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Porter plainte pour harcèlement scolaire : la procédure pas à pas

Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit puni jusqu'à 10 ans de prison. Porter plainte suppose de réunir les preuves, puis de se rendre au commissariat, à la gendarmerie ou d'écrire au procureur de la République. Voici la procédure pas à pas, y compris contre un auteur mineur, et comment la protection juridique finance vos frais.

Dossier Vie quotidienne Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 Dossier terminal
Un parent et un adolescent remplissant des documents à la table de la cuisine, dossier de preuves et ordinateur ouverts, en vue d'un dépôt de plainte
Un dossier de preuves bien préparé donne tout son poids à la plaintePhoto — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. SCL-04.02
Qualification
Délit (art. 222-33-2-3 du Code pénal, loi du 2 mars 2022)
Peines encourues
3 à 10 ans de prison et 45 000 à 150 000 € d'amende
Où porter plainte
Commissariat, gendarmerie ou courrier au procureur
Prescription
6 ans à compter du dernier fait
Auteur mineur
Responsable dès 13 ans ; parents civilement responsables
Financement
Protection juridique (60 à 130 €/an) ou aide juridictionnelle

Porter plainte pour harcèlement scolaire : un délit reconnu depuis 2022

Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit autonome inscrit à l'article 222-33-2-3 du Code pénal. Il vise les propos ou comportements répétés qui dégradent les conditions de vie d'un élève, qu'ils émanent d'un camarade, d'un ancien élève ou d'un membre du personnel, et qu'ils se déroulent dans l'établissement ou en ligne. Cette qualification pénale ouvre la voie au dépôt de plainte, distinct de la simple démarche auprès de l'école.

Les peines encourues pour harcèlement scolaire (art. 222-33-2-3)
Gravité des faitsPeine maximale
Aucune incapacité ou ITT ≤ 8 jours3 ans et 45 000 €
ITT supérieure à 8 jours5 ans et 75 000 €
Suicide ou tentative de la victime10 ans et 150 000 €

Déposer plainte ne dispense pas de saisir l'établissement, et inversement : les deux démarches sont complémentaires. La première relève de la justice pénale et vise l'auteur ; la seconde active le protocole interne de protection et peut aboutir, depuis la loi de 2022, au changement d'établissement de l'élève harceleur plutôt que de la victime.

Bon à savoir

Le délit se prescrit par 6 ans à compter du dernier fait. Tant que le harcèlement se poursuit, ce délai ne commence pas à courir : sur des faits récents ou continus, il n'est jamais trop tard pour agir.

Réunir les preuves avant de déposer plainte

Un dossier solide se prépare en amont : plus les faits sont documentés, plus la plainte a de poids. Rassemblez tout ce qui matérialise la répétition et l'impact des agissements.

  • Captures d'écran datées des messages, commentaires et publications en ligne
  • Certificats médicaux, notamment ceux fixant une incapacité totale de travail (ITT), même de quelques jours
  • Attestations de témoins : camarades, enseignants, parents d'élèves
  • Copies des signalements écrits déjà adressés à l'établissement et de ses réponses
  • Un journal des faits, daté et chronologique, tenu par l'enfant ou les parents

Rassemblez ces éléments sans attendre : les contenus en ligne peuvent être supprimés par leur auteur et la mémoire des témoins s'estompe. Numérotez et datez chaque pièce afin de bâtir un récit clair, cohérent et chronologique, qui facilitera l'enquête.

Attention

En droit pénal, l'ITT n'est pas un arrêt de travail : elle mesure le retentissement psychologique et physique des faits. Faites-la constater par un médecin, un service d'urgence ou une unité médico-judiciaire, car elle détermine directement le niveau des peines encourues.

Où et comment porter plainte ? La procédure pas à pas

La plainte est déposée par le représentant légal de l'enfant mineur, par deux voies principales détaillées sur service-public.fr. Les forces de l'ordre ont l'obligation de la recevoir, quel que soit le lieu des faits.

  1. Se présenter au commissariat ou à la gendarmerie.

    Le dépôt y est possible sans rendez-vous. Munissez-vous de l'ensemble des preuves et exigez un récépissé de dépôt de plainte.

  2. Ou écrire au procureur de la République.

    La plainte peut être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception au procureur du tribunal judiciaire compétent, en exposant les faits et en joignant les pièces.

  3. Envisager la constitution de partie civile.

    Si la plainte est classée sans suite, une plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction relance l'action et permet de demander réparation.

Après le dépôt, le procureur de la République apprécie les suites à donner : ouverture d'une enquête, mesures alternatives aux poursuites ou classement sans suite motivé. Vous êtes informé de sa décision, et un récépissé de plainte vous est systématiquement remis : conservez-le, il atteste de votre démarche.

Attention

Ne vous contentez pas d'une main courante : elle se limite à enregistrer une déclaration et ne déclenche aucune enquête. Seule la plainte saisit la justice et peut aboutir à des poursuites.

Porter plainte contre qui : l'élève, ses parents ou l'établissement ?

La réponse dépend de l'objectif : sanctionner l'auteur, obtenir une indemnisation ou engager la responsabilité de l'institution. Ces actions peuvent se cumuler.

Contre qui agir selon la situation
CibleJuridictionCe que l'on peut obtenir
Élève auteur mineurJuge des enfants ou tribunal pour enfantsMesures éducatives, sanctions adaptées à l'âge
Parents de l'auteurJuridiction civileDommages et intérêts (responsabilité de plein droit, art. 1242 du Code civil)
Établissement publicTribunal administratifIndemnisation en cas de faute dans l'obligation de protection

Un mineur est pénalement responsable dès lors qu'il est capable de discernement, présumé à partir de 13 ans ; en dessous, seules des mesures éducatives sont prononcées. Dans tous les cas, les parents de l'auteur répondent civilement des dommages causés par leur enfant mineur. Quant à l'établissement, sa responsabilité peut être engagée s'il n'a pas réagi malgré des signalements répétés et documentés.

Financer la procédure : protection juridique et aide juridictionnelle

Une action en justice a un coût — avocat, constat, expertise — que deux dispositifs permettent d'absorber. La garantie de protection juridique est le plus souple.

Incluse dans de nombreux contrats d'assurance habitation ou souscrite à part (60 à 130 €/an), la protection juridique prend en charge les honoraires d'avocat dans la limite d'un barème, les frais d'expertise et de procédure, généralement plafonnés entre 15 000 et 30 000 € par litige. Vous conservez le libre choix de votre avocat (article L127-3 du Code des assurances).

Le chiffre

30 000 €

C'est le plafond fréquent de prise en charge d'un litige par une garantie de protection juridique, honoraires d'avocat et frais de procédure compris.

Attention

La protection juridique ne couvre que les litiges nés après la souscription, souvent au terme d'un délai de carence. Un contrat signé une fois le harcèlement déclaré ne financera pas la procédure : vérifiez vos garanties dès les premiers signes.

À défaut de protection juridique, l'aide juridictionnelle prend le relais selon les revenus : totale pour un revenu fiscal de référence inférieur à environ 12 500 € par an pour une personne seule, partielle jusqu'à près de 18 700 € (barème révisé chaque année et majoré selon la composition du foyer).

« Porter plainte n'est pas un aveu d'échec du dialogue, c'est un acte de protection. Réunissez les preuves, faites constater l'ITT, puis vérifiez votre protection juridique : la procédure devient alors beaucoup moins intimidante. »

La rédaction assurances.fm

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Peut-on porter plainte contre un élève mineur ?

Oui. Un mineur est pénalement responsable dès qu'il est capable de discernement, présumé à partir de 13 ans. En dessous, il ne peut faire l'objet que de mesures éducatives. Dans tous les cas, ses parents répondent civilement des dommages causés et peuvent être condamnés à verser des dommages et intérêts (article 1242 du Code civil).

Main courante ou plainte : quelle différence ?

La main courante se limite à enregistrer une déclaration horodatée, sans déclencher d'enquête ni de poursuites. La plainte, elle, saisit le procureur de la République et peut aboutir à des sanctions pénales. Pour un harcèlement scolaire, seule la plainte engage réellement l'action de la justice ; la main courante ne sert qu'à dater un premier signalement.

Peut-on attaquer l'établissement scolaire ?

Oui, si l'établissement n'a pas réagi malgré des signalements répétés. Pour un établissement public, la responsabilité de l'État peut être engagée devant le tribunal administratif pour faute dans son obligation de protection des élèves. Cette action vise une indemnisation ; elle est distincte de la plainte pénale dirigée contre l'auteur des faits.

La protection juridique couvre-t-elle une plainte pour harcèlement scolaire ?

Oui, à condition que le contrat ait été souscrit avant la naissance du litige. Elle finance alors les honoraires d'avocat dans la limite d'un barème, les frais de constat, d'expertise et de procédure, généralement plafonnés entre 15 000 et 30 000 € par litige, en vous laissant le libre choix de votre avocat.

La rédaction d’assurances.fm Dossier SCL-04.02 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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