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Accueil Vie quotidienne protection juridique litige consommation Réf. PJU-03 — Niveau 2

Litige de consommation : achats, artisans, e-commerce

Un litige de consommation vous oppose à un professionnel après un achat raté : produit défectueux, chantier bâclé, voyage annulé. La loi vous protège par trois garanties gratuites et cumulables, et la plupart des conflits se règlent sans juge — par une mise en demeure puis la médiation de la consommation, elle aussi gratuite. Voici la méthode pour obtenir réparation, étape par étape.

Dossier Vie quotidienne Lecture 8 min Mise à jour juillet 2026 2 sous-dossiers
Une consommatrice constate un défaut sur un produit livré, facture et téléphone en main, prête à faire valoir ses droits
Produit défectueux ou livraison endommagée : la garantie légale de conformité couvre l'achat pendant deux ans.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. PJU-03
Cadre légal
Code de la consommation (art. L217-3) et Code civil (art. 1641)
Garantie légale de conformité
2 ans (défaut présumé d'origine : 24 mois en neuf, 12 mois en occasion)
Vices cachés
Action possible dans les 2 ans suivant la découverte du défaut
Médiation de la consommation
Gratuite pour le consommateur (art. L611-1)
Tribunal compétent
Juge des contentieux de la protection, jusqu'à 10 000 €
Avocat obligatoire ?
Non en dessous de 10 000 € ; procédure sans frais de greffe
Rétractation e-commerce
14 jours sans motif (art. L221-18)

Litige de consommation : ce que la loi garantit face à un professionnel

Un litige de consommation naît dès qu'un désaccord vous oppose à un professionnel après un achat de bien ou de service : produit défectueux, commande jamais livrée, chantier bâclé, séjour annulé, abonnement impossible à résilier. Dans ces situations, le Code de la consommation fait pencher l'équilibre de votre côté. Le professionnel est tenu de vous délivrer un bien conforme et exempt de défaut, puis de le réparer, le remplacer ou le rembourser lorsque ce n'est pas le cas. Vous n'avez presque jamais à prouver sa faute : c'est à lui de démontrer qu'il a rempli ses obligations.

La grande majorité de ces conflits se règle sans juge. Une réclamation écrite, puis une mise en demeure appuyée sur le bon article de loi, suffisent à débloquer la plupart des dossiers ; la médiation de la consommation, gratuite, traite l'essentiel du reste. Le tribunal ne devient nécessaire que dans une minorité de cas, et le plus souvent sans avocat obligatoire. Tout l'enjeu consiste à actionner les bons leviers, dans le bon ordre.

À retenir

Trois garanties légales se cumulent gratuitement avec n'importe quelle garantie commerciale : la garantie légale de conformité, la garantie des vices cachés et l'obligation de délivrance conforme. Aucune n'est payante et aucune clause du contrat ne peut vous en priver.

Les trois garanties légales qui vous protègent

Trois fondements juridiques distincts vous permettent d'exiger réparation, et ils se cumulent : vous choisissez celui qui sert le mieux votre situation. Bien les distinguer, c'est déjà gagner la moitié du litige.

La garantie légale de conformité (articles L217-3 et suivants du Code de la consommation) couvre tout bien neuf ou d'occasion acheté à un professionnel pendant 2 ans. Sur cette période, le moindre défaut est présumé exister depuis l'origine — 24 mois pour un produit neuf, 12 mois pour un bien d'occasion — sans que vous ayez à le démontrer. Vous pouvez exiger d'abord la réparation ou le remplacement, puis le remboursement si ces solutions échouent. Toute réparation réalisée à ce titre prolonge la garantie de 6 mois. Le détail de ce droit est présenté sur service-public.fr.

La garantie des vices cachés (article 1641 du Code civil) s'applique à tout achat, y compris entre particuliers, quand un défaut grave et invisible au moment de la vente rend le bien impropre à son usage. Vous disposez de 2 ans à compter de la découverte du vice pour agir. Ce régime est décisif pour les biens durables, à commencer par l'automobile.

La garantie commerciale, enfin, est l'extension facultative et payante proposée par le vendeur ou le fabricant. Elle s'ajoute aux deux précédentes sans jamais les remplacer : refuser ou souscrire une extension ne retire aucun de vos droits légaux.

Les garanties mobilisables selon votre litige
GarantieBase légaleDélai pour agirCe que vous pouvez exiger
ConformitéArt. L217-3 C. conso.2 ans après l'achatRéparation, remplacement, puis remboursement
Vices cachésArt. 1641 C. civ.2 ans après la découverteAnnulation de la vente ou baisse du prix
Délivrance conformeArt. L216-1 C. conso.Selon le contratLivraison, résolution, remboursement sous 14 jours
Garantie commercialeContrat de venteDurée souscriteSelon les conditions du vendeur

Obtenir réparation, étape par étape

La bonne stratégie consiste à monter en pression progressivement, en gardant une trace écrite de chaque démarche. Chaque étape franchie renforce votre dossier pour la suivante.

  1. Adressez une réclamation écrite.

    Exposez le problème par courriel ou via le service client, en citant la garantie invoquée et la solution attendue : réparation, remplacement ou remboursement. Conservez la date, elle marque le point de départ du litige.

  2. Envoyez une mise en demeure en recommandé.

    Sans réponse satisfaisante sous 8 à 15 jours, adressez une lettre recommandée avec accusé de réception rappelant l'article de loi applicable et fixant un délai ferme. Ce courrier est un préalable indispensable à toute action ultérieure.

  3. Signalez le professionnel et saisissez le médiateur.

    Tout professionnel doit vous indiquer le médiateur de la consommation dont il relève. Sa saisine est gratuite et suspend les délais de prescription. En parallèle, un signalement à la répression des fraudes documente la pratique.

  4. Tentez une conciliation de justice.

    Pour les litiges inférieurs à 5 000 €, une tentative de résolution amiable est obligatoire avant de saisir le juge (article 750-1 du Code de procédure civile). Le conciliateur de justice est gratuit et souvent efficace.

  5. Saisissez le juge des contentieux de la protection.

    En dernier recours, ce juge du tribunal judiciaire traite les litiges de consommation jusqu'à 10 000 €, sans frais de greffe et sans avocat obligatoire. Une simple requête suffit à le saisir.

La médiation de la consommation : la voie gratuite avant le juge

La médiation de la consommation est le passage le plus efficace entre l'amiable et le tribunal, et elle ne vous coûte rien. Instituée par les articles L611-1 et suivants du Code de la consommation, elle est obligatoirement proposée par tout professionnel, qui doit financer et mentionner son médiateur sur ses factures, son site ou ses conditions générales. Vous le saisissez après une première réclamation restée sans réponse pendant un an au plus.

Le médiateur dispose de 90 jours pour proposer une solution, que vous restez libre d'accepter ou de refuser. La démarche interrompt les délais de prescription et, en cas d'échec, ouvre la voie au juge sans que rien ne soit perdu. Pour un litige avec un vendeur établi dans un autre pays de l'Union européenne, le Centre européen des consommateurs prend le relais gratuitement.

Bon à savoir

Le service public SignalConso, géré par la répression des fraudes, permet de signaler un professionnel en quelques minutes sur signal.conso.gouv.fr. Le professionnel est informé et peut répondre : dans de nombreux cas, le simple signalement déclenche une régularisation.

E-commerce, artisan, voiture d'occasion : les litiges les plus fréquents

Quelques situations concentrent l'essentiel des réclamations, chacune avec ses règles propres. Les identifier permet de viser d'emblée le bon fondement juridique.

En achat en ligne, vous bénéficiez d'un délai de rétractation de 14 jours sans motif (article L221-18 du Code de la consommation) et d'un remboursement sous 14 jours après le retour. En cas de non-livraison, vous pouvez exiger la livraison sous un délai raisonnable puis, à défaut, la résolution de la vente et le remboursement intégral.

Face à un artisan, malfaçons, chantier abandonné ou devis largement dépassé relèvent des garanties du bâtiment et de la responsabilité contractuelle ; la marche à suivre pour faire constater les désordres et obtenir réparation est détaillée dans notre guide des travaux mal faits et des recours contre un artisan défaillant.

Pour un véhicule d'occasion qui tombe en panne peu après l'achat, c'est le régime du défaut caché qui s'applique, avec ses conditions d'expertise et de délai particulières : nous l'expliquons en détail dans notre dossier sur le vice caché d'une voiture d'occasion et le remboursement. Enfin, pour un voyage à forfait annulé ou dénaturé, le Code du tourisme impose à l'agence un remboursement sous 14 jours et, selon les cas, une indemnisation.

2 ansdurée de la garantie légale de conformité sur tout achat
14 joursdélai de rétractation et de remboursement en e-commerce
10 000 seuil jusqu'auquel le juge statue sans avocat obligatoire

Aller au tribunal : juge compétent, coût et délais

Si l'amiable échoue, le litige relève du juge des contentieux de la protection, rattaché au tribunal judiciaire, pour toute demande jusqu'à 10 000 €. La saisine se fait par requête, sans frais de greffe et sans avocat obligatoire : vous exposez les faits, chiffrez votre demande et joignez vos pièces — contrat, factures, courriers, photos et, le cas échéant, rapport d'expertise. Au-delà de 10 000 €, le tribunal judiciaire est compétent et la représentation par avocat devient la règle.

Comptez en moyenne 6 à 12 mois pour obtenir un jugement en première instance. Le principal poste de dépense reste l'expertise, lorsqu'elle est nécessaire : 300 à 900 € pour un bien de consommation, davantage pour un véhicule ou un chantier. C'est précisément là qu'une assurance protection juridique change tout : elle finance l'expertise, l'avocat et le commissaire de justice, et son juriste mène la phase amiable à votre place.

Le chiffre

0 €

C'est le coût, pour vous, de la médiation de la consommation comme de la conciliation de justice. Ces deux dispositifs gratuits règlent la majorité des litiges sans jamais passer par un procès.

Les réflexes qui font gagner un litige

Un litige se gagne d'abord par la méthode et par la trace écrite. Voici les gestes qui font la différence, et ceux qui ruinent un dossier.

  • Conservez chaque preuve : bon de commande, facture, échanges écrits, photos datées.
  • Écrivez toujours plutôt que d'appeler, et gardez copie de chaque courrier.
  • Citez l'article de loi précis dans votre mise en demeure.
  • Respectez les délais : 2 ans pour la conformité, 5 ans pour la plupart des actions civiles.
  • Saisissez le médiateur avant le juge : c'est gratuit et cela renforce votre position.
  • N'acceptez pas un avoir imposé à la place du remboursement auquel vous avez droit.
  • Ne laissez pas passer le délai de 2 ans de la garantie de conformité sans agir.
  • Ne réglez pas la totalité d'un chantier tant que les réserves ne sont pas levées.

Attention

Une protection juridique ne couvre jamais un litige né avant sa souscription : elle doit être en place avant le conflit. Si vous en avez une, déclarez le litige et n'engagez aucun frais d'avocat ou d'expertise sans son accord préalable, sous peine de non-remboursement.

« Dans un litige de consommation, la mise en demeure recommandée qui cite le bon article de loi fait plus de la moitié du travail. Un professionnel sérieux préfère presque toujours régulariser plutôt que d'affronter un médiateur ou un juge. »

La rédaction assurances.fm

Pour aller plus loin dans le dossier

2 sous-dossiers — niveau 3

Vos questions, nos réponses

FAQ — 5 questions
Comment régler un litige de consommation à l'amiable ?

Commencez par une réclamation écrite au service client, puis, sans réponse sous 8 à 15 jours, envoyez une mise en demeure en recommandé citant la garantie invoquée. Si le désaccord persiste, saisissez gratuitement le médiateur de la consommation dont dépend le professionnel : il dispose de 90 jours pour proposer une solution. Cette voie amiable règle la grande majorité des litiges sans passer par un juge.

La médiation de la consommation est-elle payante ?

Non, elle est entièrement gratuite pour le consommateur : c'est le professionnel qui finance le médiateur, qu'il a l'obligation de désigner et de mentionner sur ses documents commerciaux. Vous pouvez le saisir après une première réclamation restée sans réponse, dans un délai d'un an. La saisine suspend les délais de prescription et, en cas d'échec, laisse toute possibilité de saisir ensuite le juge.

Quel tribunal saisir pour un litige de consommation ?

Le juge des contentieux de la protection, rattaché au tribunal judiciaire, est compétent pour les litiges de consommation jusqu'à 10 000 €. La saisine se fait par requête, sans frais de greffe et sans avocat obligatoire. Pour les litiges inférieurs à 5 000 €, une tentative de conciliation ou de médiation préalable est obligatoire. Au-delà de 10 000 €, le tribunal judiciaire statue avec représentation par avocat.

Quel est le délai pour agir en garantie légale de conformité ?

Vous disposez de 2 ans à compter de la livraison du bien. Pendant ce délai, tout défaut est présumé exister dès l'origine — 24 mois pour un produit neuf, 12 mois pour un bien d'occasion — sans que vous ayez à le prouver. Pour la garantie des vices cachés, le délai est différent : 2 ans à compter de la découverte du défaut, y compris pour un achat entre particuliers.

Faut-il un avocat pour un litige de consommation ?

Non, tant que la demande ne dépasse pas 10 000 € : devant le juge des contentieux de la protection, vous pouvez vous défendre seul, par simple requête et sans frais de greffe. L'avocat ne devient obligatoire qu'au-delà de ce seuil, devant le tribunal judiciaire. Si vous disposez d'une protection juridique, elle finance l'avocat et l'expertise et pilote la procédure à votre place.

La rédaction d’assurances.fm Dossier PJU-03 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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