALUR)
Risque si rien n'est fait
indemnité réduite — règle proportionnelle (art. L113-9)

Départ d'un colocataire : ce que devient l'assurance habitation

Le départ d'un colocataire ne met pas fin à l'assurance habitation : le contrat continue de courir, mais il ne correspond plus à la réalité du risque déclaré. Vous devez donc le mettre à jour — ou le résilier — dans les 15 jours qui suivent le changement, comme l'exige l'article L113-2 du Code des assurances pour toute circonstance nouvelle. La bonne démarche dépend d'un seul critère : la façon dont la colocation est assurée.

Deux organisations coexistent en France. Dans le contrat unique — le montage le plus répandu —, un colocataire souscrit une multirisque habitation pour le compte de la colocation et tous les occupants sont nommés au contrat. Dans le montage à contrats individuels, chaque colocataire détient sa propre assurance couvrant au minimum les risques locatifs (incendie, explosion, dégâts des eaux), obligation posée par l'article 7 g de la loi du 6 juillet 1989.

  • Contrat unique, le souscripteur part : le contrat doit être repris par un colocataire restant (nouvelle souscription ou changement de souscripteur), faute de quoi le logement se retrouve sans couverture à la prochaine échéance ;
  • Contrat unique, un colocataire nommé part : un simple avenant retire son nom et ajoute, le cas échéant, celui du remplaçant ;
  • Contrats individuels : le partant résilie le sien, le remplaçant souscrit le sien, les restants n'ont rien à faire.

Bon à savoir

Un colocataire qui n'est pas nommé au contrat unique n'est pas assuré. S'il provoque un incendie ou un dégât des eaux, l'assureur peut refuser de mobiliser la garantie responsabilité civile pour son compte, puis se retourner contre lui personnellement après avoir indemnisé les victimes.

Colocataire sortant : résilier, transférer ou faire retirer son nom

Si vous êtes le souscripteur, vous disposez de trois leviers. Le plus simple est le transfert : l'assureur déplace le contrat vers votre nouveau logement par avenant, avec recalcul de la prime selon la surface et la commune. Vous pouvez aussi résilier pour changement de domicile sur le fondement de l'article L113-16 du Code des assurances : notification dans les 3 mois suivant le déménagement, résiliation effective 1 mois plus tard, avec remboursement de la prime au prorata de la période non courue. Enfin, si le contrat a plus d'un an, la résiliation infra-annuelle joue à tout moment, sans frais ni justification.

Si vous n'êtes pas le souscripteur, demandez par écrit le retrait de votre nom et conservez la confirmation de l'assureur : c'est elle qui matérialise la fin de votre qualité d'assuré — et de votre part de cotisation si vous la remboursiez aux autres. Pensez surtout à assurer votre nouveau logement dès la remise des clés : l'attestation vous sera réclamée à la signature du bail suivant.

Colocataires restants : l'avenant à demander sous 15 jours

Pour ceux qui restent, la démarche tient en un avenant. Contactez l'assureur, indiquez la date de départ, le nom du sortant et, s'il y a un remplaçant, son identité complète. L'avenant est gratuit chez la plupart des assureurs ; quelques compagnies facturent 15 à 30 € de frais de dossier. La prime peut être ajustée dans les deux sens : baisse si le nombre d'occupants et le capital mobilier diminuent, hausse si le remplaçant apporte des biens de valeur ou exerce une activité à domicile.

L'arrivée d'un remplaçant se déclare à deux interlocuteurs : l'assureur, par avenant au contrat, et le bailleur, par avenant au bail signé de tous. Un remplaçant absent du contrat est un occupant inconnu de l'assureur : sa responsabilité civile n'est pas garantie et ses biens n'entrent pas dans le capital mobilier indemnisable.

Attention

Ne rien déclarer expose toute la colocation à la règle proportionnelle de l'article L113-9 du Code des assurances : en cas de sinistre, l'indemnité est réduite dans le rapport entre la prime payée et celle qui aurait été due. Une omission volontaire peut même entraîner la nullité du contrat (article L113-8), primes conservées par l'assureur.

Contrat unique ou contrats individuels : les démarches comparées

Démarches d'assurance selon l'organisation de la colocation (2026)
SituationContrat uniqueContrats individuels
Le souscripteur quitte le logementChangement de souscripteur ou nouvelle souscription par un restantIl résilie son contrat, les autres ne font rien
Un colocataire nommé partAvenant de retrait de nom, gratuit à 30 €Résiliation L113-16 ou infra-annuelle
Un remplaçant arriveAvenant d'ajout de nom, mise à jour du capital mobiliersouscription : 60 à 130 €/an
Personne ne remplace le partantprime recalculée : − 5 à − 15 %Aucune démarche pour les restants
Risque si rien n'est faitIndemnité réduite, occupant non couvertLogement partiellement non assuré

Le contrat unique reste le plus économique et le plus simple à gérer au quotidien, mais chaque mouvement dans la colocation impose un avenant. Les contrats individuels multiplient les cotisations — comptez 60 à 130 € par an et par personne en 2026 — en échange d'une indépendance totale : le départ de l'un ne fragilise jamais la couverture des autres.

Les 5 démarches dans l'ordre

  1. Datez le départ.

    L'état des lieux de sortie ou l'avenant au bail fixe la date opposable à l'assureur ; c'est elle qui fait courir le délai de déclaration de 15 jours.

  2. Prévenez l'assureur par écrit.

    Espace client, courriel ou lettre recommandée : indiquez le nom du sortant, la date effective et l'identité de l'éventuel remplaçant.

  3. Mettez le contrat à jour.

    Vérifiez le capital mobilier déclaré, le nombre d'occupants et les garanties optionnelles (vol, bris de glace, objets de valeur) devenues inutiles — ou manquantes.

  4. Récupérez la nouvelle attestation.

    Transmettez-la au bailleur : il peut l'exiger chaque année et à chaque changement de colocataire, et le nom de chaque occupant doit y figurer.

  5. Le partant s'assure ailleurs.

    Son nouveau contrat doit prendre effet le jour de la remise des clés du logement suivant, sans un seul jour de carence.

Prime, solidarité, dépôt de garantie : les questions d'argent

Une multirisque habitation pour une colocation de trois personnes en T3 ou T4 coûte entre 180 et 320 € par an en 2026 selon la ville, la surface et le capital mobilier ; le départ d'un colocataire sans remplaçant fait généralement baisser la prime de 5 à 15 %. La répartition de la cotisation entre occupants relève d'un accord privé : l'assureur ne connaît qu'un payeur, le souscripteur, à qui il incombe de récupérer les quotes-parts.

Ne confondez pas assurance et solidarité locative. La clause de solidarité du bail, encadrée par la loi ALUR du 24 mars 2014, maintient l'obligation du sortant au paiement du loyer jusqu'à 6 mois après la fin de son préavis si aucun remplaçant ne le relève. Rien de tel côté assurance : dès que son nom est retiré du contrat, le sortant ne doit plus rien — et n'est plus couvert. Le texte de référence qui régit la colocation, la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, est consultable en version consolidée sur Légifrance.

Le chiffre

6 mois

C'est la durée maximale pendant laquelle un colocataire sorti reste solidaire du loyer en l'absence de remplaçant (loi ALUR). Sa couverture d'assurance, elle, s'arrête dès le retrait de son nom du contrat : deux horloges différentes à ne pas confondre.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Le colocataire qui part doit-il résilier l'assurance habitation ?

Seulement s'il est le souscripteur du contrat unique ou s'il détient un contrat individuel. Dans le premier cas, il transfère le contrat vers son nouveau logement, le fait reprendre par un colocataire restant ou le résilie (article L113-16 ou résiliation infra-annuelle). S'il est simplement nommé au contrat, un avenant de retrait de nom suffit.

L'assurance de la colocation devient-elle plus chère après un départ ?

Rarement. Avec un occupant de moins et un capital mobilier réduit, la prime baisse le plus souvent de 5 à 15 %. Elle peut en revanche augmenter si le remplaçant apporte des biens de valeur, exerce une activité professionnelle à domicile ou si les garanties sont revues à la hausse à cette occasion.

Que se passe-t-il si le remplaçant n'est jamais déclaré à l'assureur ?

Il occupe le logement sans y être assuré : sa responsabilité civile n'est pas garantie et ses biens ne sont pas couverts. En cas de sinistre, l'assureur peut appliquer la règle proportionnelle de l'article L113-9 et réduire l'indemnité de toute la colocation, voire invoquer la nullité du contrat si l'omission était volontaire.

Le bailleur peut-il exiger une nouvelle attestation après le changement ?

Oui. L'article 7 g de la loi du 6 juillet 1989 lui permet de réclamer une attestation d'assurance chaque année et à chaque évolution de la colocation. À défaut d'assurance, il peut souscrire un contrat pour le compte des locataires et leur en refacturer la prime, majorée dans la limite fixée par décret.

La rédaction d’assurances.fm Dossier HAB-04.01 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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