La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Franchise d’assurance copropriété : qui la paie en cas de sinistre ?

Qui paie la franchise de l'assurance copropriété après un sinistre ? La règle de principe est simple : la franchise du contrat d'immeuble est supportée par le syndicat des copropriétaires et répartie entre tous aux tantièmes de charges générales. Elle ne peut être imputée au seul copropriétaire à l'origine du sinistre que si le règlement de copropriété le prévoit expressément ou si sa faute est démontrée.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 6 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Dégât des eaux dans les parties communes d'un immeuble, cas typique où se pose la question de la franchise d'assurance copropriété
Après un sinistre en parties communes, la franchise devient une charge commune répartie aux tantièmesPhoto — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. COP-02.01
Règle de principe
franchise payée par le syndicat, répartie aux tantièmes
Exception
imputation au copropriétaire responsable si le règlement de copropriété le prévoit
Franchise dégâts des eaux 2026
300 à 600 € par sinistre en moyenne
Franchise catastrophe naturelle
380 € (légale) ; 1 520 € pour la sécheresse
Convention applicable
IRSI pour les dégâts des eaux et incendies < 5 000 € HT

Qui paie la franchise de l'assurance copropriété ? La règle de principe

La franchise prévue au contrat multirisque immeuble est payée par le syndicat des copropriétaires, souscripteur du contrat : lorsque l'assureur indemnise un sinistre touchant les parties communes, il déduit la franchise de l'indemnité, et la somme restant à charge constitue une charge commune répartie entre tous les copropriétaires aux tantièmes de charges générales. Un immeuble de 1 000 tantièmes qui supporte une franchise de 500 € après une fuite en toiture verra ainsi le copropriétaire détenant 85/1000 payer 42,50 €, via les charges courantes ou un appel de fonds dédié.

Cette règle s'applique même lorsque le sinistre trouve son origine dans un lot privatif : sauf stipulation contraire, la franchise n'est pas une sanction mais une modalité contractuelle d'indemnisation, et la jurisprudence refuse de la faire peser d'office sur le copropriétaire chez qui la fuite est née. C'est tout l'enjeu des clauses de réimputation, examinées ci-dessous.

Copropriétaire responsable : quand la franchise peut lui être imputée

L'imputation de la franchise au copropriétaire à l'origine du sinistre n'est possible que dans deux hypothèses. Première hypothèse : le règlement de copropriété contient une clause expresse prévoyant que la franchise reste à la charge du copropriétaire dont le lot ou les équipements privatifs sont à l'origine du dommage — clause parfaitement licite et de plus en plus fréquente dans les règlements récents ou modifiés. Seconde hypothèse : une faute prouvée du copropriétaire ou de son locataire (robinet laissé ouvert, travaux non conformes, défaut d'entretien caractérisé d'un équipement privatif), qui permet au syndicat d'engager sa responsabilité civile et de récupérer la franchise comme n'importe quel préjudice.

À retenir

Sans clause du règlement de copropriété et sans faute démontrée, la franchise reste une charge commune, même si le sinistre vient d'un lot privatif. Une simple décision d'assemblée générale imputant la franchise au « responsable » au cas par cas est fragile juridiquement : la modification durable de la répartition passe par une clause en bonne et due forme.

Dégâts des eaux : ce que change la convention IRSI

Pour les dégâts des eaux et incendies dont les dommages sont inférieurs à 5 000 € HT par local — l'écrasante majorité des sinistres d'immeuble —, les assureurs appliquent depuis le 1er juin 2018 la convention IRSI. Elle désigne un assureur gestionnaire unique : celui de l'occupant du local sinistré (ou celui de l'immeuble pour les parties communes). Deux tranches structurent l'indemnisation : jusqu'à 1 600 € HT, l'assureur gestionnaire indemnise son assuré et renonce à tout recours ; entre 1 600 € et 5 000 € HT, il indemnise puis exerce un recours contre l'assureur du responsable.

Conséquence pratique pour la franchise : chaque assuré se voit appliquer la franchise de son propre contrat. Un copropriétaire dont le plafond est abîmé par la fuite du voisin est indemnisé par son assureur habitation, franchise de son contrat déduite — de nombreux contrats la suppriment d'ailleurs lorsque l'assuré n'est pas responsable. Le syndicat, lui, ne supporte sa franchise que si les parties communes sont touchées et que son contrat est mobilisé.

Bon à savoir

Quand la convention IRSI s'applique et qu'un tiers est clairement responsable, l'assureur qui a indemnisé peut récupérer la franchise de son assuré dans son recours. Pensez à le demander expressément lors de la déclaration : la récupération de la franchise n'est pas toujours automatique.

Montants 2026 et scénarios types : le tableau récapitulatif

Les franchises des contrats d'immeuble sont librement négociées, à deux exceptions près : les franchises légales du régime des catastrophes naturelles, fixées par arrêté et non rachetables.

Qui paie la franchise selon le sinistre (copropriété, 2026)
Scénario de sinistreQui supporte la franchiseMontant courant
Fuite de toiture endommageant la cage d'escalierSyndicat — répartition aux tantièmes300 à 600 €
Dégât des eaux d'un lot privatif vers un autre lot (IRSI)Chaque assuré, selon la franchise de son propre contrat0 à 250 €
Sinistre né d'un lot, clause de réimputation au règlementCopropriétaire à l'origine du dommage300 à 600 €
Catastrophe naturelle (inondation) en parties communesSyndicat — franchise légale, aux tantièmes380 €
Sécheresse : fissures sur le gros œuvreSyndicat — franchise légale majorée, aux tantièmes1 520 €
Vandalisme sur la porte du hallSyndicat — répartition aux tantièmes200 à 400 €

Trois notions reviennent dans les contrats et méritent d'être distinguées :

Franchise absolue
Montant systématiquement déduit de l'indemnité. C'est la formule standard des contrats d'immeuble : 500 € de franchise sur 4 000 € de dommages donnent 3 500 € d'indemnité.
Franchise relative (ou simple)
Aucune indemnisation sous le seuil, indemnisation intégrale au-delà. Rare en multirisque immeuble, elle subsiste dans certaines garanties annexes.
Franchise proportionnelle
Exprimée en pourcentage du dommage, avec un plancher et un plafond (par exemple 10 %, minimum 400 €, maximum 2 000 €). Fréquente sur les garanties événements climatiques.

Après le sinistre : sécuriser la prise en charge en quatre étapes

  1. Déclarer dans les délais.

    Le syndic déclare le sinistre à l'assureur de l'immeuble sous 5 jours ouvrés (2 jours ouvrés en cas de vol, 30 jours après publication de l'arrêté pour une catastrophe naturelle). Chaque occupant touché déclare en parallèle à son propre assureur.

  2. Identifier l'origine et conserver les preuves.

    Recherche de fuite, photos, constat amiable dégât des eaux : c'est ce dossier qui déterminera l'application de la convention IRSI et un éventuel recours contre le responsable.

  3. Vérifier l'imputation de la franchise.

    Avant de valider la répartition des charges, le conseil syndical contrôle le décompte de l'assureur et relit le règlement de copropriété : une clause de réimputation change qui paie.

  4. Exercer le recours si un responsable est identifié.

    Le syndicat réclame la franchise au copropriétaire fautif ou à son assureur, en même temps que les dommages non couverts. Passé ce cadre amiable, l'action se prescrit par cinq ans.

Arbitrer le niveau de franchise en assemblée générale

La franchise est un levier tarifaire à double tranchant : la relever de 500 € à 1 500 € par sinistre réduit la prime annuelle de 10 à 15 %, mais expose le budget de la copropriété à des restes à charge répétés si l'immeuble est sinistrogène. Le bon arbitrage se calcule sur la sinistralité réelle : un immeuble déclarant un sinistre tous les deux ans peut absorber une franchise haute et empocher l'économie de prime ; un immeuble à trois dégâts des eaux par an a intérêt à une franchise basse — et surtout à des travaux sur ses colonnes. Le conseil syndical gagne à faire figurer chaque année à l'ordre du jour la double question du montant de franchise et du relevé de sinistralité : c'est la seule façon de voter la prime en connaissance de cause.

  • Demander à l'assureur le relevé de sinistralité et le total des franchises supportées sur trois ans ;
  • Comparer l'économie de prime d'une franchise relevée au coût moyen annuel des franchises payées ;
  • Vérifier la présence d'une clause de réimputation dans le règlement de copropriété, et la faire ajouter si besoin lors d'une prochaine modification ;
  • Provisionner la franchise catastrophes naturelles dans le budget si l'immeuble est en zone exposée.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
La franchise de l'assurance copropriété peut-elle être répercutée sur un locataire ?

Non, pas directement : la franchise du contrat d'immeuble est une charge du syndicat, donc du propriétaire, et ne figure pas parmi les charges récupérables. En revanche, si le locataire est personnellement responsable du sinistre — négligence prouvée —, le syndicat ou le bailleur peut se retourner contre lui et son assureur pour récupérer la somme.

Qui paie la franchise en cas de catastrophe naturelle dans l'immeuble ?

Pour les dommages aux parties communes, le syndicat supporte la franchise légale — 380 € pour la plupart des événements, 1 520 € pour la sécheresse-réhydratation des sols — répartie entre copropriétaires aux tantièmes. Ces montants sont fixés par arrêté : ils ne peuvent être ni rachetés ni négociés. Chaque copropriétaire supporte par ailleurs la même franchise légale sur son contrat pour ses parties privatives.

Le syndicat peut-il récupérer la franchise auprès du copropriétaire responsable ?

Oui, dans deux cas : si le règlement de copropriété contient une clause imputant la franchise au copropriétaire dont le lot est à l'origine du sinistre, ou si sa faute est établie (défaut d'entretien, négligence). À défaut, la franchise reste une charge commune répartie aux tantièmes, même quand l'origine du sinistre est privative.

Peut-on supprimer la franchise du contrat de la copropriété ?

Beaucoup d'assureurs proposent le rachat de franchise sur les garanties courantes, moyennant une surprime de 10 à 20 %. Le calcul n'est rentable que pour les immeubles à sinistralité fréquente. En revanche, les franchises légales du régime des catastrophes naturelles ne sont jamais rachetables, quel que soit le contrat.

La rédaction d’assurances.fm Dossier COP-02.01 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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