La franchise en assurance emprunteur, qu'est-ce que c'est ?
La franchise d'assurance emprunteur est le nombre de jours d'arrêt de travail qui restent à votre charge avant que l'assureur ne commence à payer vos mensualités. Avec une franchise de 90 jours, votre contrat ne verse rien pendant les trois premiers mois d'incapacité : la prise en charge démarre au 91e jour. Ce délai concerne les garanties liées à l'arrêt de travail — ITT et invalidité — et non le décès, indemnisé sans franchise.
C'est un curseur essentiel, car il agit sur deux plans opposés. Plus la franchise est courte, plus vous êtes couvert tôt, mais plus la cotisation grimpe. Plus elle est longue, plus vous économisez, mais plus vous devez tenir seul au début du sinistre. Bien la régler, c'est trouver le point d'équilibre entre votre protection et votre budget.
Bon à savoir
La franchise se compte en jours consécutifs d'arrêt, à partir du premier jour. Certains contrats appliquent un décompte « continu », d'autres « discontinu » (cumul de plusieurs arrêts pour une même pathologie) : ce détail figure dans les conditions générales.
30, 90 ou 180 jours : quel impact sur votre cotisation ?
Allonger la franchise réduit la prime, parfois nettement. Passer de 30 à 180 jours peut faire baisser le coût de la garantie ITT de 10 à 20 %, car l'assureur écarte les arrêts courts, de loin les plus fréquents. À l'inverse, une franchise très courte se paie au prix fort.
| Franchise | Effet sur la prime | Profil adapté |
|---|---|---|
| 15 à 30 jours | La plus élevée | Indépendants, TNS, sans maintien de salaire |
| 60 à 90 jours | Intermédiaire | Salariés du privé, cadres |
| 120 à 180 jours | La plus basse | Fonctionnaires, forte épargne de précaution |
Attention toutefois à ne pas raisonner sur la seule prime. Une franchise de 180 jours choisie sans épargne suffisante vous expose à six mois de mensualités à assumer seul, en pleine perte de revenus. Le bon calcul consiste à comparer l'économie annuelle de cotisation au montant que vous devriez avancer en cas d'arrêt long : si l'écart de prime reste faible, une franchise plus courte est souvent le choix le plus prudent.
Caler sa franchise sur son maintien de salaire
La bonne franchise dépend d'abord de ce que verse votre employeur pendant l'arrêt. L'idée : ne pas payer pour une couverture qui double une protection déjà acquise. Faites coïncider la fin de votre maintien de salaire avec le début de l'indemnisation de l'assurance.
- Salarié cadre. De nombreuses conventions collectives maintiennent le plein salaire pendant 90 jours. Une franchise de 90 jours suffit alors souvent : vous n'êtes à découvert à aucun moment.
- Salarié non-cadre. Le maintien est plus court ; une franchise de 30 à 60 jours limite le trou de revenus.
- Fonctionnaire. Le plein traitement est maintenu jusqu'à 3 mois, parfois davantage selon le statut : une franchise longue de 120 à 180 jours reste cohérente.
- Indépendant, profession libérale, TNS. Sans maintien de salaire, chaque jour compte : privilégiez une franchise courte, de 15 à 30 jours.
Un dernier réflexe : interrogez votre service des ressources humaines ou consultez votre convention collective pour connaître la durée exacte du maintien à plein traitement, puis à demi-traitement. C'est cette donnée, bien plus que le prix affiché, qui doit guider le réglage de votre franchise.
Attention
Ne confondez pas la franchise avec le délai de carence : la carence est la période, en début de contrat, pendant laquelle une garantie ne s'applique pas encore. La franchise, elle, s'applique à chaque sinistre, pendant toute la vie du contrat.
Franchise, carence, délai de déclaration : ne pas confondre
Trois délais coexistent dans un contrat d'assurance emprunteur, et les mélanger conduit à de mauvaises surprises. Voici la distinction utile.
- Franchise
- Jours d'arrêt non indemnisés au début de chaque sinistre. Réglable de 15 à 180 jours, elle influe directement sur la prime.
- Délai de carence
- Période initiale, après la souscription, pendant laquelle certaines garanties (perte d'emploi, parfois dos et psy) ne jouent pas encore.
- Délai de déclaration
- Temps dont vous disposez pour signaler le sinistre à l'assureur, souvent 30 à 60 jours. Le dépasser peut réduire l'indemnisation.
Quelle franchise choisir selon votre profil ?
La règle d'or : franchise courte si vous n'avez aucun filet, franchise longue si vous êtes déjà couvert ou disposez d'une épargne solide. Passez ces points en revue avant de signer ou de renégocier votre contrat.
- Vérifiez la durée exacte de votre maintien de salaire (convention collective, statut).
- Estimez votre épargne de précaution : peut-elle couvrir 3 à 6 mensualités ?
- Alignez la franchise sur la fin du maintien de salaire pour éviter tout découvert.
- Comparez, en délégation, le gain de prime obtenu en allongeant la franchise.
Franchise longue (120-180 j)
- Cotisation réduite
- Idéale avec un bon maintien de salaire
- Pertinente avec une épargne solide
Franchise courte (15-30 j)
- Protection quasi immédiate
- Indispensable pour les indépendants
- Cotisation plus élevée