La référence française de l’assurance indépendante & pédagogique Édition 2026 619 pages mise à jour juillet 2026
Accueil Véhicules assurance auto bonus malus Réf. AUT-08 — Niveau 2

Bonus-malus : comprendre et optimiser votre coefficient

Le bonus-malus ajuste votre prime d'assurance auto chaque année : −5 % par année sans accident responsable, +25 % par sinistre responsable, entre un plancher de 0,50 et un plafond de 3,50. Ce coefficient légal, identique chez tous les assureurs, vous suit de contrat en contrat. Calcul, exemples chiffrés et leviers pour l'optimiser.

Dossier Véhicules Lecture 7 min Mise à jour juillet 2026 3 sous-dossiers
Conducteur au volant de sa voiture à l'arrêt, avis d'échéance d'assurance posé sur le siège passager
Le coefficient bonus-malus figure obligatoirement sur l'avis d'échéance annuel envoyé par l'assureur.Photo — assurances.fm
En bref — l’essentiel du dossierRéf. AUT-08
Coefficient de départ
1,00 pour tout nouveau conducteur
Bonus maximal
0,50 (−50 %), atteint en 13 ans
Malus par accident responsable
Coefficient × 1,25 (× 1,125 si partagé)
Plafond du malus
3,50, soit une prime multipliée par 3,5
Retour à 1,00
Après 2 ans consécutifs sans accident responsable
Texte de référence
Annexe à l'article A121-1 du Code des assurances

Le bonus-malus — officiellement coefficient de réduction-majoration (CRM) — ajuste chaque année votre prime d'assurance auto selon votre comportement au volant : 5 % de réduction par année sans accident responsable, 25 % de majoration par sinistre responsable. Défini par l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances, c'est une clause type obligatoire : la formule de calcul est strictement la même chez tous les assureurs ; seule la prime de référence sur laquelle le coefficient s'applique diffère d'une compagnie à l'autre.

0,50coefficient plancher (bonus maximal)
3,50coefficient plafond (malus maximal)
13 anspour atteindre le bonus 50
2 anssans accident pour effacer tout malus
CRM
Coefficient compris entre 0,50 et 3,50, multiplié chaque année par 0,95 (année sans accident responsable) ou par 1,25 (par accident responsable). Tout conducteur démarre à 1,00.
Prime de référence
Tarif de base établi librement par l'assureur selon votre profil et votre véhicule, avant application du coefficient. Un CRM de 0,50 la divise par deux ; un CRM de 3,50 la multiplie par 3,5.
Période de référence
Les 12 mois consécutifs qui s'achèvent 2 mois avant l'échéance annuelle du contrat. Un accident survenu dans ce laps de temps pèse sur la cotisation de l'année suivante.

À retenir

Le CRM est attaché au conducteur, pas au contrat : il vous suit lors de tout changement d'assureur ou de véhicule, et le nouvel assureur a l'obligation de l'appliquer, qu'il vous soit favorable ou non.

Le calcul du bonus, année après année

Chaque année d'assurance sans accident responsable multiplie votre coefficient par 0,95, arrondi par défaut à deux décimales. Parti de 1,00, vous atteignez le plancher de 0,50 après 13 années consécutives sans sinistre responsable : votre prime de référence est alors divisée par deux, et le reste tant que vous ne provoquez pas d'accident.

Évolution du coefficient sans accident responsable
Ancienneté sans accidentCoefficientEffet sur la prime
Souscription1,00Prime pleine
1 an0,95−5 %
2 ans0,90−10 %
3 ans0,85−15 %
5 ans0,76−24 %
7 ans0,68−32 %
10 ans0,57−43 %
13 ans0,50−50 % (plancher)

Exemple concret : pour une prime de référence de 640 € — l'ordre de grandeur d'un contrat tous risques en 2026 —, un conducteur au bonus 0,50 paie 320 €, quand un conducteur malussé à 1,56 débourse 998 €. L'écart entre les deux dépasse le prix d'un contrat entier.

Bon à savoir

Le CRM des jeunes conducteurs démarre à 1,00, comme pour tout le monde. La surprime « conducteur novice » (jusqu'à +100 % la première année) est un mécanisme distinct, qui s'éteint en trois ans sans sinistre — deux ans après une conduite accompagnée — pendant que le bonus se construit en parallèle.

Accident responsable : la mécanique du malus

Chaque accident entièrement responsable multiplie le coefficient par 1,25 ; une responsabilité partagée applique un facteur réduit de 1,125. Le malus est plafonné à 3,50, soit une prime multipliée par 3,5 au maximum. Concrètement : un conducteur à 1,00 passe à 1,25 ; un bonusé à 0,50 remonte à 0,62 ; deux accidents responsables la même année portent un coefficient de 1,00 à 1,56.

Deux mécanismes adoucissent la sanction. La descente rapide d'abord : après deux années complètes sans accident responsable, tout malus est effacé et le coefficient revient directement à 1,00. La franchise de bonus ensuite : un conducteur au CRM de 0,50 depuis au moins trois ans conserve son 0,50 après son premier accident responsable. Le calcul exact de la majoration, sa durée réelle et des simulations complètes figurent dans notre page consacrée au malus après un accident responsable.

Attention

Le malus n'est pas la seule conséquence d'un sinistre : la plupart des contrats autorisent l'assureur à résilier après un accident, notamment en cas d'alcoolémie ou de délit routier. Un profil « malussé-résilié » cumule alors la majoration légale du coefficient et une surprime commerciale chez le nouvel assureur.

Quels sinistres font bouger le coefficient ?

Seuls les accidents engageant votre responsabilité, totale ou partielle, modifient le CRM. Les sinistres subis — vol, bris de glace, événements climatiques — n'ont aucun effet, pas plus qu'un accident dont un tiers identifié est entièrement responsable.

Impact des principaux sinistres sur le bonus-malus
SinistreImpact sur le CRM
Accident 100 % responsableOui — coefficient × 1,25
Accident partiellement responsableOui — coefficient × 1,125
Perte de contrôle sans tiers (sortie de route)Oui — coefficient × 1,25
Accident non responsable, tiers identifiéNon
Vol, incendie, bris de glaceNon
Catastrophe naturelle, grêle, tempêteNon

La responsabilité s'apprécie selon les conventions entre assureurs (IRSA), sur la base du constat amiable : soignez sa rédaction, car un croquis ambigu ou une case mal cochée peut suffire à faire retenir un partage de responsabilité — et un demi-malus.

Trois exceptions jouent en votre faveur, même lorsque votre véhicule est impliqué : l'accident causé par le voleur d'un véhicule dérobé, l'accident survenu alors que le véhicule était confié à un garagiste ou à un professionnel de la réparation, et le cas de force majeure dûment établi. Dans ces trois situations, la clause type interdit à l'assureur d'appliquer la moindre majoration. Enfin, le malus frappe le contrat quel que soit le conducteur au moment des faits : un accident responsable causé par votre conjoint ou par un conducteur occasionnel autorisé pèse sur votre coefficient exactement comme si vous étiez au volant.

Bonus 50 : le coefficient plancher et ses privilèges

Treize années sans accident responsable mènent au coefficient 0,50, le plancher légal, détenu par près d'un conducteur français sur deux. Au-delà de la réduction de 50 %, ce statut ouvre des avantages commerciaux : réductions complémentaires de 10 à 30 % chez certains assureurs, et clauses « bonus 50 à vie » qui gèlent le coefficient même après un accident responsable, sous conditions de fidélité et d'ancienneté. Réductions supplémentaires, portée réelle de la protection et points de vigilance : notre analyse du bonus 50 en assurance auto passe ces offres au crible.

Le chiffre

0,50

Le coefficient minimal prévu par le Code des assurances. Aucune année supplémentaire sans accident ne le fera baisser davantage : seuls des avantages commerciaux propres à chaque assureur peuvent alors s'y ajouter.

Changement d'assureur ou de véhicule : votre coefficient vous suit

Le CRM est portable : il se transfère automatiquement lors d'un changement d'assureur, d'un remplacement de véhicule ou d'un passage du tiers au tous risques. Un véhicule supplémentaire, en revanche, démarre en principe avec son propre coefficient de 1,00 — même si beaucoup d'assureurs étendent commercialement votre bonus à la seconde voiture du foyer. La règle officielle est détaillée sur service-public.fr.

  1. Demandez votre relevé d'information.

    Votre assureur doit vous l'adresser sous 15 jours. Ce document officiel récapitule votre CRM et vos sinistres des cinq dernières années ; notre guide du relevé d'information d'assurance auto vous apprend à l'obtenir et à le décrypter ligne à ligne.

  2. Transmettez-le au nouvel assureur.

    Il établit son devis en appliquant votre coefficient à sa propre prime de référence — c'est là que la concurrence joue, jamais sur le CRM lui-même.

  3. Vérifiez les conditions particulières.

    Le coefficient reporté doit correspondre exactement à celui du relevé ; une erreur se corrige par simple réclamation écrite, avec régularisation rétroactive de la prime.

Bon réflexe en cas de séparation ou de succession : le bonus construit sur un contrat au nom du couple peut être revendiqué par le conjoint désigné comme conducteur habituel, à condition de le prouver par le relevé mentionnant sa qualité. De même, l'héritier qui reprend le véhicule du défunt reprend le contrat en l'état, coefficient compris, jusqu'à la prochaine échéance.

Optimiser son bonus-malus : les bons réflexes

  • Vérifiez le coefficient sur chaque avis d'échéance : l'assureur a l'obligation de l'y faire figurer, et les erreurs de report existent.
  • Pour un dommage isolé sans tiers (rayure contre un pilier, rétroviseur cassé), comparez le coût de la réparation à la franchise et au malus : renoncer à mobiliser la garantie dommages évite l'inscription d'un sinistre responsable.
  • Désignez vos enfants comme conducteurs secondaires dès l'apprentissage : ils n'acquièrent pas de coefficient propre, mais se constituent des antécédents que la plupart des assureurs valorisent lors du premier contrat à leur nom.
  • Après un malus, restez assuré sans interruption : deux années sans accident responsable ramènent le coefficient à 1,00, alors qu'une interruption prolongée complique la re-souscription et fait perdre le bénéfice de la descente rapide.

Notez enfin que certains véhicules échappent totalement au dispositif : cyclomoteurs, deux-roues de 80 cm³ ou moins, quadricycles légers, véhicules agricoles et de collection, ainsi que les contrats de moins de douze mois. Pour eux, l'assureur tarife librement, sans réduction ni majoration réglementée.

« Un accident responsable coûte en réalité trois années : celle de la majoration, puis deux ans de descente pour retrouver un coefficient neutre. La régularité reste la meilleure des optimisations. »

La rédaction assurances.fm

Pour aller plus loin dans le dossier

3 sous-dossiers — niveau 3

Vos questions, nos réponses

FAQ — 5 questions
Comment connaître son bonus-malus ?

Votre coefficient figure obligatoirement sur l'avis d'échéance annuel envoyé par votre assureur. Vous pouvez aussi demander à tout moment votre relevé d'information, que la compagnie doit délivrer sous 15 jours : il mentionne le CRM en vigueur et l'historique des sinistres des cinq dernières années.

Combien de temps dure un malus ?

Deux ans au maximum sans nouvel accident responsable : la règle de la descente rapide ramène alors le coefficient directement à 1,00, quel que soit le niveau atteint. Chaque année sans sinistre responsable réduit par ailleurs le coefficient de 5 % dès l'échéance suivante.

Perd-on son bonus après une interruption d'assurance ?

Le coefficient n'a pas de date de péremption légale et reste acquis pendant une interruption. En pratique, au-delà de trois ans sans assurance auto, la plupart des compagnies repartent d'un coefficient de 1,00 et peuvent appliquer les conditions d'un conducteur novice. Conservez votre dernier relevé d'information pour faire valoir vos droits.

Le bonus-malus s'applique-t-il aux motos et scooters ?

Oui pour les deux-roues de plus de 80 cm³, qui suivent exactement les mêmes règles que les voitures (coefficient de 0,50 à 3,50). Non pour les cyclomoteurs de 50 cm³, les deux-roues de 80 cm³ ou moins et les voiturettes, exclus de la clause type : leur prime est fixée librement par l'assureur.

Le conducteur secondaire gagne-t-il du bonus ?

Pas directement : le CRM est rattaché au contrat du souscripteur, pas au conducteur secondaire. Mais sa présence est mentionnée sur le relevé d'information, et la majorité des assureurs valorisent ces antécédents en accordant un tarif réduit lors du premier contrat souscrit à son propre nom.

La rédaction d’assurances.fm Dossier AUT-08 rédigé, structuré et relu par notre équipe éditoriale. Contenus vérifiés — mise à jour juillet 2026.
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