La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
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Droit à l’oubli : emprunter sans déclarer son ancienne maladie

Le droit à l'oubli vous autorise à ne plus déclarer un ancien cancer ou une hépatite C à votre assureur emprunteur cinq ans après la fin de votre traitement, sans rechute. Résultat : ni surprime, ni exclusion, ni question — vous empruntez aux conditions d'une personne qui n'a jamais été malade.

Dossier Épargne & emprunt Lecture 5 min Mise à jour juillet 2026 2 sous-dossiers
Une femme tient les clés de son nouveau logement sur le balcon, après avoir obtenu son crédit immobilier grâce au droit à l'oubli
Cinq ans après la fin du traitement, l'ancienne maladie n'a plus à figurer sur le questionnaire de santé.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. EMP-05.01
Pathologies concernées
Cancer et hépatite virale C uniquement
Délai
5 ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute
Effet
Aucune déclaration, aucune surprime, aucune exclusion possible
Encours assuré maximum
420 000 € par assuré (cadre AERAS)
Âge de fin de prêt
Avant le 71e anniversaire
Texte de référence
Art. L1141-5 du Code de la santé publique, loi Lemoine du 28 février 2022

Le droit à l'oubli en assurance emprunteur : de quoi s'agit-il ?

Le droit à l'oubli vous permet de ne plus déclarer un ancien cancer ou une hépatite virale C à votre assureur de prêt, cinq ans après la fin de votre traitement et en l'absence de rechute. Passé ce délai, la maladie devient juridiquement invisible : l'assureur ne peut ni vous interroger à son sujet, ni réclamer de surprime, ni inscrire la moindre exclusion de garantie. Vous souscrivez votre assurance emprunteur exactement aux conditions d'une personne qui n'a jamais été malade.

Ce droit est inscrit à l'article L1141-5 du Code de la santé publique. Longtemps fixé à dix ans, le délai a été ramené à cinq ans pour tous par la loi Lemoine du 28 février 2022, quel que soit l'âge auquel la maladie a été diagnostiquée. C'est aujourd'hui l'un des dispositifs les plus protecteurs pour les anciens malades qui souhaitent devenir propriétaires.

À retenir

Deux pathologies, un seul délai : cancer et hépatite C, 5 ans après la fin du protocole thérapeutique sans rechute. Au-delà, plus rien à déclarer et aucune surprime possible.

Qui peut en bénéficier ? Cancer et hépatite C

Le droit à l'oubli couvre strictement deux familles de pathologies : les cancers, quels qu'en soient le type et la localisation, et l'hépatite virale C. Un ancien cancer du sein, un mélanome, une leucémie ou une hépatite C guérie relèvent tous du même délai unique de cinq ans, sans distinction de gravité initiale.

Les autres affections de longue durée — diabète, VIH, mucoviscidose, maladies inflammatoires chroniques — ne sont pas couvertes par le droit à l'oubli, mais elles ne vous condamnent pas pour autant à renoncer au crédit. Elles relèvent d'un dispositif voisin qui plafonne surprimes et exclusions : la grille de référence AERAS et sa liste de pathologies assurables à conditions encadrées précise, maladie par maladie, les délais et les tarifs applicables.

5 ansaprès la fin du traitement, plus rien à déclarer
420 000 encours assuré maximum pour en bénéficier
0 de surprime liée à l'ancienne maladie

Le point de départ : la fin du protocole thérapeutique

Les cinq ans se comptent à partir de la fin du protocole thérapeutique actif, et non de la date du diagnostic. Cette date correspond au dernier acte du traitement destiné à guérir la maladie : dernière séance de chimiothérapie ou de radiothérapie, dernière intervention chirurgicale, fin du traitement antiviral pour l'hépatite C. Elle figure sur votre compte rendu médical ou peut être attestée par votre médecin.

Les traitements de surveillance ou de confort ne repoussent pas ce point de départ. Une hormonothérapie de longue durée ou un simple suivi par imagerie ne constituent pas un protocole thérapeutique actif : le compteur démarre bien à la fin des soins curatifs. En cas de rechute, un nouveau délai de cinq ans court à compter de la fin du nouveau traitement.

Bon à savoir

Vous n'avez aucune preuve de guérison à fournir. Il vous suffit de ne pas mentionner la pathologie sur le questionnaire de santé dès lors que le délai de cinq ans est acquis : l'assureur n'a tout simplement pas le droit de vous interroger dessus.

À quels prêts le droit à l'oubli s'applique-t-il ?

Le droit à l'oubli s'inscrit dans le cadre de la convention AERAS, ce qui suppose de respecter des plafonds cumulatifs. En dessous de ces seuils, le dispositif joue automatiquement ; au-dessus, l'assureur retrouve une marge d'appréciation sur le reste du dossier.

Conditions à réunir pour invoquer le droit à l'oubli (cadre AERAS 2026)
CritèreSeuil
PathologieCancer ou hépatite virale C
Ancienneté5 ans après la fin du protocole, sans rechute
Encours assuré≤ 420 000 €
Fin du créditAvant le 71e anniversaire
Nature du prêtImmobilier ou professionnel

Droit à l'oubli et loi Lemoine : deux boucliers complémentaires

Depuis la loi Lemoine, une seconde protection se superpose au droit à l'oubli : la suppression pure et simple du questionnaire de santé. Lorsque la part que vous assurez ne dépasse pas 200 000 € et que le prêt s'achève avant votre 60e anniversaire, aucune question médicale ne vous est posée — quelle que soit votre pathologie et sa date.

Les deux dispositifs s'articulent simplement : sous 200 000 € et avant 60 ans, la loi Lemoine vous dispense de tout questionnaire ; au-dessus de ce plafond, ou pour un prêt courant après 60 ans, le droit à l'oubli prend le relais pour vos anciens cancer ou hépatite C. Et lorsque la maladie remonte à moins de cinq ans, c'est la voie AERAS classique qui s'ouvre : le parcours complet pour emprunter après un cancer détaille, étape par étape, comment décrocher son crédit selon le temps écoulé.

Le chiffre

200 000 €

C'est le plafond de capital assuré par emprunteur en dessous duquel la loi Lemoine supprime tout questionnaire de santé, à condition que le prêt s'achève avant vos 60 ans — soit jusqu'à 400 000 € pour un couple assuré à parts égales.

Faire valoir son droit à l'oubli, étape par étape

La démarche est purement déclarative et n'exige aucun justificatif particulier de votre part.

  1. Vérifiez que le délai de cinq ans est acquis.

    Reprenez la date de fin de votre protocole thérapeutique sur vos comptes rendus : cinq années révolues sans rechute suffisent.

  2. Contrôlez les plafonds AERAS.

    Encours assuré inférieur à 420 000 € et crédit soldé avant votre 71e anniversaire.

  3. Remplissez le questionnaire de santé sans mentionner la pathologie.

    Vous êtes en droit de laisser la case correspondante vide : l'assureur ne peut rien vous reprocher à ce titre.

  4. Mettez plusieurs contrats en concurrence.

    À garanties égales, comparez les TAEA : le droit à l'oubli vous rend éligible aux tarifs standard les plus compétitifs.

Attention

Le droit à l'oubli ne dispense jamais de déclarer une autre maladie en cours. Une fausse déclaration sur une affection non couverte par le dispositif entraîne la nullité du contrat (art. L113-8 du Code des assurances) et prive votre famille de toute indemnisation. Le détail officiel du dispositif est consultable sur service-public.fr.

Pour aller plus loin dans le dossier

2 sous-dossiers — niveau 4

Vos questions, nos réponses

FAQ — 4 questions
Le droit à l'oubli est-il de 5 ou de 10 ans en 2026 ?

Il est de 5 ans pour tout le monde depuis la loi Lemoine du 28 février 2022. Le délai de dix ans, ainsi que le régime particulier des cancers diagnostiqués avant 21 ans, ont été supprimés : un ancien cancer ou une hépatite C n'ont plus à être déclarés cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute.

À partir de quelle date comptent les 5 ans du droit à l'oubli ?

À partir de la fin du protocole thérapeutique actif, c'est-à-dire du dernier acte de traitement curatif : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie ou traitement antiviral. Ce n'est ni la date du diagnostic, ni la fin d'un simple suivi de surveillance. En cas de rechute, un nouveau délai de cinq ans démarre à la fin du nouveau traitement.

Le droit à l'oubli s'applique-t-il à toutes les maladies ?

Non, uniquement aux cancers et à l'hépatite virale C. Les autres affections de longue durée comme le diabète, le VIH ou la mucoviscidose relèvent de la grille de référence AERAS, qui encadre les surprimes et exclusions sans les effacer totalement. Pour ces pathologies, l'accès au crédit reste possible mais à des conditions définies au cas par cas.

Puis-je vraiment ne rien déclarer sans risquer la nullité du contrat ?

Oui, dès lors que le délai de cinq ans est acquis et que le prêt respecte les plafonds AERAS (420 000 € assurés, fin avant 71 ans). La loi interdit à l'assureur de vous interroger sur la pathologie oubliée : ne pas la mentionner n'est donc pas une fausse déclaration. En revanche, toute autre maladie en cours doit toujours être signalée avec exactitude.

La rédaction d’assurances.fm Dossier EMP-05.01 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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