Franchise dégât des eaux : définition et montants moyens en 2026
La franchise dégât des eaux est la somme qui reste à votre charge après un sinistre : l'assureur la déduit directement de l'indemnité versée — vous n'avez donc jamais de chèque à établir. En 2026, elle s'échelonne entre 120 et 200 € sur la plupart des contrats multirisques habitation, et son montant exact figure noir sur blanc dans vos conditions particulières.
Le chiffre
150 €franchise médiane constatée en 2026 sur les contrats multirisques habitation pour un dégât des eaux. Les formules d'entrée de gamme grimpent à 300 €, les contrats haut de gamme descendent à 0 €.
| Type de contrat | Franchise constatée | Cotisation annuelle indicative |
|---|---|---|
| Formule économique | 200 à 300 € | 100 à 160 € |
| Formule standard | 120 à 180 € | 160 à 260 € |
| Formule haut de gamme | 0 à 90 € | 260 à 450 € |
| Option rachat de franchise | 0 € | + 10 à 30 € sur la cotisation |
Trois mécanismes de franchise coexistent, et seul le premier est la norme en dégât des eaux :
- Franchise absolue
- Montant fixe systématiquement déduit de l'indemnité, quel que soit le coût du sinistre. C'est le standard des contrats habitation.
- Franchise relative
- Rien n'est déduit si les dommages dépassent son montant ; aucune indemnité en dessous. Devenue rare en habitation.
- Franchise proportionnelle
- Pourcentage de l'indemnité, encadré par un plancher et un plafond. On la rencontre surtout sur les contrats d'immeuble en copropriété.
Bon à savoir
Ne confondez pas dégât des eaux et inondation : si l'eau provient d'une crue reconnue catastrophe naturelle, c'est la franchise légale de 380 € qui s'applique — un montant fixé par arrêté, identique chez tous les assureurs et non rachetable.
Qui doit payer la franchise ?
La règle est simple : la franchise est supportée par l'assuré dont le contrat verse l'indemnité. Or, depuis la convention IRSI, c'est presque toujours votre propre assureur qui vous indemnise, y compris quand la fuite vient d'ailleurs : votre franchise s'applique donc par défaut, que vous soyez responsable ou victime. Elle se déduit une seule fois par sinistre, jamais poste par poste.
Deux exemples concrets. Votre lave-linge fuit et abîme votre parquet : votre contrat joue, votre franchise est déduite. Le voisin du dessus inonde votre plafond : votre assureur gestionnaire vous indemnise et déduit là aussi votre franchise — sauf à activer l'un des recours détaillés ci-dessous.
Locataire ou victime non responsable : pouvez-vous récupérer la franchise ?
Oui, dans deux situations bien identifiées, qui dépendent du montant des dommages :
- Dommages jusqu'à 1 600 € HT (tranche 1 IRSI) : votre assureur n'exerce aucun recours contre la compagnie du responsable — la convention prévoit un abandon de recours pour fluidifier les petits dossiers. Vous conservez en revanche un recours personnel contre le responsable (voisin, bailleur, syndicat des copropriétaires) sur le fondement de l'article 1240 du Code civil : une lettre recommandée réclamant le montant de la franchise, adressée au responsable ou à son assureur de responsabilité civile, aboutit dans la majorité des cas ;
- Dommages de 1 600 à 5 000 € HT (tranche 2) : votre assureur exerce un recours contre l'assureur du responsable. De nombreux contrats prévoient alors le remboursement de votre franchise lorsque le recours aboutit — vérifiez la clause et réclamez le versement par écrit s'il tarde.
À retenir
Victime non responsable, ne renoncez jamais à votre franchise sans vérification : recours personnel en tranche 1, remboursement après recours en tranche 2. Le bon réflexe : une lettre recommandée dès réception de l'indemnité, pièces du dossier à l'appui.
Cas particulier du locataire dont le logement est endommagé par un défaut du bâti — toiture fuyarde, canalisation encastrée vétuste : la responsabilité incombe au propriétaire. Réclamez la franchise au bailleur ou à son assureur propriétaire non occupant, en joignant le rapport de recherche de fuite qui établit l'origine.
Copropriété : quelle franchise pour quel contrat ?
Deux contrats peuvent intervenir sur un même sinistre : le vôtre, pour les embellissements et le mobilier, et le contrat multirisque immeuble souscrit par le syndicat, pour les parties communes et souvent le bâti des parties privatives. Les franchises des contrats d'immeuble sont sensiblement plus élevées : comptez 300 à 800 € par sinistre dégât des eaux, parfois exprimées en pourcentage des dommages.
Qui la supporte ? La franchise du contrat immeuble constitue une charge commune, répartie entre tous les copropriétaires aux tantièmes — sauf si le règlement de copropriété ou une décision d'assemblée générale permet de l'imputer au copropriétaire à l'origine du sinistre, une pratique de plus en plus répandue pour responsabiliser les défauts d'entretien. Pour vos dommages privatifs gérés par votre propre assureur au titre de l'IRSI, c'est en revanche votre franchise personnelle qui s'applique, dans les conditions vues plus haut.
Trois leviers pour réduire ou éviter la franchise
- Souscrire l'option rachat de franchise (10 à 30 € par an) : rentabilisée dès le premier sinistre, elle se justifie pleinement dans les immeubles anciens et aux étages intermédiaires, les plus exposés aux dégâts des eaux ;
- Comparer la franchise, pas seulement la cotisation, à chaque échéance : la résiliation infra-annuelle permet de changer de contrat habitation à tout moment après un an, sans frais ni pénalité ;
- Exercer systématiquement le recours personnel quand un tiers est responsable : la franchise est un préjudice indemnisable comme un autre, et une simple lettre recommandée suffit souvent à en obtenir le remboursement.
Un dernier point de vigilance : certains contrats majorent ou doublent la franchise en cas de sinistres répétés dans l'année, ou lorsque le logement est resté inoccupé au-delà de la durée prévue par la clause d'inhabitation — souvent 60 ou 90 jours consécutifs. Relisez ces deux clauses avant toute longue absence.