La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
Accueil Habitation & immobilier assurance pno assurance logement vacant Réf. PNO-03 — Niveau 2

Assurance logement vacant : couvrir un bien inoccupé

Un logement vide n'est pas un logement sans risque : c'est même l'inverse. L'assurance logement vacant — en pratique une assurance PNO adaptée à l'inoccupation — couvre l'incendie, le dégât des eaux et la responsabilité du propriétaire pour 90 à 250 € par an en 2026. La vraie difficulté n'est pas le prix, mais la durée : au-delà de 60 à 90 jours sans occupant, beaucoup de contrats réduisent leurs garanties.

Dossier Habitation & immobilier Lecture 7 min Mise à jour juillet 2026 2 sous-dossiers
Appartement vide au parquet ancien, clés et dossier posés sur le rebord de la fenêtre, en attente d'un nouvel occupant
Entre deux locataires ou pendant une vente, un logement vide doit rester assuré sans interruption.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. PNO-03
Contrat adapté
Assurance PNO avec extension inoccupation prolongée
Obligatoire ?
Oui en copropriété — RC minimum (art. 9-1, loi du 10 juillet 1965)
Prix moyen 2026
90 à 250 €/an selon surface, durée de vacance et localisation
Point de vigilance
Clause d'inhabitation : garanties réduites après 60 à 90 jours vides
Obligations courantes
Eau coupée, chauffage hors gel, ouvertures verrouillées, visites régulières
Délai de déclaration
5 jours ouvrés après le sinistre, 2 jours en cas de vol (art. L113-2)

Assurance logement vacant : pourquoi un bien vide doit rester couvert

Un logement vacant reste exposé à tous les sinistres d'un logement habité — incendie d'origine électrique, dégât des eaux, tempête — et à plusieurs risques aggravés qui lui sont propres : fuite non détectée pendant des semaines, gel des canalisations en hiver, vandalisme, squat. La réponse assurantielle existe et coûte peu : une assurance propriétaire non occupant (PNO) déclarée pour un bien inoccupé, éventuellement complétée d'une extension de vacance prolongée. La loi ne l'impose que dans un cas : en copropriété, l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 oblige chaque copropriétaire, occupant ou non, à détenir au minimum une responsabilité civile.

Le danger financier ne vient pas des petits sinistres mais de l'absence de témoin. Dans un logement occupé, une fuite est repérée en quelques heures ; dans un logement vide, elle peut ruisseler trois semaines, traverser deux étages et engager la responsabilité du propriétaire vis-à-vis des voisins sur le fondement des articles 1240 et suivants du Code civil. Les indemnisations dépassent alors couramment 10 000 à 25 000 € — sans contrat, elles restent intégralement à votre charge.

Le chiffre

3,1 millions

de logements sont vacants en France selon l'Insee, soit environ 8 % du parc. Vacance locative entre deux baux, bien en vente, succession en cours : chaque situation appelle une couverture adaptée, jamais une interruption d'assurance.

Vacance locative
Période courte entre deux locataires, généralement de quelques semaines à trois mois, pendant laquelle la PNO du bailleur continue de s'appliquer normalement.
Vacance structurelle
Inoccupation longue (bien en vente, en travaux, en indivision) qui doit être déclarée à l'assureur, car elle modifie le risque au sens de l'article L113-2 du Code des assurances.

Quelles garanties pour un logement inoccupé ?

Le socle utile tient en quatre garanties : incendie et explosion, dégât des eaux, événements climatiques et catastrophes naturelles, et surtout la responsabilité civile du propriétaire d'immeuble, qui indemnise les tiers victimes d'un dommage causé par le bien (tuile arrachée, infiltration chez le voisin, chute d'un élément de façade). S'y ajoutent des options précieuses pour un bien vide : dommages électriques, bris de glace, gel des installations, vandalisme et frais de remise en état après occupation illicite.

Toute la mécanique du contrat se joue cependant sur une stipulation discrète : la plupart des assureurs réduisent ou suspendent certaines garanties — le vol et le vandalisme en tête — dès que le logement reste vide plus de 60 ou 90 jours consécutifs. Avant de signer, le fonctionnement exact de la clause d'inhabitation mérite une lecture ligne à ligne : durées, garanties concernées, possibilités de rachat, tout se négocie.

Attention

La suspension de garantie ne se signale pas : aucun courrier ne vous prévient que le 91e jour de vacance est passé. C'est au moment du sinistre, à la lecture des conditions générales, que l'exclusion tombe. Notez la date de départ du dernier occupant et déclenchez l'extension de vacance avant l'échéance du délai.

Combien coûte l'assurance d'un logement vacant en 2026 ?

Comptez 90 à 250 € par an pour la grande majorité des biens, la vacance déclarée entraînant une surprime de 15 à 30 % par rapport à une PNO sur bien loué. Le tarif dépend de la surface, de la localisation, de l'état du bien et des mesures de protection en place (porte blindée, volets, télésurveillance, détecteurs de fuite connectés).

Prix indicatifs 2026 d'une assurance pour logement vacant
Type de bienPNO standard (vacance < 90 jours)Avec extension vacance prolongée
Studio ou T1 (25 m²)80 à 120 €/an100 à 150 €/an
T3 en copropriété (65 m²)110 à 170 €/an140 à 220 €/an
Maison individuelle (100 m²)150 à 250 €/an190 à 320 €/an
Franchise courante150 à 400 €200 à 500 €

Ces montants restent modestes au regard du risque porté : un incendie détruisant une maison vide de 100 m² représente 180 000 à 250 000 € de reconstruction. La prime est par ailleurs déductible des revenus fonciers au régime réel, même pendant la vacance, dès lors que le bien est destiné à la location et que vous cherchez activement un locataire.

Entre deux locataires, en vente, en succession : quelle couverture selon la situation ?

La bonne réponse dépend de la cause de la vacance, car elle détermine la durée prévisible d'inoccupation et le contrat compétent.

  • Entre deux locataires : votre PNO prend le relais de l'assurance du locataire sortant dès la remise des clés. Si la relocation intervient sous 60 à 90 jours, aucune démarche particulière ; au-delà, déclarez la vacance.
  • Bien mis en vente : maintenez la couverture jusqu'à la signature de l'acte authentique. L'article L121-10 du Code des assurances transfère ensuite automatiquement le contrat à l'acquéreur, qui peut le résilier — tout comme vous pouvez le résilier au jour de la vente.
  • Bien hérité : au décès du propriétaire, le contrat continue de plein droit au profit des héritiers, mais la prime reste due et la vacance doit être déclarée. Lorsqu'une maison reste vide le temps du règlement de l'indivision, les règles particulières de l'assurance d'une maison en succession déterminent qui doit souscrire et qui paie.
  • Logement en travaux : signalez la nature du chantier à l'assureur ; les travaux lourds (toiture, structure) exigent souvent une extension spécifique, voire une dommages-ouvrage.

Bon à savoir

Un logement habitable laissé vide plus d'un an en zone tendue peut être soumis à la taxe sur les logements vacants (TLV), au taux de 17 % de la valeur locative la première année puis 34 %. Les conditions sont détaillées sur service-public.fr. Assurance et fiscalité plaident dans le même sens : écourter la vacance.

Les obligations à respecter pour rester indemnisé

Les contrats couvrant l'inoccupation imposent des mesures de prévention dont le non-respect autorise l'assureur à réduire ou refuser l'indemnisation. Elles figurent aux conditions générales et se résument à quelques gestes.

  • Couper l'eau au compteur et purger les canalisations avant l'hiver (le hors-gel est exigé sous 5 à 8 °C).
  • Maintenir un chauffage minimal ou vidanger les installations si le logement est fermé plusieurs mois.
  • Verrouiller toutes les ouvertures et activer les moyens de protection déclarés (volets, alarme).
  • Visiter le bien régulièrement — idéalement tous les 15 jours — et conserver une trace des passages (photos datées).
  • Faire relever le courrier : une boîte qui déborde signale la vacance aux cambrioleurs comme aux squatteurs.
  • Dissimuler la vacance à l'assureur : c'est une fausse déclaration de risque, sanctionnée par la règle proportionnelle de prime (art. L113-9), voire la nullité du contrat en cas de mauvaise foi (art. L113-8).
  • Laisser du mobilier de valeur dans un bien vide : il est rarement couvert au-delà du délai d'inhabitation.
  • Résilier la PNO « pour économiser » pendant la vacance : c'est précisément la période où le risque est maximal.

« Dans les dossiers de sinistres refusés que nous analysons, le logement vacant revient toujours pour la même raison : personne n'a prévenu l'assureur. Une vacance déclarée coûte quelques dizaines d'euros de surprime ; une vacance dissimulée coûte l'indemnisation entière. Le meilleur réflexe du bailleur n'est pas de comparer des tarifs, c'est d'écrire à son assureur le jour où le locataire rend les clés. »

La rédaction assurances.fm

Souscrire ou adapter votre contrat : la démarche en quatre étapes

  1. Déclarez la vacance à votre assureur actuel.

    Un courriel ou une lettre recommandée précisant la date de départ de l'occupant et la durée prévisible d'inoccupation suffit. Cette déclaration vous protège : le risque est officiellement connu de l'assureur.

  2. Auditez la clause d'inhabitation.

    Repérez la durée admise (60, 90, parfois 120 jours), les garanties suspendues et les obligations de prévention. Si le contrat est trop restrictif, demandez un avenant d'extension de vacance, facturé 20 à 60 € par an.

  3. Comparez les PNO conçues pour l'inoccupation.

    Certains contrats couvrent la vacance sans limite de durée, d'autres incluent le vandalisme et les frais de remise en état après squat. Comparez à garanties, franchises et plafonds équivalents, pas au seul prix.

  4. Documentez l'état du bien.

    Photos datées de chaque pièce, relevé des compteurs, liste du mobilier restant : ce dossier accélérera l'expertise et l'indemnisation en cas de sinistre, à déclarer sous 5 jours ouvrés.

À retenir

Un logement vacant s'assure pour moins de 1 € par jour, mais la couverture ne vaut que si la vacance est déclarée, la clause d'inhabitation maîtrisée et les mesures de prévention respectées. Ces trois conditions réunies, le bien vide est aussi bien protégé qu'un bien occupé.

Pour aller plus loin dans le dossier

2 sous-dossiers — niveau 3

Vos questions, nos réponses

FAQ — 5 questions
L'assurance d'un logement vacant est-elle obligatoire ?

Oui si le bien est en copropriété : l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose à tout copropriétaire une responsabilité civile minimum, que le lot soit occupé ou vide. Pour une maison individuelle, aucune obligation légale, mais l'absence de contrat expose votre patrimoine personnel à des recours de voisins pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Que se passe-t-il si mon logement reste vide plus de 90 jours ?

La clause d'inhabitation de la plupart des contrats réduit ou suspend certaines garanties — le vol et le vandalisme en premier lieu — au-delà de 60 ou 90 jours consécutifs d'inoccupation. Les garanties incendie et dégât des eaux sont généralement maintenues, parfois avec une franchise majorée. La parade : déclarer la vacance et souscrire une extension d'inoccupation prolongée avant l'expiration du délai.

Ma multirisque habitation classique couvre-t-elle un logement devenu vide ?

Temporairement seulement. Une MRH de résidence principale tolère l'absence dans la limite fixée par sa propre clause d'inhabitation, souvent 90 jours par an. Si le logement cesse durablement d'être habité — départ définitif, mise en vente, mise en location —, le risque a changé : il faut le déclarer et basculer vers une assurance PNO, sous peine d'application de la règle proportionnelle en cas de sinistre.

Un logement vacant est-il assuré contre le squat ?

Pas par défaut. Le socle PNO couvre rarement les dégradations commises par des occupants sans droit ni titre ; il faut une garantie vandalisme étendue ou une option dédiée, qui prend en charge la remise en état après libération des lieux (souvent plafonnée à 10 000 ou 20 000 €). Depuis la loi du 27 juillet 2023, la procédure d'évacuation accélérée réduit par ailleurs la durée d'occupation illicite, donc l'ampleur des dégâts.

Puis-je résilier l'assurance du logement une fois vendu ?

Oui. L'article L121-10 du Code des assurances transfère automatiquement le contrat à l'acquéreur le jour de la vente, mais chacune des parties peut y mettre fin : vous pouvez résilier à compter de l'acte authentique en informant l'assureur par lettre recommandée, et la fraction de prime postérieure à la vente vous est remboursée. Ne résiliez jamais avant la signature : le bien resterait sans couverture pendant la période la plus vacante de sa vie.

La rédaction d’assurances.fm Dossier PNO-03 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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