La liste officielle des chiens de catégorie 1 et 2
La liste des chiens de catégorie 1 et 2 ne concerne, en réalité, que quatre types de chiens : l’American Staffordshire terrier (souvent appelé « pitbull » ou « amstaff »), le Mastiff (« boerbull »), le Tosa et le Rottweiler. Ce sont leur morphologie et leur inscription — ou non — à un livre généalogique qui déterminent la catégorie.
Cette classification découle de la loi du 6 janvier 1999 et de l’arrêté du 27 avril 1999. Elle distingue la catégorie 1, dite des chiens d’attaque, de la catégorie 2, celle des chiens de garde et de défense. Aucune autre race n’est officiellement catégorisée en France.
Cette liste est fermée : elle n’a pas évolué depuis 1999 et aucune race « à la mode » ne s’y ajoute automatiquement. C’est une source fréquente de malentendus, car de nombreux chiens costauds ou à réputation sulfureuse n’y figurent pas, tandis que de simples croisements peuvent, eux, y entrer par leur seule morphologie.
À retenir
Un chien n’est pas catégorisé « par sa race » au sens strict, mais par sa ressemblance morphologique à l’un de ces types, combinée à son inscription ou non au Livre des origines français (LOF).
Catégorie 1 et catégorie 2 : la différence tient au LOF
La ligne de partage principale est l’inscription au LOF. Un chien non inscrit à un livre généalogique reconnu bascule en catégorie 1 ; le même type de chien, inscrit au LOF, relève de la catégorie 2. Le Rottweiler fait exception : il est en catégorie 2 qu’il soit inscrit ou non.
| Critère | Catégorie 1 (chiens d’attaque) | Catégorie 2 (garde et défense) |
|---|---|---|
| Inscription LOF | Non inscrits | Inscrits (sauf Rottweiler) |
| Types concernés | Pitbull, boerbull, tosa non LOF | Amstaff LOF, Rottweiler, tosa LOF |
| Acquisition / vente / don | Interdits | Autorisés |
| Stérilisation | Obligatoire | Non obligatoire |
| Lieux publics | Interdits (sauf voie publique, muselé et tenu en laisse) | Autorisés, muselé et tenu en laisse |
Conséquence concrète : un chiot de catégorie 1 ne peut plus être légalement acheté, vendu ou donné depuis 1999. Les chiens de catégorie 1 encore détenus sont ceux acquis avant cette date ou nés de mères déjà détenues, obligatoirement stérilisés pour éviter toute reproduction.
Les quatre types de chiens concernés
Derrière les catégories se cachent quatre types morphologiques bien identifiés. Voici ce que recouvre chacun d’eux.
- American Staffordshire terrier
- Le fameux « amstaff ». Non inscrit au LOF, il est de catégorie 1 (« pitbull ») ; inscrit au LOF, il passe en catégorie 2.
- Mastiff (boerbull)
- Chien de type molossoïde massif. Non inscrit au LOF, il relève de la catégorie 1. À ne pas confondre avec le Mastiff de race reconnu, inscrit au LOF.
- Tosa
- Chien japonais de type combat. Non inscrit au LOF, il est en catégorie 1 ; inscrit au LOF, en catégorie 2.
- Rottweiler
- Toujours classé en catégorie 2, qu’il soit inscrit au LOF ou non, dès lors qu’il présente la morphologie de la race.
À noter : les appellations courantes « pitbull » et « boerbull » ne désignent pas des races reconnues mais des types morphologiques. C’est pourquoi la loi raisonne en « types de chiens susceptibles d’être dangereux » plutôt qu’en races strictes — un point décisif pour comprendre pourquoi un croisement peut être concerné.
Comment savoir si mon chien est catégorisé ?
La catégorie dépend de deux éléments : la morphologie de l’animal et la présence, ou non, d’un pedigree LOF. En cas de doute, seule une expertise permet de trancher.
- Vérifiez la ressemblance morphologique.
Votre chien évoque-t-il l’un des quatre types ci-dessus ? Sinon, il n’est pas catégorisé.
- Contrôlez le pedigree.
Un certificat de naissance ou pedigree LOF valide oriente vers la catégorie 2 plutôt que la 1.
- Faites confirmer en cas de doute.
Un vétérinaire ou la mairie peut apprécier le classement au regard de la morphologie de l’animal adulte.
Bon à savoir
Un croisement peut être catégorisé s’il présente la morphologie d’un type listé. À l’inverse, un chien qui ressemble à un molosse mais n’entre dans aucun des quatre types (ex. un Cane Corso) n’est pas catégorisé.
Ces races souvent confondues mais NON catégorisées
De nombreuses races à l’allure imposante ne sont pas soumises à la législation sur les chiens dangereux. Les confondre avec un chien catégorisé est une erreur fréquente, aux conséquences bien réelles.
- Le Staffordshire bull terrier (« staffie ») — souvent confondu avec l’amstaff, mais non listé.
- Le Cane Corso et le Dogue de Bordeaux.
- Le Dogue argentin et le Bull terrier.
- Le Berger allemand, le Berger belge malinois et le Dobermann.
Un maître de staffie peut ainsi se voir réclamer à tort un permis de détention, tandis qu’un propriétaire de croisé molossoïde peut ignorer qu’il relève, lui, de la catégorie 1. Ces chiens restent soumis aux règles générales (identification, tenue en laisse selon les arrêtés municipaux), mais échappent au permis de détention, à la muselière obligatoire et à la stérilisation imposée aux catégorisés.
Obligations et assurance des chiens catégorisés
Détenir un chien de catégorie 1 ou 2 impose un cadre strict : permis de détention délivré en mairie, attestation d’aptitude du maître, évaluation comportementale du chien, identification, vaccination antirabique et, pour la catégorie 1, stérilisation.
Une assurance responsabilité civile spécifique est également obligatoire (article L211-14 du Code rural) : elle couvre les dommages causés aux tiers par l’animal. Beaucoup de contrats habitation excluent les chiens catégorisés, d’où la nécessité d’une garantie dédiée, dont le coût s’échelonne généralement de 80 à 150 € par an.
Ces obligations n’ont pas pour but d’interdire ces chiens, mais d’encadrer leur détention. Le détail des règles applicables aux catégories 1 et 2 est présenté sur service-public.gouv.fr.
En pratique, l’assurance responsabilité civile est la première formalité à régler : sans attestation d’assurance en cours de validité, le dossier de permis de détention est incomplet et la mairie ne peut pas délivrer le permis. Vérifiez donc, avant même d’adopter, qu’un assureur accepte de couvrir la race concernée.
Attention
Sortir un chien de catégorie 1 ou 2 sans muselière ni laisse sur la voie publique, ou le détenir sans permis, expose à une amende pouvant atteindre 3 750 € et à la confiscation de l’animal.