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Locataire sans assurance habitation : risques et solutions du bailleur

Un locataire sans assurance habitation viole une obligation légale posée par la loi du 6 juillet 1989 et s'expose à deux ripostes du propriétaire : la résiliation du bail ou la souscription d'une assurance pour son compte, refacturée avec une majoration pouvant atteindre 10 %. En cas de sinistre, il répond en outre des dommages sur son patrimoine personnel, sans plafond ni limite de durée.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Remise des clés entre un propriétaire et son locataire, moment où l'attestation d'assurance habitation doit être présentée
L'attestation d'assurance se remet dès la prise des clés, puis chaque année à la demande du bailleurPhoto — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. HAB-01.03
Obligation du locataire
oui — article 7 g) de la loi du 6 juillet 1989
Garantie minimale
risques locatifs : incendie, explosion, dégât des eaux
Sanctions possibles
résiliation du bail ou assurance souscrite d'office
Majoration légale
jusqu'à 10 % de la prime, récupérée sur le loyer
Exceptions
locations saisonnières et logements de fonction
Prix d'entrée 2026
60 à 110 €/an pour une garantie risques locatifs

Locataire sans assurance habitation : ce que dit la loi

Tout locataire d'une résidence principale — vide ou meublée — doit s'assurer contre les risques locatifs : c'est l'article 7 g) de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, étendu aux meublés par la loi ALUR pour les baux signés depuis le 27 mars 2014. La garantie minimale couvre les dommages causés au logement par un incendie, une explosion ou un dégât des eaux. Le locataire doit en justifier à la remise des clés, puis chaque année à la demande du bailleur, par la production d'une attestation. Le détail de l'obligation est présenté sur service-public.fr.

Seules deux situations échappent à cette obligation : la location saisonnière et le logement de fonction. Partout ailleurs, l'absence d'attestation constitue un manquement contractuel que le propriétaire peut sanctionner — et un pari financier extrêmement risqué pour le locataire lui-même.

À retenir

L'obligation d'assurance du locataire est d'ordre public : aucune clause du bail ne peut en dispenser. À l'inverse, une clause prévoyant la résiliation automatique du bail pour défaut d'assurance est parfaitement licite — et présente dans la quasi-totalité des baux types.

Ce que risque concrètement le locataire non assuré

Le premier risque est contractuel : perdre son logement. Le second est patrimonial, et c'est le plus lourd. Un locataire non assuré répond personnellement des dommages causés au logement et aux tiers : l'incendie qui se propage aux appartements voisins, le dégât des eaux qui traverse trois étages, la responsabilité civile envers les victimes. L'assureur du propriétaire ou celui de la copropriété indemnise d'abord les victimes, puis exerce un recours subrogatoire contre le locataire fautif : la dette peut le suivre pendant des années, avec saisies sur salaire à la clé.

Le chiffre

18 500 €

coût moyen d'un incendie domestique indemnisé en France — et plusieurs centaines de milliers d'euros lorsque le feu se propage aux logements voisins. Sans assurance, cette somme est réclamée directement au locataire responsable.

À ces montants s'ajoutent les propres biens du locataire : mobilier, électroménager, effets personnels ne sont indemnisés par personne. Le dégât des eaux, sinistre habitation le plus fréquent avec près d'un million de dossiers par an en France, coûte en moyenne 1 800 € — et dépasse 10 000 € dès que plusieurs logements sont touchés. Rapporté à une garantie risques locatifs facturée 60 à 110 € par an en 2026, le calcul est sans appel : une seule année de sinistre non couvert équivaut à plusieurs décennies de cotisations.

Première riposte du bailleur : la résiliation du bail

Si le bail contient une clause résolutoire visant le défaut d'assurance — le cas général —, le propriétaire peut engager la procédure suivante :

  1. Demander l'attestation par écrit.

    Courrier simple ou recommandé rappelant l'obligation de l'article 7 g). Beaucoup de situations se règlent à ce stade : le locataire souscrit en ligne et transmet l'attestation sous 48 heures.

  2. Faire délivrer un commandement par commissaire de justice.

    Le commandement de justifier d'une assurance ouvre un délai d'un mois au locataire pour produire l'attestation. Coût de l'acte : 120 à 190 €, récupérables selon la décision du juge.

  3. Constater la résiliation devant le juge.

    Sans attestation à l'issue du délai d'un mois, le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection, qui constate l'acquisition de la clause résolutoire et ordonne l'expulsion, sous réserve des délais légaux et de la trêve hivernale.

Sans clause résolutoire, la résiliation reste possible mais doit être demandée au juge, qui apprécie la gravité du manquement : la procédure est plus longue et son issue moins certaine. C'est pourquoi la seconde voie, créée par la loi ALUR, est aujourd'hui privilégiée par de nombreux bailleurs.

Seconde riposte : l'assurance souscrite pour le compte du locataire

Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, le propriétaire peut souscrire lui-même une assurance risques locatifs pour le compte du locataire défaillant, un mois après une mise en demeure restée sans réponse. Il en récupère le coût par douzième chaque mois, en marge du loyer, avec une majoration plafonnée à 10 % de la prime destinée à couvrir ses démarches. Cette solution maintient le locataire dans les lieux tout en garantissant le logement — un compromis souvent préférable à un contentieux de deux ans.

Résiliation du bail ou assurance pour compte : les deux leviers du bailleur
CritèreClause résolutoireAssurance pour compte (ALUR)
Préalable obligatoirecommandement par commissaire de justicemise en demeure restée infructueuse 1 mois
Délai de mise en œuvre6 à 24 mois (audience, expulsion)1 à 2 mois
Coût pour le bailleur500 à 2 000 € de frais de procédureprime avancée puis refacturée
Le locataire reste dans les lieuxNonOui
Le logement est couvertNon, pendant toute la procédureOui, dès la souscription

Bon à savoir

L'assurance pour compte ne couvre que les risques locatifs au bénéfice du bailleur : les biens personnels du locataire et sa responsabilité civile vie privée restent sans protection. Le locataire a donc toujours intérêt à souscrire sa propre multirisque habitation, souvent à peine plus chère, puis à demander la résiliation du contrat souscrit pour son compte.

Locataire non assuré : comment régulariser vite et bien

La régularisation est simple et rapide : une multirisque habitation se souscrit en ligne en moins de 20 minutes, avec attestation immédiate. Pour un studio ou un deux-pièces, comptez 95 à 180 € par an en 2026 pour une formule complète incluant risques locatifs, responsabilité civile, biens mobiliers et recours des voisins et des tiers. Avant de transmettre l'attestation au bailleur, vérifiez ces points :

  • l'adresse exacte du logement et l'identité du locataire figurent sur l'attestation ;
  • la garantie risques locatifs est mentionnée (incendie, explosion, dégât des eaux) ;
  • la date d'effet couvre la période réclamée, sans trou de garantie ;
  • la surface et le nombre de pièces déclarés correspondent au bail — une fausse déclaration expose à la réduction proportionnelle d'indemnité de l'article L113-9 ;
  • en colocation, chaque colocataire est nommé au contrat ou dispose de sa propre assurance selon ce que prévoit le bail.

Un locataire redevenu assuré coupe court à toute procédure : la clause résolutoire ne peut plus produire effet une fois l'attestation produite dans le délai du commandement, et le bailleur doit résilier l'assurance pour compte dès que le locataire justifie de son propre contrat. La situation se rétablit alors sans trace, sinon le souvenir d'un risque qui, quelques semaines durant, aurait pu coûter un patrimoine entier.

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Le propriétaire peut-il expulser un locataire sans assurance habitation ?

Oui, si le bail contient une clause résolutoire pour défaut d'assurance : après un commandement resté sans effet un mois, le juge constate la résiliation du bail et ordonne l'expulsion. En pratique, la production d'une attestation dans le délai du commandement arrête la procédure — la régularisation rapide est donc toujours la meilleure défense.

Que se passe-t-il en cas d'incendie pour un locataire non assuré ?

Le locataire est présumé responsable des dommages au logement (article 1733 du Code civil) : l'assureur du propriétaire indemnise puis se retourne contre lui pour récupérer l'intégralité des sommes, souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros. Ses propres biens détruits ne sont indemnisés par personne, et sa responsabilité envers les voisins s'ajoute à la facture.

La majoration de 10 % sur l'assurance pour compte est-elle obligatoire ?

Non, c'est un plafond : le bailleur qui souscrit une assurance pour le compte de son locataire peut majorer la prime récupérée d'au maximum 10 %, pour compenser ses démarches. Il doit mentionner la prime et la majoration sur l'avis d'échéance et l'affecter en marge du loyer, par douzièmes.

Un locataire en meublé doit-il aussi être assuré ?

Oui, pour tous les baux meublés de résidence principale signés depuis le 27 mars 2014 : la loi ALUR a aligné le meublé sur la location vide. Seuls les logements de fonction et les locations saisonnières restent hors du champ de l'obligation — même si une assurance villégiature y demeure vivement conseillée.

La rédaction d’assurances.fm Dossier HAB-01.03 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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