La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
Accueil Habitation & immobilier assurance copropriété assurance multirisque immeuble Réf. COP-01 — Niveau 2

Multirisque immeuble : la police maîtresse de la copropriété

L’assurance multirisque immeuble (MRI) est la police maîtresse de la copropriété : souscrite par le syndic au nom du syndicat, elle couvre la structure du bâtiment, les parties communes et la responsabilité civile collective. Comptez 2 à 6 € par m² de surface développée et par an en 2026. Garanties socles, options utiles, franchises : voici comment lire ce contrat avant de le voter en assemblée générale.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 7 min Mise à jour juillet 2026 2 sous-dossiers
Gestionnaire d’immeuble consultant un dossier devant l’entrée d’une copropriété française
La multirisque immeuble est souscrite par le syndic mais votée par les copropriétaires.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. COP-01
Qui souscrit ?
Le syndic, au nom du syndicat des copropriétaires
Statut légal
RC du syndicat obligatoire (loi ALUR) ; la MRI complète est facultative mais quasi systématique
Garanties socles
Incendie, dégâts des eaux, tempête, catastrophes naturelles, RC du syndicat
Prix moyen 2026
2 à 6 €/m² de surface développée par an
Franchise courante
300 à 1 500 € selon l’événement (380 € en catastrophe naturelle)
Décision
Vote en assemblée générale à la majorité simple (article 24)
Résiliation
À l’échéance annuelle, préavis de 2 mois (article L113-12 du Code des assurances)

Assurance multirisque immeuble : le contrat maître de la copropriété

L’assurance multirisque immeuble est le contrat unique qui protège collectivement le bâtiment : gros œuvre, toiture, façades, halls, escaliers, ascenseurs, canalisations collectives et équipements communs. Elle est souscrite par le syndic au nom du syndicat des copropriétaires, personne morale qui en est l’assuré, et son coût est réparti entre tous les copropriétaires au prorata des tantièmes, dans les charges communes générales.

Elle remplit une double fonction. D’abord, elle intègre la responsabilité civile du syndicat, seule garantie imposée par l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 depuis la loi ALUR : elle indemnise le passant blessé par une tuile, le visiteur qui chute dans un escalier mal éclairé, le voisin inondé par une canalisation commune. Ensuite, elle couvre le bâti lui-même contre les grands événements — incendie, dégât des eaux, tempête — afin que la reconstruction ne repose jamais sur le patrimoine personnel des copropriétaires.

À retenir

La MRI protège l’enveloppe et les communs de l’immeuble, pas l’intérieur des lots. Chaque copropriétaire conserve sa multirisque habitation ou sa PNO, chaque locataire son assurance risques locatifs : les trois contrats s’emboîtent, aucun ne remplace les autres.

Les garanties socles : ce que couvre toujours la MRI

Tous les contrats du marché reposent sur un tronc commun de garanties dites « socles ». Ce qui les distingue réellement se joue dans les conditions d’application : franchises, plafonds, exclusions et mode d’indemnisation.

Le socle d’une multirisque immeuble en 2026
GarantieCe qu’elle couvrePoint de vigilance
Incendie, explosion, foudreReconstruction du bâti, frais de déblais, honoraires d’architecteIndemnisation en valeur à neuf ou vétusté déduite ?
Dégâts des eauxDommages aux communs, recherche de fuite sur canalisations collectivesPlafond recherche de fuite : exiger au moins 5 000 €
Tempête, grêle, neigeToiture, souches de cheminée, verrièresExclusions fréquentes sur toitures-terrasses mal entretenues
Catastrophes naturelles et technologiquesInondation, sécheresse, mouvement de terrain après arrêtéFranchise légale de 380 € (1 520 € en sécheresse)
Responsabilité civile du syndicatDommages causés aux tiers par l’immeublePlafond conseillé : au moins 5 M€ par sinistre
Attentats et actes de terrorismeDommages matériels au bâtiGarantie légale adossée à l’incendie, sans surcoût

Deux extensions méritent une attention particulière dès le socle : les frais annexes (déblais, relogement des occupants, perte d’usage, honoraires de maîtrise d’œuvre), qui représentent couramment 15 à 20 % du coût d’un sinistre lourd, et la garantie des recours, qui permet au syndicat d’agir contre le tiers responsable d’un dommage.

Les options qui font la différence entre deux contrats

Au-delà du socle, chaque assureur propose des garanties optionnelles dont la pertinence dépend du profil de l’immeuble : présence d’un ascenseur, de commerces, d’un parking en sous-sol, d’équipements vitrés.

  • Vol et vandalisme des parties communes : dégradations du hall, tags, détérioration des boîtes aux lettres — souvent conditionnée à des fermetures conformes ;
  • Bris de glace : verrières, portes vitrées du hall, miroirs d’ascenseur ;
  • Dommages électriques : tableaux communs, motorisation de portail, VMC collective ;
  • Effondrement et dommages ouvrage subsidiaire : précieuse pour les immeubles anciens ;
  • Protection juridique du syndicat : litiges avec une entreprise de travaux ou un prestataire ;
  • Honoraires d’expert d’assuré : finance votre propre expert face à celui de la compagnie, généralement 5 % du montant des dommages.

Les avantages de la MRI

  • Mutualisation : la prime par lot reste contenue, même pour un immeuble ancien
  • Un seul interlocuteur pour tous les sinistres de parties communes
  • La RC obligatoire du syndicat est intégrée sans contrat séparé
  • Reconstruction du bâti finançable même après un sinistre total

Ses limites

  • Ne couvre ni le mobilier ni les embellissements des occupants
  • Franchises parfois élevées, refacturées via les charges
  • Surface sous-déclarée = indemnité réduite (règle proportionnelle)
  • Résiliation possible par l’assureur si la sinistralité dérape

Franchises, plafonds, vétusté : les clauses qui décident de l’indemnisation

À garanties égales, deux contrats peuvent indemniser du simple au double. La franchise reste à la charge du syndicat pour chaque sinistre : comptez 300 à 800 € en dégât des eaux, 500 à 1 500 € sur les autres événements, et une franchise légale de 380 € en catastrophe naturelle. Certains contrats à bas prix affichent des franchises de 2 000 € ou plus : chaque fuite d’eau devient alors un appel de charges exceptionnel.

Le mode d’indemnisation du bâti compte tout autant. En valeur à neuf, l’assureur reconstruit sans déduire l’usure, généralement dans la limite de 25 à 33 % au-delà de la valeur vétusté déduite ; en valeur d’usage, un immeuble ancien peut perdre 30 à 40 % de l’indemnité. Vérifiez enfin la surface développée déclarée, base de calcul de la prime et de l’indemnité.

Attention

Une surface sous-déclarée expose le syndicat à la règle proportionnelle de l’article L121-5 du Code des assurances : si la surface réelle dépasse de 20 % la surface déclarée, l’indemnité est réduite d’autant. Faites remesurer l’immeuble avant toute souscription ou renégociation — le coût d’un géomètre est dérisoire face à ce risque.

Quel prix pour une assurance multirisque immeuble en 2026 ?

Le marché 2026 s’établit entre 2 et 6 € par m² de surface développée et par an, soit 150 à 450 € par lot dans la plupart des immeubles d’habitation. La localisation, l’âge du bâti, la présence de commerces, d’un ascenseur ou d’un parking souterrain, et surtout la sinistralité des trois dernières années font varier la prime du simple au triple.

2,80 €/m²prime moyenne constatée pour un immeuble d’habitation courant en 2026
+9 %hausse des primes immeuble entre 2024 et 2026, tirée par la sinistralité climatique
10 à 15 %d’économie en acceptant une franchise dégât des eaux plus élevée

La prime est ensuite indexée chaque année sur l’indice FFB de la construction : elle progresse mécaniquement de quelques points même sans sinistre. Pour situer votre immeuble par rapport au marché, identifier les facteurs qui alourdissent la cotisation et actionner les bons leviers de négociation, consultez notre analyse détaillée du prix de l’assurance copropriété au m² et par lot avant la prochaine assemblée générale.

Souscription, vote en AG : comment le contrat vit-il ?

Le syndic souscrit, mais l’assemblée générale décide : le choix du contrat comme son changement se votent à la majorité simple de l’article 24. La résiliation obéit à l’article L113-12 du Code des assurances — à l’échéance annuelle, avec un préavis de deux mois ; la résiliation infra-annuelle de la loi Hamon ne s’applique pas au syndicat, personne morale. Il faut donc caler le vote au moins trois mois avant l’échéance.

  1. Auditer le contrat en place.

    Relisez le tableau des garanties, des franchises et la surface déclarée ; rassemblez l’état de sinistralité des trois dernières années, exigible auprès de l’assureur.

  2. Mettre en concurrence à garanties équivalentes.

    Trois devis minimum, comparés poste à poste : franchises, plafonds, valeur à neuf, recherche de fuite. Le prix seul ne dit rien.

  3. Inscrire la question à l’ordre du jour.

    Le conseil syndical demande l’inscription au moins deux mois avant l’AG, devis joints à la convocation.

  4. Voter et notifier la résiliation.

    Après le vote à l’article 24, le syndic résilie l’ancien contrat par lettre recommandée en respectant le préavis de deux mois.

Rappelons le cadre : seule la responsabilité civile du syndicat est imposée par la loi, la MRI complète relève d’un choix de gestion — quasi unanime en pratique. Pour comprendre qui doit souscrire quoi, ce que risque un immeuble non assuré et comment saisir le Bureau central de tarification en cas de refus des assureurs, notre guide de l’assurance copropriété obligatoire détaille les obligations issues de la loi ALUR.

Sinistre : faire jouer la multirisque immeuble efficacement

Tout sinistre touchant les parties communes passe par le syndic, seul habilité à déclarer au nom du syndicat : 5 jours ouvrés pour la plupart des événements, 2 jours ouvrés en cas de vol, 30 jours après publication de l’arrêté en catastrophe naturelle. Les mesures conservatoires — bâchage, coupure d’eau, entreprise d’urgence — sont remboursables sur factures ; les travaux définitifs attendent le passage de l’expert.

Pour les dégâts des eaux et incendies inférieurs à 5 000 € HT, la convention IRSI accélère le règlement en désignant un assureur gestionnaire unique, celui de l’occupant du local sinistré.

Le chiffre

1 sur 2

Près d’un sinistre sur deux déclaré sur un contrat multirisque immeuble est un dégât des eaux. C’est le poste qui use les franchises, dégrade la sinistralité et déclenche les majorations de prime : un plan d’entretien des colonnes et des joints reste le meilleur investissement de la copropriété.

« Une multirisque immeuble ne se juge pas à sa prime, mais au jour du sinistre : franchise supportable, valeur à neuf réelle, plafond de recherche de fuite suffisant. Tout le reste est de l’affichage. »

La rédaction assurances.fm

Bien négociée et réexaminée tous les trois ans, la MRI représente 3 à 6 % du budget annuel de la copropriété : un poste maîtrisable, à condition de comparer les contrats sur leurs conditions d’indemnisation plutôt que sur le seul montant appelé dans les charges.

Pour aller plus loin dans le dossier

2 sous-dossiers — niveau 3

Vos questions, nos réponses

FAQ — 5 questions
La multirisque immeuble est-elle obligatoire ?

Partiellement. Depuis la loi ALUR de 2014, le syndicat des copropriétaires doit être assuré au minimum en responsabilité civile (article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965). La multirisque immeuble complète — incendie, dégâts des eaux, tempête — n’est pas imposée par la loi, mais elle est votée dans la quasi-totalité des copropriétés car elle seule protège le bâti.

Quelle différence entre multirisque immeuble et multirisque habitation ?

La multirisque immeuble est souscrite par le syndic pour le compte du syndicat : elle couvre la structure, les parties communes et la RC collective. La multirisque habitation est un contrat individuel : elle couvre l’intérieur du lot, le mobilier, les embellissements et la responsabilité civile personnelle de l’occupant. Les deux sont complémentaires et ne font pas doublon.

Qui paie la prime de la multirisque immeuble ?

Tous les copropriétaires, via les charges communes générales, au prorata des tantièmes de chaque lot — qu’il soit occupé, loué ou vacant. La prime figure au budget prévisionnel voté chaque année en assemblée générale et représente généralement 3 à 6 % des charges annuelles.

Combien coûte une assurance multirisque immeuble en 2026 ?

Entre 2 et 6 € par m² de surface développée et par an, soit 150 à 450 € par lot pour la plupart des immeubles d’habitation. Un immeuble ancien avec commerces en rez-de-chaussée ou une sinistralité chargée peut dépasser ces fourchettes ; une franchise relevée sur le dégât des eaux réduit la prime de 10 à 15 %.

Peut-on résilier la multirisque immeuble à tout moment ?

Non. Le syndicat étant une personne morale, la résiliation infra-annuelle de la loi Hamon ne s’applique pas. Le contrat se résilie à l’échéance annuelle avec un préavis de deux mois (article L113-12 du Code des assurances), après un vote de l’assemblée générale à la majorité simple de l’article 24. Le calendrier doit donc être anticipé d’au moins trois mois.

La rédaction d’assurances.fm Dossier COP-01 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
Vérifié
assurances.fm
juillet 2026