Malus après un accident responsable : la règle des 25 %
Chaque accident responsable majore votre coefficient bonus-malus de 25 % : le coefficient en cours est multiplié par 1,25, le résultat étant arrondi à deux décimales par troncature. Cette règle est fixée par la clause type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances, résumée sur service-public.fr : elle s'impose à l'identique à tous les assureurs, qui ne peuvent ni l'aggraver ni la contourner. Votre prime étant égale à la prime de référence multipliée par le coefficient, un malus de 1,25 renchérit mécaniquement la cotisation d'un quart.
Le malus ne tombe pas le lendemain de l'accident : il s'applique à la prochaine échéance annuelle du contrat. L'assureur retient les sinistres survenus pendant la période de référence, soit les douze mois consécutifs s'achevant deux mois avant l'échéance. Un accident survenu en janvier pour un contrat renouvelé au 1er mars ne pèsera donc que sur l'échéance de l'année suivante. Peu importe enfin qui conduisait : conjoint, enfant ou ami autorisé, le malus est attaché au contrat, pas à la personne au volant.
À retenir
Le malus se calcule toujours sur le coefficient, jamais sur la prime de l'année précédente, et il est doublement encadré : plancher à 0,50, plafond à 3,50. Aucun assureur ne peut appliquer plus de 25 % par sinistre responsable — toute hausse supplémentaire relève d'une révision tarifaire générale, que vous pouvez refuser en résiliant à l'échéance.
Exemples chiffrés : votre nouveau coefficient et votre prime
Le tableau suivant applique la majoration de 25 % à cinq profils types, pour une prime de référence de 600 € par an. Plus le coefficient de départ est bas, plus la hausse paraît indolore en euros — mais elle retarde d'autant le retour au bonus maximal.
| Coefficient avant | Coefficient après (× 1,25) | Prime avant | Prime après |
|---|---|---|---|
| 0,50 | 0,62 | 300 € | 372 € |
| 0,68 | 0,85 | 408 € | 510 € |
| 0,85 | 1,06 | 510 € | 636 € |
| 1,00 | 1,25 | 600 € | 750 € |
| 1,25 | 1,56 | 750 € | 936 € |
Les majorations se cumulent en cas de sinistres multiples : deux accidents responsables dans la même période de référence font passer un coefficient de 1,00 à 1,00 × 1,25 × 1,25 = 1,56, soit une prime alourdie de 56 %. Un troisième porterait le coefficient à 1,95. La spirale reste toutefois bornée.
Le chiffre
3,50le plafond légal du coefficient : quelle que soit la série d'accidents responsables, votre prime ne peut jamais excéder 3,5 fois la prime de référence du contrat.
Torts partagés et bonus 0,50 : les deux exceptions favorables
Lorsque la responsabilité est partagée avec un autre conducteur, la majoration tombe à 12,5 % : le coefficient est multiplié par 1,125 et non par 1,25. Un conducteur à 1,00 passe alors à 1,12 au lieu de 1,25. Ce demi-malus, très courant après un constat aux versions contradictoires, emporte aussi des conséquences sur la franchise et l'indemnisation : notre décryptage de l'accident 50/50 et de ses effets sur votre assurance détaille précisément qui paie quoi.
Deuxième protection, méconnue : la franchise de malus du bonus maximal. Si votre coefficient est resté à 0,50 pendant au moins trois années consécutives, votre premier accident responsable n'entraîne aucune majoration. Le compteur de trois ans repart ensuite de zéro : un second sinistre responsable survenant avant sa reconstitution serait, lui, pleinement majoré. Cette règle figure dans la clause type et s'applique automatiquement — inutile d'en faire la demande, mais vérifiez son application sur votre avis d'échéance.
Les sinistres qui ne déclenchent jamais de malus
La clause type réserve la majoration aux accidents engageant totalement ou partiellement votre responsabilité. Tous les autres sinistres laissent le coefficient intact :
- accident non responsable avec un tiers identifié entièrement fautif ;
- vol, tentative de vol ou incendie du véhicule ;
- bris de glace ;
- catastrophe naturelle ou technologique reconnue ;
- accident causé alors que le véhicule venait d'être volé.
À l'inverse, certaines situations sont presque systématiquement classées responsables, faute de tiers contre qui exercer un recours :
- accident seul : sortie de route, choc contre un mur, un poteau ou un obstacle ;
- collision par l'arrière avec le véhicule qui précède ;
- manœuvre de stationnement ou ouverture de portière heurtant un autre véhicule ;
- tiers en fuite non identifié, sans témoin ni preuve.
Combien de temps ce malus vous suit-il ?
Le malus n'est pas une peine perpétuelle : chaque année complète sans accident responsable réduit le coefficient de 5 % (multiplication par 0,95), et surtout la règle de la descente rapide ramène tout coefficient supérieur à 1,00 à exactement 1,00 après deux années consécutives sans sinistre responsable. Un conducteur monté à 1,56 retrouve donc un coefficient neutre dès la deuxième échéance vierge. Attention en revanche : le coefficient vous suit, via le relevé d'informations, en changeant d'assureur comme de véhicule. Le mécanisme complet — descente annuelle, remise à 1,00, cas du changement d'assureur — est expliqué dans notre guide combien de temps dure un malus.
« Un passage de 1,00 à 1,25 représente en moyenne 150 à 190 € de plus par an, pendant deux ans au maximum. C'est significatif mais temporaire. La vraie erreur consiste à réduire ses garanties pour compenser, ou à taire le sinistre au nouvel assureur : le relevé d'informations le révélera toujours. »
Limiter la hausse de prime après un accident responsable
Trois leviers amortissent la majoration sans dégrader l'essentiel de la couverture. D'abord, réajustez les garanties au véhicule : sur une voiture de plus de huit ans, passer du tous risques au tiers étendu compense souvent l'intégralité du malus. Ensuite, relevez la franchise dommages : accepter 150 à 300 € de franchise supplémentaire réduit la prime de 8 à 15 % chez la plupart des assureurs. Enfin, faites jouer la concurrence à l'échéance ou, après un an de contrat, à tout moment grâce à la résiliation infra-annuelle de la loi Hamon : le coefficient est identique partout, mais la prime de référence sur laquelle il s'applique varie fortement d'un assureur à l'autre. C'est elle qu'il faut optimiser.