La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
Accueil Épargne & emprunt plan épargne retraite sortie per capital ou rente Réf. PER-03 — Niveau 2

Sortie du PER : capital, rente ou les deux ?

Sortie du PER en capital ou en rente : depuis la loi Pacte, vous choisissez librement. Le capital vous rend l'épargne disponible, en une fois ou fractionnée, et reste transmissible ; la rente viagère vous garantit un revenu à vie mais aliène le capital. La sortie mixte combine les deux. Tout se joue sur trois critères : votre fiscalité, votre besoin de sécurité et votre volonté de transmettre.

Dossier Épargne & emprunt Lecture 7 min Mise à jour juillet 2026 2 sous-dossiers
Un couple de jeunes retraités étudie ses options de sortie du PER, capital ou rente, sur la terrasse de sa maison
À la retraite, la sortie du PER se décide entre liberté du capital et sécurité de la rente viagèrePhoto — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. PER-03
Options de sortie
capital (une fois ou fractionné), rente viagère, ou les deux
Âge de sortie
à la liquidation de la retraite (autour de 64 ans)
Sortie par défaut
capital libre sur le PER individuel (rente imposée sur le PERO obligatoire)
Fiscalité du capital
versements déduits au barème IR + PFU 30 % sur les gains
Fiscalité de la rente
régime des pensions (abattement 10 %) + prélèvements sociaux sur une fraction
Rente viagère
irréversible : le capital est aliéné, sauf option réversion ou annuités garanties
Astuce fiscale
fractionner la sortie en capital sur plusieurs années lisse l'impôt

Sortie du PER : capital, rente ou les deux, c'est vous qui choisissez

À la retraite, la sortie du PER en capital ou en rente est un choix libre : vous pouvez récupérer votre épargne intégralement en capital, la transformer en rente viagère, ou combiner les deux. C'est l'apport majeur de la loi Pacte de 2019, qui a rompu avec les anciens contrats (PERP, Madelin) où la rente était le plus souvent imposée. Sur un PER individuel, la sortie 100 % capital est désormais la norme, disponible en une seule fois ou étalée sur plusieurs années.

Cette liberté n'existe qu'à une exception près : sur un PER d'entreprise obligatoire (ancien « article 83 »), la part issue des cotisations obligatoires reste versée uniquement sous forme de rente. Pour tout le reste — versements volontaires, épargne salariale, abondement — vous gardez la main.

À retenir

Il n'y a pas de bon choix universel. Le capital maximise la liberté et la transmission ; la rente maximise la sécurité et protège du risque de vivre très longtemps. La sortie mixte permet de ne pas trancher. La fiscalité, elle, dépend de l'origine de vos versements, pas seulement de la forme de sortie choisie.

La sortie en capital : liberté d'usage et fiscalité à surveiller

Sortir en capital, c'est récupérer votre épargne pour en faire ce que vous voulez : compléter un revenu, aider vos enfants, financer un projet ou réinvestir. Vous décidez du calendrier — un retrait unique ou des retraits fractionnés année après année. Le solde non retiré continue d'être investi et de produire des intérêts.

La contrepartie tient à la fiscalité, qui dépend de la nature des versements. Pour la situation la plus fréquente — des versements volontaires que vous aviez déduits de votre revenu à l'entrée — la sortie en capital se scinde en deux :

  • la part correspondant à vos versements est réintégrée à votre revenu imposable et taxée au barème progressif de l'impôt, sans l'abattement de 10 % des pensions, mais sans prélèvements sociaux ;
  • la part correspondant aux gains (plus-values) subit le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux).

Attention

Une sortie en capital en une seule fois peut vous faire changer de tranche marginale d'imposition l'année du retrait. Un PER de 150 000 € encaissé d'un coup peut ainsi propulser vos versements dans la tranche à 41 %. Le réflexe gagnant : fractionner la sortie sur plusieurs exercices pour rester dans une tranche basse et lisser la note fiscale.

Si vous aviez renoncé à déduire vos versements à l'entrée, la part correspondant aux versements ressort en revanche totalement exonérée d'impôt : seuls les gains supportent le PFU de 30 %.

La sortie en rente viagère : un revenu garanti à vie

La rente viagère transforme votre capital en un revenu versé jusqu'à votre décès, quel que soit votre âge. C'est la solution de ceux qui redoutent de manquer, ou d'épuiser leur épargne trop tôt : l'assureur porte le « risque de longévité » à votre place. En échange, vous aliénez le capital : il ne vous appartient plus et, par défaut, s'éteint à votre décès.

Le montant de la rente dépend de votre capital, de votre âge à la liquidation et des tables de mortalité de l'assureur. À 64 ans, le taux de conversion tourne autour de 4 % à 4,5 % par an : 100 000 € de capital produisent de l'ordre de 4 000 à 4 500 € de rente annuelle brute. Plus vous liquidez tard, plus la rente est élevée.

Plusieurs options adoucissent son caractère irréversible :

Réversion
La rente se poursuit au profit de votre conjoint après votre décès (à 60 % ou 100 %), au prix d'une rente initiale plus faible.
Annuités garanties
Un nombre minimum d'années de versement est garanti ; si vous décédez avant, un bénéficiaire perçoit le solde.
Rente par paliers
Elle est majorée les premières années, plus faible ensuite, pour un « coup de pouce » en début de retraite.

Côté impôt, la rente issue de versements déduits suit le régime des pensions de retraite : imposition au barème après abattement de 10 %, complétée par 17,2 % de prélèvements sociaux appliqués à une seule fraction de la rente selon votre âge (40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans).

La sortie mixte : le compromis capital + rente

Rien ne vous oblige à choisir un camp : la sortie mixte vous permet de récupérer une partie en capital et de convertir le reste en rente. C'est souvent l'arbitrage le plus équilibré. Vous encaissez par exemple 40 % en capital pour solder un crédit ou financer des travaux, et vous transformez les 60 % restants en rente pour sécuriser un revenu régulier.

Bon à savoir

La sortie mixte se pilote aussi dans le temps : vous pouvez commencer par des retraits en capital pendant vos premières années de retraite, encore actives, puis basculer plus tard le solde en rente pour couvrir le grand âge, quand le besoin de sécurité domine.

Capital ou rente : le comparatif pour trancher

Le bon choix dépend de votre patrimoine, de votre santé, de vos héritiers et de votre appétit pour la sécurité. Le tableau ci-dessous résume les forces de chaque option.

Sortie en capital ou en rente viagère : ce qui les oppose en 2026
CritèreCapitalRente viagère
Disponibilité de l'épargneOui, totaleNon, capital aliéné
Revenu garanti à vieNonOui
Risque de longévitéà votre chargeporté par l'assureur
Transmission aux héritiersOui, du capital restantNon (sauf réversion / annuités)
Fiscalitébarème IR + PFU 30 % sur gainsrégime des pensions + PS partiels
Fraisfaiblesfrais d'arrérages (1 à 3 %)

Le capital est fait pour vous si…

  • vous voulez garder la maîtrise de votre épargne ;
  • vous souhaitez transmettre à vos enfants ;
  • vous avez d'autres revenus réguliers (pensions, loyers) ;
  • vous êtes à l'aise pour gérer un capital dans la durée.

La rente est faite pour vous si…

  • vous craignez de manquer ou de mal gérer ;
  • vos autres revenus de retraite sont limités ;
  • vous êtes en bonne santé et misez sur la longévité ;
  • la sécurité prime sur la transmission.

« Le tout-rente rassure mais fait perdre la main sur le patrimoine ; le tout-capital d'un coup coûte cher en impôt. Dans la vraie vie, la meilleure décision est presque toujours une sortie fractionnée en capital sur plusieurs années, éventuellement complétée d'une rente pour couvrir le grand âge. »

La rédaction assurances.fm

Quelle fiscalité selon l'origine de vos versements

La forme de sortie ne fait pas tout : c'est l'origine des sommes qui détermine le régime fiscal, car un PER est découpé en compartiments. Il faut donc raisonner ligne par ligne avant de retirer.

Fiscalité de la sortie en capital selon le compartiment du PER
Origine des sommesPart versementsPart gains
Versements volontaires déduitsbarème IR (sans abattement 10 %)PFU 30 %
Versements volontaires non déduitsExonéréePFU 30 %
Épargne salariale (participation, abondement)Exonéréeprélèvements sociaux 17,2 %

L'épargne salariale logée dans un PER d'entreprise bénéficie ainsi de la sortie la plus douce : le capital versé sort net d'impôt, seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Si vous avez cumulé plusieurs types de versements, retirez en priorité les compartiments les moins taxés lors de vos premières années de retraite.

Et si vous devez sortir avant la retraite ?

La retraite n'est pas la seule porte de sortie. Le PER prévoit six motifs de déblocage anticipé qui débloquent l'épargne plus tôt. Cinq relèvent des accidents de la vie : mieux vaut connaître à l'avance les cas de déblocage anticipé du PER avant la retraite et les justificatifs à réunir, car leur fiscalité est bien plus favorable qu'une sortie ordinaire.

Le sixième motif est un projet à part entière : l'achat de votre résidence principale. C'est le seul déblocage « choisi », mais il ne fait pas disparaître l'impôt sur les versements déduits. Avant de vous lancer, pesez l'intérêt réel de débloquer son PER pour financer sa résidence principale face à un apport classique, exemples chiffrés à l'appui.

Le chiffre

64 ans

C'est l'âge légal de départ à la retraite vers lequel converge la réforme de 2023 : c'est à partir de la liquidation de vos droits que s'ouvre la sortie « normale » de votre PER, en capital, en rente ou les deux.

Pour vérifier les conditions officielles de déblocage et le régime fiscal applicable à chaque situation, la fiche de référence est disponible sur service-public.fr.

Pour aller plus loin dans le dossier

2 sous-dossiers — niveau 3

Vos questions, nos réponses

FAQ — 5 questions
Sortie du PER en capital ou en rente : quelle est la plus avantageuse ?

Aucune ne l'emporte dans l'absolu. Le capital est plus avantageux si vous voulez garder la maîtrise de votre épargne et la transmettre, à condition de fractionner les retraits pour lisser l'impôt. La rente est préférable si vous craignez d'épuiser votre épargne et voulez un revenu garanti à vie. La sortie mixte reste souvent le meilleur compromis.

Comment est imposée la sortie du PER en capital ?

Pour des versements que vous aviez déduits, la part correspondant aux versements est réintégrée à votre revenu et taxée au barème de l'impôt (sans abattement de 10 %), tandis que la part des gains subit le prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Si vous n'aviez pas déduit vos versements, cette part de capital ressort exonérée, seuls les gains étant taxés à 30 %.

Peut-on sortir son PER en plusieurs fois ?

Oui. La sortie en capital fractionné est autorisée sur le PER individuel : vous programmez des retraits sur plusieurs années. C'est même la stratégie recommandée pour éviter de basculer dans une tranche d'imposition supérieure. Le capital non retiré reste investi et continue de produire des intérêts.

La rente viagère du PER est-elle réversible ?

Par défaut, non : la rente s'éteint à votre décès et le capital est définitivement aliéné. Vous pouvez toutefois souscrire une option de réversion (la rente se poursuit au profit de votre conjoint) ou d'annuités garanties (un bénéficiaire perçoit le solde si vous décédez tôt). Ces options réduisent le montant de la rente initiale.

Est-on obligé de sortir en rente sur un PER d'entreprise ?

Uniquement pour la part issue des cotisations obligatoires d'un PER d'entreprise obligatoire (ancien article 83), qui sort exclusivement en rente. Toutes les autres sommes — versements volontaires, participation, intéressement, abondement — peuvent sortir en capital, en rente ou de façon mixte, selon votre choix.

La rédaction d’assurances.fm Dossier PER-03 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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